Fahrenheit 451
Film
Fahrenheit 451
Identité
Autres titres :
- d'après le roman "Fahrenheit 451" (Titre de l’œuvre adaptée)
Type d'oeuvre : Cinéma
Date de sortie en France :
- 16/09/1966
Société(s) de production :
Description
Résumé
Genre : Fiction
Date de tournage :
- 12/01/1966 - 22/04/1966
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 112
Couleur/NB : Couleur
Dans la presse
Citations
Aux écoutes
« Assez fidèle au livre le film est volontairement froid comme un constat, et la lutte de l’esprit contre toute forme de dictature en acquiert un tragique visuel. Déception pourtant : Julie Christie, si étonnante dans les trois films où je l’ai vue, est insignifiante dans le double rôle de l’épouse soumise aux lois et de la révoltée. »
[S.N.], 01/09/1966
Arts
« Le travail, admirable, de Truffaut consiste à faire sentir l’insolite futuriste dans un décor non futuriste. Un insolite psychologique plus que matériel. A coup de menus détails portant sur des gestes, des regards, des répliques, des attitudes — et non sur des objets. Nous voilà à des années lumières d’un James Bond où tout, au contraire, est dans les objets, rien dans les crânes ni dans les cœurs. A nous de voir clair et vite, car Truffaut ne dit pas les choses. A nous de sentir, chez les personnages, cette faim vague, inconsciente, de tendresse ; cette solitude généralisée sous l’abrutissement collectif ; cette inquiétude refoulée à force de pilules ; ce froid qui obsède Antonioni ; ce silence, sous le vacarme, qui angoisse Bergman. »
Jean-Louis Bory, 14/09/1966
L’Aurore
« Deux heures sont nécessaires à François Truffaut pour nous exposer son sujet. Pourquoi passer un trop long moment à nous faire la lecture de quelques morceaux choisis ? Pourquoi cet étalage primaire de savoir ? Le monde libre sait lire et n’a pas besoin d’être guidé dans cette voie. Pour avoir le droit de penser librement, il a fait la guerre… »
[S.N.], 19/019/1966
Le Canard enchaîné
« Cette petite histoire philosophique de science-fiction me parait assez pauvre. C’est un pamphlet plutôt primaire contre la tyrannie et l’intolérance. Il a, parait-il, emballé François Truffaut qui a mis trois années à essayer d’intéresser des producteurs et fini par le réaliser. Donnons un coup de chapeau à tant de ténacité, de conviction et disons-le, de talent, car si le contenu du message est assez mince, l’enveloppe est jolie. »
Michel Duran, 28/09/1966
Combat
« Il est possible que la pudeur, le tact et la litote, qui sont les traits essentiels de l’écriture de François Truffaut agissent moins — sur un public habitué aux coups de poings — que la manière forte de Godard. Je crois, au reste, que Alphaville, film-matraque, correspond mieux au langage contemporain que Fahrenheit 451, œuvre empreinte d’un classicisme de bon aloi. »
Henry Chapier, 19/09/1966
Le Cri du monde
« Pas plus qu’Alphaville, Fahrenheit 451 n’est une œuvre d’anticipation. On y touche du doigt la maladie organique de nos sociétés industrielles et le cri de François Truffaut va droit au cœur. Ce n’est pas dans un siècle ou deux, c’est demain que l’homme va se retrouver prisonnier dans un immense terrain de jeux et de bonheur mécanique. Il importe de refuser, dès aujourd’hui, que périsse l’esprit. »
Jacques Siclier, 01/11/1966
Les Echos
« Un très beau thème, traité sans éclats mais avec beaucoup de persuasion, au point que le spectateur a de bout en bout une impression de malaise et qu’il ne pourra plus, ensuite, jeter un livre. Oscar Werner, sous son casque de pompier, est peut-être un peu trop discret, un peu trop linéaire, pour que l’on croie vraiment à sa révolte. Julie Christie dont c’est ici la première apparition en France, interprète son double rôle avec charme mais effacement. Un très beau film, mais peut-être un peu trop (volontairement) en demi-teinte pour le thème, terrifiant. »
A.C., 21/09/1966
Education nationale
« Le premier mérite de Truffaut a été de saisir tout ce qu’un tel sujet offrait de prises à une critique de la civilisation — disons plutôt du style de vie — qui nous envahit. Civilisation des somnifères et des excitants, de la télévision perpétuelle, du confort routinier, du conformisme intellectuel, de la léthargie et de l’oubli ; le grand problème semble y être de penser le moins possible, et surtout de ne rien penser d’inquiétant. Civilisation du "divertissement" pascalien, offrant, imposant presque toutes les recettes pour éviter de s’interroger sur le sens de la vie, et le sens de la mort. Nous ne sommes pas encore au stade de Fahrenheit 451, mais nous n’en sommes pas loin… Et c’est pourquoi Truffaut s’est bien gardé de nous promener dans des décors futuristes : maisons, objets, meubles, modes sont à peu de choses près ceux d’aujourd’hui même le métro suspendu, le monorail, existe déjà. Le résultat, c’est une impression étrange d’insolite dans le familier, de proximité inquiétante : exactement ce qui est le plus propre à nous faire réfléchir. »
Etienne Fuzellier, 06/11/1966
L’Express
« Pour l’amour d’un livre sur l’amour des livres, François Truffaut a livré, sur un terrain peu propice, un étrange combat contre une œuvre rebelle à son tempérament, à son instinct, artistique le plus profond. De cet affrontement jaillissent d’ardentes splendeurs. Mais pour avoir trop voulu mettre ordre et raison dans le fantastique, peigner les mèches folles du rêve, banaliser le cauchemar, il a partiellement déséquilibré le chef-d’œuvre que nous espérions. »
Pierre Billard, 19/09/1966
Le Figaro
« Le jeune cinéaste défend une cause à laquelle visiblement il croit. Il aime les livres. Il n’a pas tort. Son film démontre qu’un livre intelligent peut fournir un bon scénario cinématographique et contribuer à rendre le septième art plus intelligent.
Louis Chauvet, 08/09/1966
Le Figaro littéraire
« Les plus belles scènes sont celles où sont récités, et avec quel amour, des fragments de grandes œuvres (…) ; où nous est découverte une bibliothèque clandestine (et j’ai revécu l’émerveillement de mon entrée dans celle de l’abbaye de Pontigny, il y a si, si longtemps) ; où le feu semble plus purifier que détruire les livres dont il parait caresser les pages avant de les dévorer. François Truffaut, en agrandissant aussi bien une page des Frères Karamazov qu’une autre de Pas d’orchidées pour Miss Blandish, rappelle combien est éclectique notre goût, combien variée notre bibliothèque personnelle. Il va plus loin encore en nous faisant assister comme un crime à la destruction de Mein Kampf. Un livre est un livre. »
Claude Mauriac, 22/09/1966
L’Humanité
« Le cinéma, cette fois, rend un beau service à la littérature, en rendant vivant et plausible ce qui sort de l’imagination d’un écrivain. On croit aux personnages, aux événements, aux situations. C’est peut-être là le grand mérite de Truffaut. Il nous entraine dans une aventure affolante, et nous oblige à y participer, sans démagogie, ni vaines recherches esthétiques. En définitive, c’est là qu’il faut chercher le réalisme : dans la création d’une certaine réalité, imperceptible, mais profonde. »
Samuel Lachize, 19/09/1966
Les Lettres françaises
« Je n’ai jamais fait un film aussi difficile. Autour de moi, toute l’équipe était un peu déroutée. Ils devaient s’attendre à du super-super-James Bond. Mais il n’y aura pas de gadgets. Et finalement je crois que c’est plus fort ainsi, et plus vrai : une société normale, peu différente de la nôtre, où "simplement" il est interdit de lire.
Rien de didactique là-dedans : on ne plaidera pas pour la culture. Chacun pensera ce qu’il voudra. Mais les livres sont les principaux personnages. Et le film aura du succès si les gens n’aiment pas voir mourir les livres. »
François Truffaut, propos recueillis par Dominique Jamet, 12/09/1966
Le Monde
« Deux réserves : une baisse de tension assez sensible vers le milieu du film et surtout l’inexistence des deux rôles tenus par Julie Christie. Parce qu’elle n’a rien à faire, cette merveilleuse comédienne apparait ici presque fade, ce qui est d’autant plus regrettable que le personnage de Clarisse est que l’avait dessiné Bradbury dans son roman était d’une exceptionnelle richesse poétique. Oscar Werner est excellent. Dans un rôle épisodique, Cyril Cusak ne l’est pas moins. »
Jean de Baroncelli, 09/09/1966
Nouveau Candide
« L’univers qu’il nous présente est très proche du nôtre. On y chercherait en vain des robots, des machines volantes et des ordinateurs. Simplement c’est un univers où la pensée n’a plus cours et elle n’a plus cours parce que la masse est complice. C’est cette complicité qui est le thème profond du film. »
M.A., 12/09/1966
Les Nouvelles littéraires
« Si tout Fahrenheit était de la qualité de ces dernières images, ou encore des premières, nous aurions un conte philosophique à la hauteur de son ambition. L’adaptateur s’est malheureusement révélé incapable de traduire l’atmosphère singulièrement troublante d’un roman qu’il admire. Mais l’admiration ne suffit pas et l’enfer est pavé de bonnes intentions. »
Georges Charensol, 22/09/1966
Le Nouvel observateur
« Ce qui me semble une aberration de la part de François Truffaut, c’est d’avoir complètement "dé-culturisé" la nouvelle de Bradbury, de l’avoir complètement "chosifiée". Le seul intérêt sérieux de ces pompiers et de ces livres, c’est qu’ils étaient des signaux, des annonces : ils permettaient au lecteur de mettre le doigt sur des événements de l’esprit, de la politique. Avec Truffaut, ils ne sont plus, à aucun moment, "un mot pour un autre", "une image pour une autre" ; ils sont du gag, du spectacle. Réflexion, contestation, invention, sont ici, de nouveau, absentes. François Truffaut a bricolé un film qui pourrait être, qui est, le produit direct de la civilisation décervelante que la nouvelle de Bradbury se proposait de condamner. »
M.C., 21/09/1966
Paris-presse
« N’attendez pas de Truffaut un pamphlet véhément ni de grands cris, des prouesses vertigineuses de caméra ni des numéros de haute voltige de comédiens. Julie Christie, ici, n’est pas le monstre ravissant qui a décroché un Oscar, mais une petite bonne femme ni belle ni laide, écrasée par une aventure qui la dépasse.
La caméra reste à sa place, à hauteur de cœur, et la mise en scène est d’une sérénité classique que trouble à peine un frisson d’inquiétude ou de détresse. Tout est filé en demi-teinte, sans élever la voix, et l’on pourra même trouver la couleur pas très jolie, c’est fait exprès.
Et pourtant, Fahrenheit 451 nous est cher. Un cinéaste s’y découvre dans ses contradictions, ses hésitations et ses doutes. Il n’y découvre de lui-même que ce qu’il veut bien nous montrer, prisonnier d’une pudeur plus exigeante que son besoin de s’exprimer. A nous d’avoir l’oreille assez fine pour reconnaitre sa petite mélodie intérieure. »
[S.N.], 22/019/1966
Populaire
« Malgré l’espoir qui renait en fin de film, c’est un film dur et amer que Fahrenheit 451, cette température où les livres commencent à se consumer, mais le spectateur, emporté par la richesse d’invention de la mise en scène comme par une interprétation excellente (…) se sentira emporté. Un très grand film, portrait, hélas, à peine changé d’un devenir qui nous menace. »
Guy Daussois, 20/09/1966
Le Soir de Bruxelles
« Pour mettre en lumière d’aussi graves réflexions, l’accord de l’idée et de l’image est-il parfait dans Fahrenheit 451 ? Un débat est ouvert où chacun interviendra selon son tempérament et selon sa formation intellectuelle. L’essentiel, c’est que ce film imparfait est important par les résonnances qu’il éveille. Il se veut dur, impitoyable, sans concessions au "goût du public", mais il finira par émouvoir grâce à un mélange de pudique rigueur et de ferveur secrète. »
Marcel Lobet, 19/05/1967
Témoignage chrétien
« Cette fin optimiste et sensible n’est pas pour déplaire au grand public car sur ce thème, au fond assez intellectuel, Truffaut a tenté et sans doute réussi à faire un film de grand public. Il s’est défendu d’avoir voulu réaliser un film à thèse, ni même un film à idées, et démontre d’ailleurs une complaisance un peu exagérée pour les œuvres de Sade et Jean Genêt, la liberté qu’il prône est vraiment sans nuance aucune, et c’est tout aussi bien la licence d’écrire n’importe quoi. Mais à cette réserve près, Truffaut a la façon de nos meilleurs champions, il réussit sous une enveloppe chargée d’humour, de suspense et d’émotion sensible, à insérer quelque moelle plus "substantifique". »
André Besseges, 29/09/1966
Télérama
« Personne ne prend la parole dans ce film pour vanter les mérites des livres quand on les accuse de toutes sortes d’erreurs ou de vices. Mais une femme préfère mourir avec eux que de vivres sans eux. C’est qu’une part importante de la vie des hommes se réfugie dans leurs livres : ceux qu’ils écrivent et ceux qu’ils lisent.
Nous n’avons jamais vu à l’écran défendre la vie de l’esprit avec autant de foi et si peu de profession de foi. Seul un grand cinéaste, maître de ses images et de ses interprètes, pouvait ainsi nous toucher au cœur en défendant l’esprit. »
Janick Arbois, 02/10/1966
Bibliographie éditoriale
Consultation
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