Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Description
Résumé
Dans ce documentaire, Abbas Kiarostami filme pendant près d'une heure, un agent qui tente de faire respecter l'interdiction faite aux voitures d'entrer dans le centre de Téhéran. Avec diplomatie, l'homme parvient à éconduire les automobilistes qui lui opposent de justes raisons. L'agent, avec douceur, en écoutant les demandes de chacun, tente de peser le pour et le contre entre ce qui est juste et l'interdit qu'il est chargé de faire appliquer. La caméra tourne autour de lui et c'est presque en voix off que les réclamations sont entendues, tant la caméra est fixée sur l'agent pour capter ses expressions. Le cinéma iranien s'est fait une spécialité d'un registre narratif mêlant avec hardiesse fiction et réalité, en s'appuyant sur des interprètes quasi exclusivement amateurs, et en puisant son inspiration dans une extrapolation poético-philosophique du quotidien le plus sombre. Tous les grands cinéastes nationaux se sont ainsi tout naturellement également essayé au documentaire. Ce Concitoyen, tourné sept ans après son premier film Le Passager, est un des premiers documentaires de Kiarostami. Contrairement aux suivants où il s'amusera à imbriquer avec malice le monde du cinéma iranien, son propre travail (Au travers des oliviers ayant pour cadre le tournage de Et la vie continue, son précédent film !), ou celui de son collègue Makhmalbaf (Close up, reconstituant une supercherie réelle liée au cinéma et mettant en scène Makhmalbaf dans son propre rôle). Alors, on peut quand même douter de la pertinence sociologique de ce Concitoyen. Car, ce documentaire a évidemment vocation à délivrer une mine d'enseignements sur l'Iran d'après la Révolution islamique. Mais quelle est la part de véracité, de recréation, d'arrangement avec la réalité ? Avec un filou comme Kiarostami, tout est possible ! Quant à la perception par un public occidental, presque vingt ans plus tard, d'un tel document (assez ennuyeux, passées les premières minutes de découverte), il est forcément assez limité. On peut toutefois tenter de décrypter une série de métaphores. Par exemple, cet agent pourrait être une image humaine du combat entre l'autorité et la justice... Mais avouons que ce film ne doit sa sortie en salle aujourd'hui qu'à l'occasion d'une programmation au Festival d'Automne, cédant quelque peu à la vague (de toute évidence excessive) de célébration du cinéma iranien.
Générique
Informations techniques
Métrage : Court
Durée d'origine : 52