Five

Film

Abbas Kiarostami

Année de production :  2003

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2004

Date de sortie en France :

  • 26/05/2004

Description

Résumé

Le nouveau film d'Abbas Kiarostami, dédié à Yasujiro Ozu, n'a pas vraiment de scénario ni de comédiens et pas véritablement de mise en scène. Il a, en revanche, cinq plans fixes, à hauteur d'homme, d'où la référence à Ozu. Mais là où Ozu appliquait cette approche à des comédiens, à de l'humain, Kiarostami choisit des paysages, ou plutôt des coins de carte postale. Le premier est une plage où un morceau de bois flotte sous l'oeil fasciné du spectateur. Puis vient le plan dit "du café de la plage", contemplant les badauds d'une quelconque croisette. Après, c'est le climax : la scène des canards, où une chouette bande de Donalds désorientés passe et repasse dans un plan, tout surpris d'une telle agitation. Enfin, le film se rattrape avec un majestueux plan nocturne qui sera interrompu par un orage et des coassements de grenouilles, avant d'être suivi par un lever de soleil en temps réel. Pour Kiarostami, ce film représente l'aboutissement d'une démarche cohérente de cinéaste, consistant à se débarrasser de tout artifice pour aboutir à une contemplation épurée du monde. Le résultat est une oeuvre fort reposante dans le cadre d'un festival comme Cannes. Néanmoins, à Paris, en séance unique (et payante), il est fort probable que Five constitue une lourde arnaque. De plus, si les intentions du cinéaste sur l'action de se "laver le regard" après les plans criards et vulgaires du cinéma moderne sont louables, le choix des lieux filmés est problématique. Au lieu de forcer le spectateur à contempler un aspect inédit, fascinant ou révoltant, de la nature, l'auteur a choisi les visions les plus communes possibles. Comme souvent dans le cinéma expérimental, la volonté d'aller le plus loin possible devient ici une sorte d'obsession purement intellectuelle impossible à assouvir, et qui n'aboutit nulle part. En effet, en poussant sa stratégie d'épuration jusqu'à éliminer systématiquement tout ce qui pourrait donner au film un intérêt (considéré comme vulgaire), celui-ci se déconnecte peu à peu de ses intentions initiales et bascule dans le pur défi formel, la performance gratuite. Si bien que Five constitue au final une expérience dont on se dit qu'elle aurait gagné à ne pas sortir du laboratoire du Docteur Kiarostami. Toutefois, si on veut trouver une fonction au film tel qu'il est, sans se soucier de ce qu'il représente, le mieux est sans doute de le considérer comme un de ces produits pour yuppie angoissé, à ranger au côté des cassettes "feu de bois" et "aquariums" des ventes par correspondance. Une étrange fin pour l'irréductible cinéaste qui, dans son refus du superflu, se voit finalement rattrapé par des démons esthétiques dont il semblait tellement éloigné.

Générique

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 74

Couleur/NB : Couleur

Consultation

Lieux de consultation du film et conditions d'accès :

  • La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre

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