Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2007
Date de sortie en France :
- 24/01/2007
Société(s) de production :
Description
Résumé
On retrouve beaucoup du mythe d'Antigone dans cette histoire. Une histoire de sépulture, ou d'absence de sépulture pour être plus exact. Trente ans après la guerre du Vietnam, faute d'avoir pu identifier les corps, des centaines de milliers d'âmes de soldats errent toujours dans le souvenir de familles amputées. La donne change lorsqu'une caisse contenant les registres d'une unité, avec les adresses de soldats morts ou vivants, est déterrée : Tho et Doan, deux anciens combattants du K 10 (unité de commandos ayant même attaqué des bases américaines du Centre Vietnam !), décident d'entamer des recherches pour faire le lien entre les tombes des soldats morts et les familles isolées. Ainsi informés, les parents pourront (enfin !) procéder aux rites sacrés permettant à l'âme des défunts de s'en aller en paix. Mme Tiêp, quinquagénaire aussi émotive qu'émouvante, est dans cette situation. Preuve vivante que les années passées n'ont en rien apaisé la douleur des familles, aussi restreintes soient-elles, Mme Tiêp n'a pas vraiment refait sa vie : elle a attendu, elle a adopté un enfant (déjà grand, il n'est plus dans le foyer...) et voici que deux anciens camarades lui offrent la chance, si l'on peut dire, de ne plus espérer. Avec l'aide d'un photographe et de son fils infographiste, Tho et Doan font restaurer une photo du mari de Mme Tiêp pour l'autel : elle va pouvoir se rendre au cimetière, et le réalisateur français, Boris Lojkine, quitte provisoirement les deux anciens combattants pour l'accompagner dans son voyage. Dans le centre d'accueil, puis finalement dans le temple, sur l'autel de son mari, Mme Tiêp ne peut retenir ses larmes, son amertume. Elle finit même par succomber à une crise d'hystérie. « Je n'ai eu que des garçons » se plaint une autre femme, « tous morts à la guerre ». Sans doute la tâche de mettre en scène la catharsis d'un pays à la douleur envahissante incombait-elle à un étranger. Ce documentaire, réalisé par un Français épris du Vietnam, propose ainsi une approche ouvertement émotionnelle, au contraire d'un film comme S21, La Machine de mort khmère rouge
qui, pour ne pas se laisser déborder, s'ancrait dans une démarche plus cérébrale. Mais la comparaison est presque inévitable : les deux films montrent tous deux la barbarie physique ou psychologique, la remise en question d'un passé plus proche qu'il n'y paraît, et même le rapport à la France de ces deux pays. Faute d'une mise en scène suffisamment rigoureuse, le film de Boris Lojkine ne captivera peut-être pas le spectateur français, comme a pu le faire celui de Rithy Panh. La question de la pudeur n'y est pas traitée de la même façon : là où le film cambodgien abordait le sujet de face, Lojkine oscille entre deux intentions. Ainsi, pourquoi cacher d'abord les pleurs de Mme Tiêp, pour les montrer ensuite abondamment ?
qui, pour ne pas se laisser déborder, s'ancrait dans une démarche plus cérébrale. Mais la comparaison est presque inévitable : les deux films montrent tous deux la barbarie physique ou psychologique, la remise en question d'un passé plus proche qu'il n'y paraît, et même le rapport à la France de ces deux pays. Faute d'une mise en scène suffisamment rigoureuse, le film de Boris Lojkine ne captivera peut-être pas le spectateur français, comme a pu le faire celui de Rithy Panh. La question de la pudeur n'y est pas traitée de la même façon : là où le film cambodgien abordait le sujet de face, Lojkine oscille entre deux intentions. Ainsi, pourquoi cacher d'abord les pleurs de Mme Tiêp, pour les montrer ensuite abondamment ?
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 84
Couleur/NB : Couleur