Paroles tues ou aimer en étrangère à Paris

Film

Maria Koleva

Année de production :  1991

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2000

Date de sortie en France :

  • 04/11/2000

Société(s) de production :

Description

Résumé

Maria Koleva tente de mettre en scène l'abondante correspondance qu'elle avait entretenue, quinze ans plus tôt, avec le metteur en scène Antoine Vitez. Pour ce faire, elle s'appuie sur quatre interprètes (parties homme et femme des deux amants, ou opposition âme et corps). Volontairement, elle cherche un écho à son propre accent bulgare dans l'accent du sud-ouest d'un de ses interprètes-passeurs. Le récit est entrecoupé d'entretiens avec Antoine Vitez (en 1976) et d'extraits de quelques-uns de ses cours au Conservatoire supérieur d'art dramatique de Paris (matériau qu'elle avait déjà très largement exploité dans ses passionnantes Leçons de théâtre d'Antoine Vitez, et donnant lieu à un nouveau programme Antoine Vitez s'amuse avec Claudel et Brecht [v. p. 56], sorti sur grand écran en même temps que ces Paroles tues). M. Koleva nous montre toutes les ficelles de sa création avec une naïveté confondante. Elle n'hésite pas à exprimer son désespoir, ses doutes et ses difficultés de tout type. Avec ce nouveau documentaire vaguement fictionnel et clairement théâtralisé, elle poursuivait sa démarche de création de "film-livre" entamée dix ans plus tôt avec L'Etat de bonheur permanent ! (81). Le concept propose de juxtaposer des images construites en toute liberté avec un texte très littéraire lu à haute voix. Cette recherche formelle de liberté et d'audace narratives était louable, voire prometteuse. Hélas, aujourd'hui, la sortie de ce récit décousu, approximatif et terriblement démodé paraît bien tardive. Il est vrai que, comme l'ensemble des films de Koleva, Paroles tues a été projeté de façon continue depuis 1991 chez la cinéaste, inventeur de la notion de "cinéma d'appartement". Mais leur sortie sur grand écran ne leur apportera rien de plus. D'autant que loin des bases de l'appartement de M. Koleva, leur charme notamment lié à l'étonnante personnalité de leur auteur s'estompe pour laisser apparaître de cruelles lacunes. La première d'entre elles pourrait être, paradoxalement pour l'hagiographe des propos pédagogiques de Vitez, une direction d'acteurs catastrophique. Heureusement, la présence toujours aussi charismatique de Vitez illumine certaines séquences du film (essentiellement dans la première partie). On peut aussi s'amuser à reconnaître quelques-uns de ses élèves de l'époque (B. Régent, Ch. Boisson, C. Bouquet, D. Chalem, D. Valadié, A. Ascaride ou N. Strancar) ! A côté de ces séances de travail d'une remarquable intelligence, les tâtonnements nombrilistes de M. Koleva apparaissent, hélas, vite vains et vides.

Générique

Écriture :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 185

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