Au-delà du Paris touristique, la Place Saint-Michel, non loin de Notre-Dame, est le refuge de toutes sortes de marginalisés : zonards, clochards, alcooliques, drogués, immigrés, babas-cool. Dans la France de 1978, il existe deux millions et demi de sous-prolétaires, un quart-monde ignoré. Le réalisateur, Jean Schmidt, en a rencontré quelques-uns et leur donne la parole. Alain et Denis, deux jumeaux de vingt ans, originaires du Cotentin, inséparables, passent de l'hôpital à la prison. Diabétiques et éthéromanes, ils jouent sans cesse avec la mort. Ce sont les principaux personnages de ce film. Yann dit « La défonce » est en perpétuel état de manque. Richard, le caricaturiste, fils de truand, vit dans la haine de son père. Flavio et France, deux jeunes routards, ne croient qu'en la violence. Patrice, le saltimbanque noir, se produit sur le parvis du Centre Pompidou tandis que Dominique, le zonard, harangue la foule avec son chien. Mourad, l'intellectuel, le révolté, dit « le bigleux », mi-juif, mi-arabe et rejeté par les deux communautés, cherche un sens à sa vie. Derrière la Bastille, les habitants d'un vieil immeuble de l'Impasse Saint-Sébastien luttent contre leur expulsion et contre la construction d'un bâtiment qui va être collé au leur. Autour de Raymond, l'éducateur du Centre Jacob pour la Sauvegarde de l'Adolescence, Alain, Denis, Richard, Flavio, France, Mourad et quelques autres marginaux vont s'investir dans cette lutte durant 33 jours de « grève de chantier » et en sortir victorieux. Avec une idée en tête : la création d'une coopérative de travail intérimaire autogérée.
Mots clés :
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Genre :
Documentaire
Lieu(x) de tournage :
Paris
Note générale
CNC : Prix de la Presse aux Rencontres du Jeune cinéma de Bruxelles, "Award" du 7ème Festival international des Droits de l'Homme, ce film, en 1978, a été interdit aux moins de 18 ans et n'a pu être diffusé à la télévision que dix-sept ans plus tard, sur Canal+, chaîne cryptée, en 1995.
Un livre accompagnant le film intitulé « Trop tard pour mourir » a été édité par le collectif « C.R.I. Création Recherche Image ». Il a pour but de prolonger la réflexion suscitée par le film.