Alexis Tremblay, 80 ans, et sa femme Marie, canadiens, sont officiellement invités à visiter le Perche, et en particulier la ville de Mortagne d'où leur famille énugrée est originaire. Ils partent à bord du paquebot « France », après une escale à New York, avec leur fils Léopold et leur belle-fille. Ils visitent la ferme où les ancêtres du XVIIe siècle étaient établis et rencontrent les Percherons du XXe siècle. Paysans, ce sont les choses de la terre qui les intéressent car elles suscitent et enveloppent les seules valeurs permanentes : le pain, le sang, la dignité, la Patrie, la postérité, la foi. Le reste est éphémère, sans importance ; c'est le règne du gaspillage, un drôle de règne : le règne du jour. On ne voit pas les Canadiens à Paris mais ils assistent au sacrifice du Cochon, presque élevé à la hauteur d'un rite. Sous la direction de madame Montagne, historienne de l'émigration au Canada, les quatre Tremblay retrouvent la souche ancestrale dans un contrat de mariage, daté de 1623, entre Gilbert Tremblay et son épouse. Un autre document raconte dans quelles conditions le premier émigrant, Pierre Tremblay, partit au Canada. Ils visitent Carnac, assistent à une chasse à courre en forêt de Bellême, reçoivent, après une visite au cimetière, les confidences d'un résistant de 39-45, déporté à Buchenwald. De Saint-Malo, où ils suivent les traces de Jacques Cartier, ils voudraient emporter la maquette d'un bateau à voiles de l'époque ; ils se contenteront d'acheter d'humbles souvenirs pour leurs soixante douze petits-enfants. Chaque étape du voyage est suivie du commentaire fait en famille au retour, ce qui donne l'occasion de réflexions savoureuses et truculentes sur les différences et les similitudes, sur le passé des deux époux, sur le changement dans la société moderne. Alexis Tremblay a ramené de France une horloge ancienne. Il veut la démolir car elle ne marche pas et il refuse de s'embarrasser de monuments inutiles. Mais elle marchera et tout va bien.