Max est un peu désoeuvré. Il voudrait donner du piment à sa vie plutôt monotone qu'il partage depuis plusieurs années entre l'hôpital où il est médecin et sa maîtresse Coco. Il voudrait surtout tomber amoureux, encore une fois. Le grand amour, la femme idéale, il les cherche nocturnement dans les rues de la ville. Son fantasme prendra les traits de Marie qui erre, comme une ombre incertaine, au détour d'une rue, lorsque, lasse d'une soirée mondaine au cours de laquelle Coco s'ingénie à lui procurer du plaisir, il est parti, quittant là ses amis, pour aller respirer l'air du dehors, marcher sur l'asphalte brûlant des nuits chaudes, avec ses odeurs, ses parfums, la porte ouverte à toutes les imaginations. Marie représente le rêve, peut-être l'impossible. Distante, inatteignable, elle procure à Max la délicieuse sensation de l'inaccessible, qui excite bien entendu son envie de la rejoindre. Mais le propre du rêve est de ne pouvoir entrer dans la réalité. Constamment en marge, décalé, insatisfait, Max entame une dépression de belle envergure. Seule la pensée obsessionnelle de Marie le maintient dans un semblant de vie. Mais la douleur s'installe et grandit, face à cette femme qui lui échappe et, ne pouvant vivre sans elle, il se résoud à la rejoindre dans un autre monde, dans une autre vie. Enjambant le balcon, il saute dans le vide. En bas, le grand cercle blanc de la bâche des pompiers se détache dans le noir.