Carol Schneider est jeune et belle. Elle est aimée. Rien ne semble lui manquer. Pourtant, elle n'est pas heureuse et demande toujours plus. A Alexander son amant d'abord. A la vie en général. Toujours plus ? Autre chose plutôt. Car ses exigences et ses transports croissants ne trouvent pas d'apaisement. Alors, elle décide de basculer. Un appel télévisuel à la dénonciation de terroristes déclenche le processus. Elle téléphone, elle dénonce. Quand la police fait irruption chez elle, elle n'oppose pas de résistance. Pas plus lorsque celle-ci, jugeant que son cas n'est pas de son ressort, la confie à l'institution psychiatrique. Silencieuse, distante, elle observe ses « consoeurs » et ceux et celles qui les observent, l'observent elle, les gardent, tentent de les aider. Pour Laura, l'un des médecins, il ne fait pas de doute que Carol est saine d'esprit. Celle-ci persiste toutefois : « Je n'avais pas d'autre choix. C'était la seule solution. » Et si un jour elle s'enfuit c'est pour revenir volontairement s'enfoncer plus profond dans ce monde qui est devenu sa seule réalité, partager les destins de celles qui lui ont dit : « Maintenant tu es baptisée, tu es des nôtres. » Jusqu'au bout, jusqu'au moment où la carcasse de cette nef des fous craque, où les décors du film s'écroulent, tandis qu'une malade continue de crier, que la folie perdure et que, sur l'image du globe terrestre, la voix de Carol prononce le mot « futur ».