L'Art d'être Arrabal

Film

Bernard Léonard , Pierre-Alexis de Potestad

Année de production :  2010

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2010

Date de sortie en France :

  • 29/09/2010

Description

Résumé

Fernando Arrabal, écrivain, cinéaste et poète, est à l'origine d'une oeuvre inclassable, tout en provocation et extravagance, entre surréalisme, théâtre de l'absurde et happening sauvage. Cofondateur avec Topor et Jodorowski du mouvement (ou plutôt de l'anti-mouvement) "Panique", réalisateur de sept films (dont Viva la Muerte, J'irai comme un cheval fou et L'Arbre de Guernica), auteur d'une quinzaine de romans (Baal Babylone, L'Enterrement de la sardine) et d'une centaine de pièces de théâtre (Fando et Lis, Le Cimetière des voitures), Arrabal reste aujourd'hui encore une figure majeure de la pensée libertaire. Comme Duchamp, Ionesco et Vian, il fut nommé Transcendant satrape du Collège de Pataphysique en 1990. Iconoclaste facétieux, érotomane amoureux des mots, l'homme est désormais obnubilé par l'idée de laisser une trace de son "génie" et par celle de mourir en "Saint". Traduction : "Atteindre l'amour sublime à travers la pornographie, l'érotisme ou l'amour de l'amour". Pour tenter de dresser, dans les limites d'un documentaire filmé, le portrait de l'insaisissable artiste, Bernard Léonard (décédé pendant le montage) et Pierre-Alexis de Potestad ont choisi de suivre Arrabal au présent, de conférences en vernissages (dont l'inauguration d'une immense statue à son effigie), de voyages personnels en terrasses de café (avec son ami Jodorowsky). Chaque étape est l'occasion d'évocations tous azimuts, où l'écrivain se raconte avec gourmandise et auto-analyse son oeuvre avec une complaisance espiègle. "Ma patrie c'est l'exil", raconte-t-il ainsi pour décrire son parcours, depuis Melilla, au Maroc, où il naît en 1932, jusqu'à Paris où il habite depuis 1955, en passant bien sûr par l'Espagne de Franco, qui a si durement marqué sa jeunesse et l'ensemble de son oeuvre. Fils d'un peintre condamné à mort par les Franquistes, Arrabal a été lui-même emprisonné en 1967, et ses écrits furent interdits jusqu'à la mort du dictateur. De manière opportuniste et quelque peu disproportionnée, Bernard Léonard et Pierre-Alexis de Potestad en profitent pour faire alors un lien avec le procès pour incitation à la haine raciale de Michel Houellebecq, ami d'Arrabal (du moins les voit-on partager un repas). Mais, plus généralement, le documentaire mêle à ces évocations des extraits de films et de pièces de théâtre, qui font revivre un temps le joyeux esprit de révolte paillard qui soufflait sur les années 1960-70. En vrac, on (re)découvre l'amour d'Arrabal pour le jeu d'échecs, la physique quantique, les mathématiques fractales, la mythologie et, globalement, la confusion. On (ré)apprend à conjuguer ensemble liberté, résistance et subversion. Seul regret : volontairement empathique (voire emphatique), le film tourne parfois à l'hagiographie sage et polie. Une forme un peu prématurée d'embaumement pour un artiste aussi bouillonnant.

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 100

Couleur/NB : Couleur

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