La ville éternelle et une salle de bain d'hôtel. Les toits de Rome et un homme au torse nu devant son lavabo. Et puis un lit et le toit du Panthéon. Le ciel se découpe au travers la pierre. Une chaise et un balcon. Une pyramide alors, toute de marbre blanc. Le bruit de la radio. Une autre chaise et un bidet. Deux lits. La lumière est changeante. La pyramide de nouveau et des travaux sur la chaussée. Le forum de Trajan : rue antique avec portes antiques et un homme qui se perd dans l'ombre. La toilette du matin puis une chambre vide. Un pont. Une autre chambre, une autre fenêtre. Les rideaux dansent dans le vent. Le même pont au crépuscule. Convergence de ponts : l'antique et le moderne. La chambre encore et l'homme. Il est assis. Il se lève. Va. Vient. Regarde par la fenêtre. S'assied. Le Tibre, la nuit. Des chandelles. Une messe. Le Colisée. Une rue vide. Quelques passants qui regardent la caméra, curieux. Le réalisateur se filme au travers du miroir de l'armoire de sa chambre d'hôtel comme il regarde la ville par la fenêtre ouverte que l'on devine quand s'agite, inconstant, le rideau. Une nouvelle chambre. Un autre lit. Fenêtre nouvelle et autre rideau. L'arc de Constantin. L'homme est à la fenêtre en contemplation e même miroir. L'Arc, de nouveau... et l'homme s'allonge sur l'autre lit. Le cirque de Maxime... ou ce qu'il en reste. Les lits. Le même jeu de lumière où s'obscurcit l'image. Le cirque, la nuit. Un homme court, ou peut-être est-ce une femme. A la fenêtre, l'homme en pyjama ferme les volets. Il fait un songe : tout défile en accéléré depuis la coupole du Panthéon jusqu'à la coupole du Panthéon, un jour de pluie. Et l'auteur de citer Du Bellay en préambule et au final. Bien sûr c'est prétentieux. Ce n'est que prétention et nombrilisme que tout cela, n'en déplaise aux aficionados obstinés qui voudront à tout prix trouver du génie où il n'y a qu'ersatz d'onanisme filmique. On passe plus de temps avec les deux hommes dans leurs multiples chambres, contemplant leurs lits, leurs lavabos, leurs fenêtres... oui, il y a un autre homme dans l'affaire : un bellâtre décoloré qui se pavane torse nu au petit matin. Parfois, on daigne nous jeter en pâture des bribes de Rome mal filmées. C'est du Vertov mal digéré, qui tombe à côté de la plaque et, à force de se vouloir brillant jette un semblant de poudre aux yeux pour masquer la vacuité du propos. Rome est bonne fille, qui se prête au jeu. Mais Rome est éternelle, Du Bellay a vieilli et J.C. Rousseau nous ennuie. Que des jurés le bardent de prix n'est pas l'indice d'un talent de réalisateur. Peut-être est-ce dû au charisme et au charme d'un coureur de festivals ! Le cinéma est ailleurs et nous aurions aimé trouver autre chose que pure fatuité.