Belkacem travaille dur pour fabriquer du charbon de bois, mais vit dans la misère avec sa femme et ses deux enfants. Pour lui, la vie n'est qu'une longue lutte afin d'offrir aux siens leur maigre pitance journalière. Et les progrès qu'annonce le Gouvernement, dont Belkacem écoute les communications à la radio, sont ralentis par la faute d'égoïstes comme si Kaddour, le campagnard, qui refuse de céder ses terres à l'�0tat pour la « Révolution agraire », ou comme le citadin Ahmed, devenu, depuis la fin du combat contre le colonialisme, un « bourgeois » satisfait de lui et de sa condition. Beikacem n'obtient rien de ce dernier lorsqu'il lui demande de l'aide. Il prend alors conscience de la nécessité de rejeter en bloc toutes les traditions étouffantes : malgré le déshonneur qui en résultera pour lui, sa femme ira travailler dans une usine textile ; il songera même à pousser plus loin l'audace : débarrasser sa femme publiquement de son voile, symbole du passé. Nous laissons Belkacem avec les siens, jouant d'un pipeau qu'il a lui-même fabriqué : son fils lui sourit, heureux.