New Granada. Une ville entièrement nouvelle, moderne et propre. Une vie nouvelle aussi, promettaient les slogans publicitaires. Seule ombre au tableau : les urbanistes n'ont rien prévu pour les jeunes qui constituent pourtant un quart de la population. En attendant qu'on remédie à cet état de fait, un hangar préfabriqué leur a été alloué pour servir de lieu de rencontre. C'est là que Carl et ses amis se retrouvent et essayent d'oublier l'ennui des cours, le vide de la ville.Mais l'éventail des distractions est plus que réduit ; alors, on cherche d'autres dérivatifs dans le vol, le vandalisme ou la drogue. Ou bien, avec une carabine à plombs, on tire sur une voiture de police. Innocents, Carl et Richie n'en passeront pas moins par le commissariat. Ce qui vaudra à Carl d'être une nouvelle fois admonesté par ses parents qui n'apprécient pas qu'il fréquente un garçon « difficile » comme Richie. Mais difficiles ou non, pauvres ou riches, garçons ou filles, les jeunes de New Granada, parce qu'ils ont les mêmes problèmes, parce qu'ils doivent affronter la même coalition parents-professeurs-policiers, sont identiques. Aussi, quand un promoteur vient inspecter l'emplacement des hypothétiques terrains de jeux afin d'en faire une zone industrielle, réagissent-ils en bloc. Peu après, apprenant qu'il va être placé dans un centre de rééducation, Richie s'enfuit dans la voiture de sa mère, emmenant Carl avec lui. Bientôt un policier les prend en chasse. La voiture capote. Ils se séparent. Acculé, Richie braque un revolver, qu'il sait vide, sur le policier qui l'abat. Carl passe la nuit dans un pavillon dont la construction a été abandonnée et où Cory, son amie, vient le rejoindre. Pour faire face à cette montée de violence, les adultes se réunissent un soir au lycée. Bouclant toutes les issues de la salle où ils sont installés, Carl et ses camarades se mettent à tout saccager. Une fois libéré, le policier poursuit Carl. C'est lui qui y laissera sa vie et les jeunes perdront leur liberté.