Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Date de sortie en France :
- 04/09/1996
Société(s) de production :
Description
Résumé
Ayant enlevé Jean, les ravisseurs sont interpellés par un policier et, sans réfléchir, le tuent. Ils éliminent également deux automobilistes témoins du meurtre, avant de se réfugier dans un chalet.
Le chef de la police locale est une femme enceinte, Marge Gunderson, qui va remonter patiemment la filière. ì partir des plaques d'immatriculation et des prostituées rencontrées par Showalter et Grimsrud, elle parvient jusqu'au magasin de Jerry.
Entre-temps, Gustafson a réuni la rançon et exigé de la remettre lui-même aux bandits. Il refuse de donner la mallette à Showalter tant que Jean n'est pas libérée en échange. Showalter l'abat mais il a le temps de tirer et de le blesser à la mâchoire. Après avoir liquidé aussi le gardien du parking, Showalter s'enfuit et découvre effaré le million de dollars. Il en distrait 80 000 et enfouit le restant sous la neige, dans un endroit désert. Puis il rejoint le chalet où Grimsrud a assommé Jean. Ils se chamaillent pour le partage des véhicules. Furieux, Showalter s'en va mais Grimsrud le rattrape et le tue d'un coup de hache.
Marge Gunderson a poursuivi son enquête à la ville où elle retrouve un ancien condisciple, Mike Yanagita, qui lui fait une cour pressante - mais elle s'aperçoit bientôt de sa totale mythomanie. Petit à petit, sa piste la mène jusqu'à Jerry, qui prend la fuite en se voyant confondu et se fait arrêter dans un motel. Enfin, elle trouve le chalet où Grimsrud est en train de broyer les cadavres dans un hachoir à bois. Le bandit tente de s'enfuir, elle le touche à la jambe et l'arrête.
Genre : Fiction
Date de tournage :
- 23/01/1995
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Dans la presse
Citations
Les Echos
« Avec Fargo, leur sixième film, qui a obtenu le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes cinq ans après la palme d’or de Barton Fink, les deux frères (…) renouent avec leur veine d’affreux jojos. En mêlant avec une irrésistible impassibilité horreur et sourires, en un patchwork ici très insolemment tricoté, un point à l’endroit, sérénité pour le shérif, un point à l’envers, folie hallucinée, dérive macabre chez les malfrats, le tout sur fond de polar glauque, polaire (l’action se déroule au Minnesota et au cœur de l’hiver) et pourtant résolument optimiste in fine… »
Annie Coppermann, 04/09/1996
Le Figaro
« Dès lors, peu importent les violences sauvages de l’anecdote ou les imprévisibles délires qu’elle enchaîne. Chacun de ses protagonistes est savoureux par sa bêtise, ses maladresses, ses déceptions affichées ou sa sérénité dans l’exercice de sa profession. Ainsi traité, le mélange tragédie-comédie constitue un cocktail de qualité à consommer pour une bonne soirée garantie. »
Claude Baignières, 16/05/1996
France soir
« Inspiré par un fait divers, les frères Coen (…) se sont amusés à brouiller les pistes du polar classique. C’est un peu dur à suivre mais c’est filmé si superbement que justement ils ont reçu le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes. »
[S.N], 04/09/1996
L’Humanité
« C’est donc une fantaisie chez les ploucs, pour paraphraser un titre de la série noire. Le traitement vaut par l’atmosphère réaliste (Amérique profonde de convention, aux traits accusés mais sans plus, accent typique, esquisse d’étude de mœurs…) complétée par le fin sourire de connivence provoqué chez le spectateur par le caractère dérisoire et macabre de l’arnaque envisagée. Tous les personnages sont répugnants, mais sans excès. »
J.P.L., 15/05/1996
Le Journal du dimanche
« Les frères Coen, totalement déjantés, cyniques et bourrés d’humour n’aiment que le bizarre, le trouble, le pervers BD. Fargo est un polar à la Pulp fiction : secoué. Ils filment l’Amérique des putes pas très futées, des MacDo, de la télé qui zappe. Dans cet univers bien noir, seule la bière est fraiche. L’équipée accablante devient irrésistible. »
M.S., 12/05/1996
Le Journal du dimanche
« Dans Fargo, Frances McDormand fait une composition irrésistible. C’est la révélation du film. Avec son gros ventre, ses moufles, sa parka et sa chapka solidement enfoncée sur ses oreilles, elle porte le film avec une espèce de force tranquille. Frances McDormand est une grande actrice. »
Danielle Attali, 01/09/1996
Libération
« C’est sur leur territoire que tout se passe. Peu à peu, le film glisse dans leur camp. Rien de plus naturel. Fargo respire à leur rythme, fait des allers-retours drôles et désespérants dans un no man’s land de neige que les frères Coen s’amusent à filmer dans les moindres nuances (c’est souvent sublime). »
Laurent Rigoulet, 15/05/1996
Libération
« Stylistiquement, Fargo est le film le plus abouti des frères Coen depuis Miller’s crossing (1990). Pas de fioritures mais un sens aigu du paysage, servi par la splendide photo de Roger Deakins, et du rythme. Depuis, disons, Indian runner de Sean Penn, on n’avait pas vu l’Amérique dans un tel état d’effacement et de lenteur cafardeuse. »
Didier Péron, 04/09/1996
Le Monde
« Le récit du coup monté par un garagiste dans la débine pour faire enlever sa femme par une paire de truands ringards, afin d’obtenir une rançon de son riche beau-père, et l’enchainement de ratages sanglants, de malentendus stupides et de hasards malencontreux, qui fera tourner toute l’affaire au massacre, se déroulent avec une sorte d’évidence convenue. Comme si le savoir-faire même des Coen, en gommant toute aspérité, toute difficulté de narration, leur inspirait une lassitude d’avoir à raconter une histoire aussi bête (…). Les Coen sont constamment en avance sur leur histoire, ils ont d’emblée jugé (et condamné) leurs personnages, réduits au statut de piètres marionnettes d’une piètre machination dont ils sont les jouets bien plus que les instigateurs. »
Jean-Michel Frodon, 05/09/1996
Le Monde
« Fargo est parti d’un fait divers réel, survenu dans le Minnesota en 1987. En en respectant le déroulement, le film s’autorise les embardées les plus loufoques. Mais les frères Coen ne se contentent pas de l’exploitation d’une anecdote, ils tracent au passage des portraits d’après nature, en particulier celui du couple formé par le shérif et son mari, paisible dessinateur de timbres-poste. »
Henri Béhar, 05/09/1996
Le Nouvel observateur
« On est dans le Coenland, un pays dément où rien ne se passe comme prévu, où l’horreur est toujours drôle et où les apparences ne sont jamais trompeuses. Fargo, c’est Kafka chez Steinbeck. La rencontre est imprévue mais tonifiante. Le film, lui est superbe. »
François Forestier, 16/05/1996
Pariscope
« Spécialistes de la tragi-comédie, ils nous servent un cocktail savamment dosé d’humour noir et de légèreté filmant leur sujet avec une grande simplicité formelle et beaucoup de réalisme, faisant la part belle aux personnages et à leur bêtise (doublée d’un accent à couper au couteau) ne peut qu’amuser et l’on savoure les dialogues et les situations. »
Yveline Chabot, 04/09/1996
Le Point
« Les frères Coen, délestés de l’"aïkido" stylistique développé précédemment dans Miller’s crossing ou Barton Fink, fonctionnent sans doute ici à l’économie. Cette sobriété est pourtant le moteur de Fargo (…). Recentré sur l’observation d’un quotidien pittoresque (mauvais goût typique), riche en dialogues et accents, Fargo se laisse chauffer à blanc par l’humour noir, sanglant et déjanté qui forme la meilleure veine de l’univers des frères Coen. »
Gilles Médioni, 31/08/1996
« Fargo, c’est l’art de l’absurde qui confine au génie. Le talent visuel des Coen donne à cette pantalonnade sauvage et grotesque un style et une élégance qui transfigurent le pitoyable de ces êtres insignifiants, le sordide ou la mesquinerie de leurs pauvres vies. Le bonheur du film, ce sont enfin ses acteurs, tous jubilatoires. »
Michel Pascal, 31/08/1996
Télérama
« Ainsi va Fargo : une sorte d’horreur absolue, crescendo mais tranquille, ponctuée d’un traintrain de petites manies. (…) Tout cela est montré avec une rare économie de moyens : oublié le style tapageur de Barton Fink ou du Grand saut, tout en focales déformantes et travellings alambiqués. Ici, on reste avec les personnages, englués dans la neige. Et lorsque, incidemment, on surplombe l’un d’eux, il est réduit à une tache sombre dans un monde trop blanc, figure géométrique, abstraite, absurde… »
Vincent Remy, 04/09/1996
Récompenses et nominations
- 1997 - Meilleur film étranger - Film Independent Spirit Awards - Obtenu
- 1997 - Meilleur film étranger - New York Film Critics Circle Awards - Obtenu
- 1997 - Meilleure interprétation féminine - AMPAS - Academy of Motion Picture Arts and Sciences - Obtenu
- 1997 - Meilleur scénario - AMPAS - Academy of Motion Picture Arts and Sciences - Obtenu
- 1996 - Meilleur réalisateur - Festival International du Film (Cannes) - Obtenu
Exploitation
Exploitation Paris : 22 salles, 17 semaines, 57 132 entrées la première semaine, 252 095 entrées totales
Exploitation France : 565 756 entrées totales
Bibliographie éditoriale
Consultation
Lieux de consultation du film et conditions d'accès :
- La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre