Colin Smith vient d'être arrêté pour cambriolage et conduit dans un centre de redressement. Le directeur, homme austère à l'ancienne mode, distingue vite en lui un athlète en puissance et le fait entraîner à la course de fond. Son espoir secret est de voir Colin remporter la victoire lors d'une compétition avec un collège d'Etat : cela « classerait » son établissement. Colin accepte. Au moyen de retours en arrière successifs, nous apprenons comment Colin en est arrivé là. Son père est mort quelques mois plus tôt, miné par sa misère de prolétaire autant que par la maladie. La mère de Colin a introduit son amant dans la place dès le lendemain de l'enterrement. Le garçon s'est mis à traîner dans les rues en compagnie d'un ami guère plus heureux que lui. Puis il a rencontré la gentille Audrey dont il s'est épris. Pour lui offrir des sorties, il a volé. On a fini par le prendre. A présent, il lui faut lutter pour conserver sa dignité dans un univers concentrationnaire qui ne cherche pas vraiment à le comprendre ni à lui rendre une chance. Les camarades le jalousent plus ou moins, mais le craignent. Le jour de la course arrive, et Colin trouve le moyen d'affirmer sa liberté : alors que son rival traîne en arrière et que le directeur rayonne d'orgueil, il s'arrête délibérément. Désormais, on peut le brimer ; il est un homme libre.