Les derniers membres d'une petite communauté d'Afrique du Nord vivent isolés entre deux collines pierreuses et arides. Le patriarche marie son fils Salah et, la nuit venue, c'est la fête autour de la tente des jeunes époux. Le lendemain, la vie reprend au rythme du désert. Les femmes préparent le pain, tissent des tapis de laine, lavent le linge. Les enfants récitent le Coran tandis que le troupeau de mouton, seule richesse de la communauté, va paître les quelques arbustes desséchés qui subsistent près du puits. Parfois passe le marchand ambulant, avec son chargement d'étoffés chatoyantes, seule diversion d'une journée qui s'étire vers le soir. A la veillée, le patriarche raconte l'histoire de ses ancêtres. Mais un mal inconnu vient décimer le troupeau. Les remèdes habituels, thé vert, oignon, poinçonnage, n'y font rien. Au village le plus proche, le responsable agricole est absent et le vétérinaire ne passe qu'une fois par mois. Les réserves de blé s'amenuisent. Salah s'en va tenter sa chance à l'étranger, il laisse sa femme enceinte. Le troupeau s'appauvrit jour après jour, il faut partir vers le Nord, trouver une terre plus favorable. Mais le patriarche ne veut pas quitter ce sol, choisi par ses pères. Il reste seul avec sa belle-fille, qui a donné naissance à un petit garçon, et un de ses fils aveugle. Peu de temps après, on vient leur annoncer la mort de Salah en terre étrangère ; il faut aller chercher le corps au port de la capitale.