Londres, 1988. Cyril, coursier, et Shirley, au chômage, vivent ensemble depuis dix ans. A trente-cinq ans, Cyril, marxiste, est passé du militantisme actif à la résignation amère, refusant d'avoir un enfant dans l'Angleterre de la crise, retranché derrière ses principes anti-bourgeois. Ce que lui reproche souvent Shirley, à la vision du monde plus ironique et optimiste. La mère de Cyril, Mme Bender, vieille dame silencieuse et triste, habite une petite maison que convoitent ses riches voisins, les Boothe-Braine. La fille de Mme Bender, Valérie, qui a épousé un homme grossier et sans scrupules, Martin, propriétaire d'un garage prospère, est passablement névrosée et, dans son pavillon au luxe tapageur, rêve de réceptions chics et fantasme sur la vie des Boothe-Braine. Shirley est la seule à deviner la solitude pathétique de Mme Bender ou la détresse profonde de Valérie, capable d'inventer n'importe quel drame pour s'introduire chez les Boothe-Braine. Après un déjeuner d'anniversaire, prise d'une crise de désespoir, Mme Bender refuse de rentrer chez elle. Shirley l'accueille et, le lendemain, lui fait découvrir, pour la première fois, de la terrasse de l'immeuble, « le toit du monde », tandis que Cyril prend conscience que la vie passe et ne se réduit peut-être pas à des principes « révolutionnaires » caducs.