René O.

Film

Thomas Bauer

Année de production :  2005

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2008

Date de sortie en France :

  • 06/02/2008

Description

Résumé

Sur un terrain ensoleillé, un homme nettoie son pick-up, s'assoit à la place du conducteur, puis roule durant plus de dix minutes vers un supermarché d'une banlieue américaine. La caméra, fixe, n'adopte au cours de cette première séquence qu'un seul point de vue, celui du passager arrière, donnant longuement à voir le dos de l'unique sujet du second film de Thomas Bauer : René Orduna, alias René O., restaurateur et témoin des années «beatnik»aux �0tats-Unis. Une fois ses courses achevées, celui-ci rentre chez lui, dépose et range ses provisions. Finalement, il s'installe à l'une des tables de son restaurant, puis, face à la caméra, il raconte. Son passé de jeune homosexuel épris de liberté dans l'Amérique des années 1970, période d'errance géographique et de vagabondage amoureux. Ses amitiés, ses amours multiples, la joie simple d'une liberté que ne bornent que certains résidus d'homophobie. René Orduna est longuement filmé. Seule tâche vive d'une image aux tonalités sombres, Thomas Bauer le laisse évoluer, hésiter, raconter, emplir le cadre de sa douceur un peu nostalgique. En prenant René O. pour sujet de son documentaire, c'est un portrait à multiples facettes que brosse le cinéaste : celui d'un homme, mais aussi celui d'une époque et de la communauté gay. Mise en exergue par la durée des plans et la désynchronisation de l'image et du son, sa parole se déploie, donnant corps aux souvenirs qu'il égrène. De la durée des séquences, de la fixité de plans rivés sur René O., surgissent dans l'imaginaire du spectateur les bars, les hommes et les rencontres évoqués. "Je regrette d'avoir oublié tant de choses. Il y en a, des histoires, perdues à jamais", dit-il. L'oubli, l'inéluctable enfouissement du passé sont au coeur de René O., au moins autant que les souvenirs qui ressurgissent. Le néant des êtres et des moments passés se fait, en creux, singulièrement prégnant dans ce témoignage, entrecoupé de plans du restaurant vide et d'instants silencieux. Les sautes et faux raccords de la première partie du film - par exemple, René nettoyant sa voiture, claquant la portière droite, puis apparaissant au volant du côté gauche, ou René se montrant habillé différemment au début et à la fin de ses courses - contrastent avec la durée du trajet en voiture, et soulignent l'action du temps, irréversible et surprenante. ì côté de cette Amérique du souvenir, quasi mythologique, se dresse l'Amérique contemporaine, quotidienne : ses émissions de radio, ses contraintes matérielles (courses au supermarché, nettoyage de la voiture), ses routes de banlieues. Autant de détails concrets qui donnent à voir le décalage entre ce qui est et ce qui fut. Ou peut-être plutôt entre ce qui est dit et ce qui est vu. Thomas Bauer signe donc un portrait sensible et d'une grande beauté formelle.

Genre : Documentaire

Générique

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Court

Durée d'origine : 58

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