Une pièce plutôt sordide. Des lits en fer. Des murs sales tapissés de photos de stars. Deux hommes. Le premier affalé sur son lit écoute, quelquefois avec irritation, le second lui raconter de vieux films au romantisme bon marché. Valentin et Molina partagent une cellule offerte par une dictature sud-américaine. Valentin est enfermé pour ses idées révolutionnaires, Molina pour le viol d'un jeune garçon. Tous les sépare. L'intransigeance du politique s'accommode difficilement de la préciosité de l'homosexuel qui vit dans ses rêves. Et pourtant Molina, à force de tolérance et de compréhension va gagner la sympathie de Valentin. Celui-ci demandera même de raconter la suite de ce vieux film de propagande nazi où la belle Leni, déchirée entre la résistance et un bel officier allemand, y laissera sa peau. Est-ce le récit ? Ou bien les soins de Molina ? Toujours est-il que Valentin se confie de plus en plus, citant même des noms. Cela devrait arranger Molina puisque la police, qui le manipule, lui promet la liberté en échange d'informations. Et pourtant, il fait traîner les choses, ment, réclame de nouveaux délais. Finalement, il propose d'être libéré, le choc de son départ devant inciter Valentin à parler. Après une nuit de tendresse entre les deux hommes, Molina quitte la prison avec un numéro de téléphone. Il ne le livre pas mais la police n'est pas dupe et le fait suivre. La vie a changé pour le jeune homme, les futilités ne l'intéressent plus. Sa peau, il la laissera sur le pavé comme la belle Leni. Valentin, torturé à mort, rêvera à la femme-araignée.