Cuba à la fin du XVIIIe siècle. Règne de la canne à sucre et règne de l'esclavagisme. Riche propriétaire, le comte possède une immense exploitation où les Noirs sont utilisés sous la direction d'un contremaître dur, tyrannique, sans pitié. Tout écart est sévèrement réprimé et il n'hésite pas à trancher une oreille en guise de mesure dissuasive lorsqu'il le juge nécessaire. Le comte, lui, est plus modéré, tiraillé entre sa foi catholique très profonde à laquelle veille son aumônier personnel et la rentabilité de son exploitation que le contremaître s'efforce de maintenir. Un Jeudi Saint, le comte décide de vivre la Cène avec douze de ses esclaves. Choisis par le contremaître, ils sont donc conviés dans la maison du maître et s'étonnent d'abord de le voir leur laver les pieds. Puis, le repas a lieu. Les Noirs ébahis demeurent d'abord sur la défensive. Mais l'atmosphère bientôt se détend quelque peu. Ils profitent de cette abondance et, le vin aidant, finissent par se sentir libres de parler au comte. La liberté, c'est l'un des sujets qu'ils abordent longuement. Et le maître se montre libéral. Il décrète l'affranchissement d'un des esclaves et décide que le Vendredi Saint sera un jour sans travail. Mais, le lendemain matin, le contremaître ne veut rien savoir. Les coups pleuvent, la désapprobation de l'aumônier ne change rien. Alors naît une révolte, menée en particulier par Sébastien, l'homme à l'oreille coupée. Et le contremaître est tué. Certains esclaves, convaincus de la compréhension du comte, à la suite du repas de la veille, décident d'aller lui expliquer. Mais une armée est déjà levée par lui. Et la mort accidentelle de sa fille achève de mener au drame. La répression est terrible. Les invités du Jeudi Saint sont tous décapités. Sauf Sébastien qui court encore dans la forêt.