Voyage chez les Uros, habitants des îles flottantes sur le lac Titicaca. Ces hommes mènent une vie très primitive, subsistant de pêche et de maigres cultures de patates. Cette population lacustre a été évangélisée par les Espagnols, ainsi que nous le prouve la fête de Saint-Pierre, leur patron et protecteur, mais leurs coutumes funéraires sont encore bien près du paganisme. Les Urus se déplacent en longues caravanes, les lamas servent de bêtes de somme ; hommes et femmes vont au marché. Le soir venu, les fêtes s'organisent. Sur un radeau de balsa, une jeune femme accouche, suspendue à un arbre par les poignets. Sur la côte rocheuse du Pacifique les collecteurs de guano viennent extraire le précieux engrais. Nous assistons à l'exode des pingouins, pélicans, cormorans, chassés ainsi de leur gîte, et à la fête qui termine la collecte. Revenant dans la forêt, ce sont les coutumes des Yaguas qui nous sont montrées : simulation des douleurs de l'accouchement par le père, tandis que la femme met au monde l'enfant ; conquête d'une jeune fille par le garçon le plus fort de la tribu. Ce sont enfin les fiançailles d'un jeune couple enfouissant dans le sol des statuettes de terre cuite symbolisant leurs espérances : une maison, des enfants, des grains de maïs, un troupeau. L'écrivain public écrira pour eux une lettre à l'adresse de "Madame la Madone". Enfin une grande corrida est décidée. Un condor, l'aigle sacré du Pérou, solidement attaché sur le taureau, excite la bête jusqu'à l'épuisement, lutte symbolique exaltant la victoire de l'invincible peuple des Andes représenté par le condor sur l'Espagne symbolisé par le taureau. Au crépuscule, le condor sera libéré en plein ciel pour monter jusqu'au Soleil : le maître du Perou.