No pasaran, album souvenir
Film
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2003
Date de sortie en France :
- 29/10/2003
Description
Résumé
Se répéter est paraît-il pédagogique, donc n'hésitons pas : les documentaires sont à l'ordre du jour. En tout cas, c'est manifestement ce que les distributeurs ont l'air de penser puisqu'ils n'hésitent plus à faire projeter au cinéma des films d'un genre longtemps réservé au petit écran. Bonne chose, car on peut ainsi voir en salle, un film qui, sans cela, aurait, au mieux, été diffusé sur Arte. Le titre complet est bien No pasarán, album souvenir. Il ne faut pas s'attendre à un film sur la guerre d'Espagne, la défense de Madrid et le célèbre appel lancé en 1935 par Dolorès Ibarruri (la Pasionaria). Ce n'est même pas un film qui traite directement de la "Retirada", la retraite des Républicains espagnols en 1939, devant les armées franquistes. Les combattants, et des milliers de gens, s'étaient alors réfugiés en France (vous savez bien, le pays des Droits de l'Homme). Pour le réalisateur, Henri-François Imbert, le point de départ, ce sont des cartes postales qu'il a vues enfant chez ses grands-parents, au Boulou, à la frontière espagnole, et auxquelles il ne comprenait rien car il ne connaissait pas la guerre d'Espagne. Il y a une dizaine d'années il a voulu en faire un film : il s'est lancé à la recherche d'autres photos. Tout est surprenant dans ce film : le statut des cartes postales (à l'époque, éditées par le café-tabac du village), leur légende ("camps de concentration", sans vergogne), l'absence quasi totale aujourd'hui de traces sur les lieux où elles étaient situées. En outre, le réalisateur, demande au spectateur de faire un effort : chaque carte est présentée dans un silence respectueux, ce qui donne le temps au spectateur de s'interroger, de comparer avec d'autres cartes. Si Imbert s'intéresse à des réfugiés survivants, c'est en leur qualité de détenteurs de cartes postales. Pendant un certain temps, on a l'impression d'être face à un film apolitique sur les souvenirs d'enfance du réalisateur. Et puis, au fur et à mesure, on s'aperçoit que le film a pris une dimension nouvelle pour se terminer sur l'évocation des réfugiés espagnols qui sont passés directement des "camps de concentration" français à Mauthausen, véritable camp d'extermination nazi, et sur l'idée que notre pays continue à maltraiter les réfugiés. La mémoire n'est pas une spécialité nationale, comme en témoignent les images des Kurdes irakiens, et des Afghans fuyant les Talibans (et qualifiés de réfugiés économiques) enfermés à Sangatte. Le film se referme sur les très belles images de ces réfugiés se filmant eux-mêmes, ou écrivant "England" sur le sable avec la pointe de leur chaussure. Elles attestent que H-F. Imbert a réussi à passer imperceptiblement du particulier au général et de l'intime au politique, ce qui confirme la pertinence de sa démarche.
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 70
Consultation
Lieux de consultation du film et conditions d'accès :
- La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre
- La Cinémathèque de Toulouse (Bibliothèque) - Accès réservé