Accusé d'opposition militante au fascisme mussolinien, l'écrivain et médecin milanais Carlo Levi est condamné à trois ans de résidence forcée dans un village du sud, Eboli, où il arrive en 1935. Lieu âpre et désolé, dont les habitants, paysans pour la plupart, mènent une vie rude. D'autres « assignés » s'y trouvent déjà, avec qui le Podestat Don Luigino interdit à Levi de communiquer. Celui-ci, suivi d'un chien qui s'est pris d'affection pour lui, s'installe dans une vieille masure que lui cède une veuve et commence à découvrir les misérables conditions d'existence et de travail des villageois, dont beaucoup ont déjà dû s'expatrier, notamment en Amérique, horizon de rêve. Peu à peu, la nouvelle se répand selon laquelle il est médecin, et les sollicitations affluent, auxquelles il doit opposer un refus, puisqu'interdiction lui a été stipulée d'exercer son métier. Perdu dans ce désert géographique et mental, confronté aux réalités terrifiantes d'un sous-prolétariat exploité par une petite bourgeoisie vite gagnée au fascisme, il aurait tôt fait de céder au renoncement ou à la simple contemplation artistique (il est également peintre) si sa soeur Luisa, ne lui insufflait, au cours de ses visites, quelque courage, et ne l'incitait à agir. De plus en plus, les paysans le pressent de soigner ceux d'entre eux qui sont malades, reconnaissant en lui un excellent médecin et un homme sachant les comprendre et leur parler. Mais les autorités, par la voix du Podestat, s'y opposent vigoureusement, et Levi doit user d'un stratagème de chantage : il ne soignera une personne proche du Podestat que si autorisation lui est donnée de soigner tous les autres villageois, sans distinction. Au cours de ces trois années, une véritable conscience politique s'est aiguisée en lui. Dans la voiture qui le ramène à Turin, il porte un dernier regard vers Eboli.