En prégénérique, des témoignages accablants sur les tortures et les geôles de Duvalier. Joseph a été torturé et détenu pendant sept ans à Haïti. Aujourd'hui, il travaille dans une menuiserie à New York. Son travail terminé, il se rend à la radio des Haïtiens en exil pour y dire un poème, puis au Haïtian Corner, petite librairie où se retrouvent les immigrés haïtiens. De retour chez lui où il vit avec sa mère, forte femme autoritaire, et son amie d'enfance, Sarah, dont il a toujours été amoureux, il revoit des images de sa torture. Au hasard d'une rencontre, il croit reconnaître son tortionnaire et, bouleversé, veut le retrouver, interrogeant pour cela, parfois brutalement, ses amis. L'un d'eux, Hegel, le libraire, tente en vain de le dissuader. Errant dans New York, Joseph revit longuement une scène d'interrogatoire au cours de laquelle Theodor essaie de lui faire donner des noms. Agressé et battu à coups de bouteilles, il s'effondre, humilié. Ayant quitté son travail, il rend visite à son père à l'hôpital puis, avec son frère un peu loubard, cambriole Jean, le patron de Sarah, pour mettre la main sur des documents. Par Hegel, il apprend que Theodor est à New York. Lâché par les Tontons Macoutes, il leur a apporté une liste de noms d'hommes qu'ils ont ainsi pu sauver. C'est pour cela qu'Hegel estime qu'il faut passer l'éponge. Joseph, écoeuré, n'ose pas entrer dans le restaurant où travaille Theodor et va boire dans un dancing haïtien où il fait une scène en public à Sarah qui le quitte définitivement. Grâce à son frère, Joseph se procure un revolver, se rend au restaurant, tire sur Theodor, le blesse et l'humilie, mais ne l'achève pas. II part dans New York. Enfin libéré.