Baghdad on/off

Film

Saad Salman

Année de production :  2002

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2003

Date de sortie en France :

  • 23/04/2003

Description

Résumé

Alors qu'une majorité d'Irakiens souhaite quitter leur pays, un réalisateur décide, à l'automne 2002, de passer clandestinement la frontière turque pour rejoindre Bagdad, où sa mère se meurt. Si l'opération apparaît d'une simplicité déconcertante, à son grand étonnement, cette première scène offre au film un ton qu'il ne quittera plus : l'absurde. Car, de la présence simultanée de militaires irakiens et "onusiens" sur le lieu d'un accident de voiture au dialogue (écrit) entre le réalisateur et son guide (qui ne cesse, par exemple, de répéter à son compagnon de route que "demain" il sera à Bagdad), le cinéaste a voulu que son premier film sur son pays d'orgine colle à l'image qu'ont les Irakiens de leur situation. Et pour renforcer cet angle S. Salman interdira à son réalisateur exilé de dépasser l'invisible ligne de démarcation qui sépare le nord du pays, protégé par l'ONU, du reste du territoire, sous contrôle de l'armée irakienne. C'est ainsi que progressivement Baghdad on / off dévoile qu'il n'est pas un film sur l'Irak, mais sur le Kurdistan irakien. Et donc, sur l'absurdité de la vie qu'y mène la population, kurde autant qu'arabe, mais aussi sur la violence qu'elle a subi et continue de subir. Pourtant, si S. Salman nous montre parfois les difficultés de la vie des Irakiens arabes (arrêt dans un camp de Bédouins par exemple), ce qui ressort avant tout de ce road movie c'est la situation catastrophique de la majorité kurde. Au gré des rencontres et d'un itinéraire chaque jour revisité, qui emmène l'équipage dans les principales villes de cette région, dans des camps de réfugiés, au détour d'une route ou d'un village, nous découvrons un peuple vivant encore dans le souvenir vivace des répressions qu'il a endurées. L'insalubrité des camps, la précarité de la vie, le souvenir des morts, des disparus et des atrocités subites, comme la persistance de la peur du régime de Saddam Hussein, sont ainsi sur toutes les lèvres. Ce qui provoque une absurdité de plus. Car, depuis la présence onusienne, le Kurdistan irakien est la seule partie de l'Irak où la vie (économique, culturelle...) se reconstruit véritablement. Malheureusement, à l'image de la situation de son pays d'origine, S. Salman réalise un film sans véritable logique, pas toujours crédible. Les caméras cachées, obligatoires vu le contexte, continuent de tourner malgré les recommandations de prudence. L'absence à l'image du guide gêne souvent la compréhension du déroulement du film. Surtout, le refus du cinéaste d'expliquer certains événements cités (comme l'Anfal), et la multiplication des témoignages similaires, laissent un vide que leur intérêt n'arrive jamais à rattraper. Heureusement (et paradoxalement, encore une fois), son film n'apparaît jamais comme une justification des événements que nous connaissons actuellement.

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 86

Collections liées