Clara se souvient et écrit, en s'identifiant à son fils, comment ils ont vécu une dizaine d'années ensemble. Au moment où elle devient enceinte, Clara ne veut pas avertir le père de son futur enfant ; elle restera donc mère célibataire. A sa naissance, Juan ne crie pas : il est autistique, vivant donc replié sur lui-même, sans mot dire. A tout prix, contre l'avis de son amie psychiatre Ana, Clara veut garder Juan avec elle et lui éviter le « centre ». L'enfant multiplie les bêtises et ne peut rester seul un instant. Parfois, Clara s'évade pour retrouver Ramon, son seul ami à comprendre sa décision. Mais Juan finit par effrayer ses grands-parents qui refusent de le garder. Le reste de l'entourage de Clara se fait de moins en moins présent ; Ana lui dit qu'elle devient névrosée et conseille des électrochocs pour Juan ; à son travail, on fait comprendre à Clara qu'elle ne fait plus l'affaire. Sa vie se met donc au rythme de celle de Juan. Affaiblie par les drogues, elle dort en pleine journée au milieu du plus grand désordre tandis que Juan erre dans l'appartement en risquant de déclencher des drames comme la fois où il met le feu ou lorsqu'il s'approche de sa mère endormie avec un couteau à la main et dépose sur sa jambe un baiser. Un soir, Ramon vient voir Clara, et Juan, qui apprécie peu de voir sa mère allongée à côté d'un autre, va absorber le contenu de la bouteille de savon. Clara sait qu'elle doit renoncer ; un après-midi, alors qu'elle est étendue avec Juan sur son lit, elle lui offre le seul amour qu'elle lui ait jusque là refusé puis, lui faisant avaler une pilule calmante apres l'autre, le quitte à jamais.