Anna et Jester, deux s.urs accompagnées de Johan, le jeune fils de celle-là, rentrent en Suède après un séjour à l'étranger. Leur train traverse un pays imaginaire sillonné par des chars d'assaut et dont elles ne comprennent pas la langue. Ester est gravement malade (la tuberculose, sans doute) et les s.urs décident de s'arrêter quelques jours dans un hôtel de ce pays bizarre. Là, elles ne rencontrent qu'un vieux maître d'hôtel qui les sert avec dévotion et prend Johan en amitié, de même que sympathise avec lui une troupe théâtrale de nains. Tandis qu'il déambule avec curiosité dans les couloirs sans fin de l'hôtel, Johan assiste aussi avec une innocente terreur au drame intime des deux femmes. Ester, intellectuelle sexuellement frustrée, noie sa maladie et son refoulement dans l'alcool, fuit sa tristesse dans l'étude obstinée des langues étrangères. Anna au contraire, jeune beauté sensuelle, calme son appétit dans des rencontres fugitives qui tourmentent Ester dont elle se sait jalousement et anormalement aimée. Les relations des deux s.urs s'exaspèrent sans cesse plus et finiront par éclater dans un ultime affrontement, en présence d'un amant de passage d'Anna. Le lendemain, Anna et son fils quittent l'hôtel et la ville, laissant Ester en proie à sa maladie et son alcoolisme. Dans le train de retour, Johan lit avec gravité la lettre que lui à écrit sa tante et apprend ainsi comment se dit, dans cette langue étrangère le mot "âme".