En cette fin du XIXe siècle, dans la Belgique du roi très catholique et francophone Leopold II, les écarts de langage et d'opinion d'Adolf Daens, un prêtre-enseignant flamand, sont bien mal perçus par la hiérarchie de l'Eglise. Daens fuit alors les collèges et s'établit à Alost, chez son frère Pieter, imprimeur. Dès son arrivée, la situation sociale des ouvriers des filatures, l'exploitation des femmes et des enfants travaillant 15 heures par jour, l'insalubrite des logis et les brimades incessantes entraînent sa révolte : il signe dans le journal de son frère des articles incendiaires qui provoquent la colère de la bourgeoisie, et en particulier celle de Charles Woeste, député de la ville et président du parti catholique. Rappelé à l'ordre par l'évêque, menacé par Woeste, Daens n'en continue pas moins sa lutte, et sa notoriété grandit dans les classes ouvrières. Son combat rejoint celui des socialistes pour le droit au suffrage universel : l'ayant obtenu, Daens se présente lui-même aux élections parlementaires. Il est élu, malgré les malversations de Woeste et l'opposition du clergé. Convoqué au Vatican, Daens est humilié puis réprimandé par le Pape. De retour à Alost, il adopte une attitude plus conciliante avec le parti catholique, mais répondant aux demandes des ouvriers, reprend une fois encore la lutte.