Of Time and the City
Film
Of Time and the City
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Date de sortie en France :
- 04/02/2009
Description
Résumé
ì Liverpool, il y a des monuments victoriens, avec des colonnes, sur lesquels on peut lire en capitales romaines : SPQL. Déambulons sur Pier Head, tête de pont portuaire. Impossible de manquer le Liver Building, le Saint George Hall, la mairie. La cathédrale écrase par sa richesse les quartiers populaires aux petites maisons de briques, toujours alignées. Au Ritz, Gregory Peck vient présenter un film au milieu des robes de soirée. Religion et cinéma. La chair et le diable, comme ce catcheur masqué. Le dimanche, on va voir le football, les courses hippiques. Il y a des jeux de rues, les cours de récréation, les balançoires vides. On se promène dans l'Albert Dock avant sa réhabilitation. Le port était jadis plus florissant. Les paquebots accostaient le long de la Mersey. Les soldats partaient vers la Corée. Peu avant la décolonisation, Betty Windsor, accompagnée de Phil, rend visite à ses sujets. Tout à coup, les couleurs clinquantes des dorures royales éclatent à l'écran. On construit les premiers immeubles avec ascenseurs. Les Beatles deviennent des vedettes et Davies se désintéresse de la pop music. L'été, sur les plages, il y a des concours de beauté, des manèges. Mais la ville devient l'anus mundi. Les graffitis se multiplient sur "l'architecture municipale". La présence de nombreux Irlandais (donc de catholiques) justifie l'édification de "l'entonnoir du Pape", c'est-à-dire la "Cathédrale Métropolitaine du Christ-Roi", à l'allure d'un wigwam, inaugurée en 1967 par le cardinal Heenan. Les rues sont délabrées, mais il y a toujours des enfants pour apprendre à marcher, des jeunes pour faire la fête. Les monuments sont maintenant illuminés... Si l'on veut apprécier l'esthète qu'est incontestablement Terence Davies, si l'on attend de lui une évocation vraiment inspirée du Liverpool prolétaire (celui qu'il a connu dans son enfance, vers 1950), alors mieux vaut revoir son film de 1988, peut-être son chef-d'oeuvre : Distant Voices, Still Lives. Là, dès le titre, il annonçait sa volonté de transformer des vies tranquilles en natures mortes, là il mettait en scène, transformait en spectacle cinématographique son petit monde. Ici, au contraire, on n'a qu'une compilation de films d'archives, d'actualités surannées, avec un grain grossier. Sa "voix distante" caverneuse, théâtrale, quasi d'outre-tombe, est trop souvent envahissante. Le collage de citations (de Joyce à Engels, de Jung à Tchekhov) devient sarcastique, voire caustique contre la religion et la Reine, mais le spectateur français non averti aura du mal à décrypter. On préférera donc les moments musicaux, qui nous permettent de goûter la mélancolie de l'auteur, par exemple lorsque les Spinners interprètent «Dirty Old Town» d'Ewan McColl, l'un des moments de grâce du film. ì condition de supporter cette voix empesée et doctrinale, qui s'accorde parfois aux musiques de Liszt, Haendel ou Mahler, on appréciera l'amertume du fils de Liverpool qui, aujourd'hui, se considère comme un étranger dans sa ville.
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 72
Consultation
Lieux de consultation du film et conditions d'accès :
- La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre