L'Histoire d'Adèle H.

Film

François Truffaut

Année de production :  1975

Pays de production : France

Identité

Autres titres :

  • d'après "Le Journal d'Adèle Hugo" (Titre de l’œuvre adaptée)

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 1975

Date de sortie en France :

  • 08/10/1975

Description

Résumé

1863. Sous un faux nom, Adèle, fille cadette de Victor Hugo, poursuit jusqu'à Halifax le lieutenant Albert Pinson qui a rejoint au Canada le 16e régiment de hussards. Par l'entremise du mari de sa logeuse, Adèle tente d'entrer en contact avec le jeune homme. Mais ce dernier, indifférent, humilié peut-être par le refus passé des Hugo de le voir entrer dans leur famille, repousse définitivement les avances de la jeune femme. Sous l'emprise d'une passion que nul obstacle ne saurait contraindre, Adèle, qui implore de son père le consentement écrit à son union, s'emploie à reconquérir Albert qu'elle observe et surveille obstinément. La levée de l'opposition au mariage d'Adèle ne modifie en rien les sentiments du jeune homme. Adèle, dont l'identité a été percée à la suite d'une maladie, ne renonce pourtant pas à ses projets: tout en noircissant furieusement les pages de son journal intime, elle s'efforce à tout moment de revoir Pinson, lui propose de régler ses dettes, lui paie des filles de joie, fait échouer ses fiançailles avec une jeune fille fortunée de la région et proclame urbi et orbi la célébration de leurs noces... Désargentée, elle est forcée de quitter sa chambre et se retrouve, avec pour seul trésor, son journal, dans un hospice. Mue par son idée fixe, elle suit le régiment du 16e hussards aux îles de la Barbade. Elle erre, malade, en butte aux moqueries des enfants, sans même reconnaître Pinson, jeune marié redoutant un nouveau scandale. Une Noire qui l'a recueillie ramène Adèle chez ses parents. Enfermée près de quarante ans dans une maison de repos, elle survivra à toute sa famille et mourra dans l'indifférence générale en 1915.

Date de tournage :

  • 08/01/1975 - 21/03/1975

Générique

Réalisation :

Écriture :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Durée d'origine : 94

Couleur/NB : Couleur

Dans la presse

Citations

Véronique Doduik :

L’Aurore
« Dans l’œuvre de François Truffaut, L’Histoire d’Adèle H. est un film plus secret qu’on ne croit, plus passionné qu’il ne paraît, car l’auteur contrôle tout, se regarde et se juge sans cesse.»
Guy Teisseire, 08/10/1975

Le Canard enchaîné
« La caméra ne quitte [Adèle] pour ainsi dire pas de l’œil, et cette fascination (…) provient autant du personnage que de son interprète, Isabelle Adjani (…).
Il faut dire qu’[elle] justifie cette attention. Intrépide et vulnérable, toute frémissante de passion malheureuse, c’est elle qui porte le film sur ses frêles épaules.»
Jean-Paul Grousset, 15/10/1975

Charlie Hebdo
« Adèle H. pouvait être une analyse clinique, impitoyable, du mal romantique. On n’y sent que la tristesse de ne plus vivre dans un monde où ses ravages sont devenus de plus en plus impossibles (…).
On peut très légitimement reprocher [au film] d’esquiver les véritables difficultés et de devenir, vers la fin, une sorte de gros produit de consommation culturelle, avec sa très inutile évocation des funérailles nationales du père Hugo.»
[S.N], 09/10/1975

Le Coopérateur de France
« Toutes construites avec une admirable rigueur sur le plan du récit et de la technique, certaines séquences atteignent une émotion ou une beauté indéfinissables (…).
Tout le film est d’un seul bloc. Comme un merveilleux granit : le sujet, le style, l’interprétation.»
François Gault, 01/11/1975

La Dépêche du midi
« La photo de Nestor Almendros (…) sert remarquablement l’austérité du propos tout en instaurant une ambiance d’époque. Ses bruns, ses ocres, ses noirs et ses blancs, discrètement, ici ou là, rehaussés de rouge, appartiennent à une certaine peinture de genre victorienne attentive aux émotions, à l’observation intime et en même temps très intériorisée, un peu solennelle.»
Etienne Chaumeton, 12/11/1975

Le Drapeau rouge
« Cette histoire folle, un Ken Russel des bons jours aurait peut-être pu en restituer la folie. Truffaut, lui, la raconte sagement, trop sagement. Tout se trouve certes en place. Interprétation, décors, accessoires, tout est parfait. Mais cela se déroule comme dans un beau livre d’images.»
Pierre Joye, 30/10/1975

Les Echos
« Elle est, la petite Adjani qui fut naguère Agnès, à la fois parfaite et peu crédible, émouvante et glacée, attendrissante. Charmeuse comme ce film étrange, pudique et sage, comme retenu par on ne sait quelle tendresse, celle de Truffaut, sans doute, pour son héroïne folle et son interprète-enfant.»
Annie Coppermann, 09/10/1975

L’Éducation 
« Toutes les images sont admirables de goût, de précision, de suggestion. “La couleur locale” (et la couleur tout court) n’y sont que des instruments, des incitations à ressentir ce qui, peu à peu, fait sombrer la raison de cette malheureuse (…).»
Etienne Fuzellier, 13/11/1975

L’Express
« L’Histoire d’Adèle H. s’intitulerait plus justement “La Chronique d’Isabelle A.”, car il s’agit peut-être du plus fervent hommage et du plus chaste que, depuis  Sternberg à Marlene, un cinéaste (…) ait rendu à une actrice. Un homme à une femme, tout simplement.»
Patrick Thévenon, 06/10/1975

Le Figaro
« La caméra de Truffaut, il est vrai, a la touche si pudique, si sensible, si raffinée : elle sait se faire si simplement narrative que certains trouveront peut-être qu’un récit aussi linéaire, une action aussi dépourvue de rebondissement, n’a, somme toute, qu’un médiocre intérêt.»
Philippe Nourry, 23/09/1975

France nouvelle
« [Truffaut] a aussi commis un beau film sensible et très classique, une sorte de film balzacien en même temps que de film passionné sous les apparences de la neutralité, des apparences tout extérieures et superficielles (…).
Il y a un réalisme aigu, presque clinique et chirurgical dans la façon avec laquelle Truffaut nous montre Adèle dans ses crises (…).»
Albert Cervoni, 06/10/1975

L’Humanité
« L’Histoire d’Adèle H. n’est pas un film romantique que par son sujet mais aussi un film romantique par son style, sa tonalité, ses accents.»
Albert Cervoni, 11/10/1975

Libération
« (…) Cet amour fou ne peut pas nous toucher, nous émouvoir. Les épisodes en deviennent très vite feuilletonneux dans la répétition des échecs de la pauvre Adèle. Isabelle Adjani ne contribue pas à rendre son personnage crédible : elle est trop belle, trop saine.»
[S.N], 16/10/1975

La Marseillaise
« Faisant démonstration d’exigence et de pureté, [Truffaut] préfère aux stéréotypes et aux clichés une élégance de description de cette passion qui refuse tout romanesque, qui exprime le désir qu’on sent profond chez lui, de conserver un certain recul par rapport à son personnage, à cet amour à sens unique.»
Pierre Paret, 10/11/1975

Midi Libre
« À partir du journal intime d’Adèle H., Truffaut reconstitue son aventure avec les mêmes scrupules documentaires que celles de L’Enfant sauvage, le même talent patient, ennemi des excès, qui fut toujours le sien.»
[S.N], 14/10/1975 

Le Monde
« Heureuse ou malheureuse, une histoire de cœur est toujours un dialogue. La gageure soutenue par Truffaut est d’avoir fait de celle-ci un monologue. Son film est construit autour d’une solitude et d’une absence. Solitude de l’héroïne qui n’écrit plus à sa famille (…), absence ou quasi-absence du seul être qui pourrait la ramener à la raison.»
Jean de Baroncelli, 11/10/1975 

Le Nouvel Observateur
« Problème du père et de la résistance au père, chaleur ou manque de chaleur familiale, importance du nom et de ses rapports avec la personnalité, quête de l’identité : on voit ce qui a retenu Truffaut dans le destin d’Adèle, tout cela le touche au plus profond.»
[S.N], 13/10/1975

Pariscope
« La froideur de ce sobre récit (…) n’est qu’apparence. Et s’il y a austérité dans l’illustration de cette aventure intérieure, elle est celle “d’un morceau de musique
pour seul instrument”, ce à quoi compare L’Histoire d’Adèle H. son passionné auteur.»
José-Maria Bescos, 08/10/1975

Le Point
« Comme il avait construit L’Enfant sauvage à partir d’un rapport médical, Truffaut organise son récit sans rien altérer du texte original. Pareil respect des faits suppose, bien sûr, un certain recul de l’invention, et comme un effacement du réalisateur (…).
Rien que la vérité, soit. L’émotion y trouve-t-elle son compte ? Truffaut, dans Adèle H., n’évite pas toujours une monotonie de la jérémiade, qu’un hugolâtre eût balayée d’envols lyriques.»
Michel Flacon, 06/10/1975 

Le Provençal
« Un film d’amour, un film rare, le portait d’une femme, d’une passion, d’une folie.»
Michèle Grandjean, 09/11/1975

Le Quotidien de Paris
« (…) Les dernières vingt minutes d’Adèle H. sous les Tropiques sont lyriques, brûlantes, admirables. On y retrouve ce climat unique, qui trahit une nostalgie du cinéma de Jean Renoir, et qui nous rappelle Le Fleuve : ce je ne sais quoi de magique éclatait déjà dans La Sirène du Mississipi ; c’est peut-être parce que Truffaut réussit le mieux ce qu’André Bazin appelait “le rapport du corps au décor”.»
Henry Chapier, 08/10/1975

Sud-Ouest
« Ce qui frappe d’emblée dans d’Adèle H., c’est la distance, la froideur, quasiment anglo-saxonnes, que le cinéaste dresse comme des barrières entre le spectateur et le film. Cette histoire d’amour fou, qui devrait brûler de passion et qui se consumera finalement au soleil de La Barbade, est en réalité un conte nordique, baigné de pluie et d’embruns ; les frissons de l’âme sont intimement mêlés aux frissons de la nature (…).»
Jean-Loup Demangeot, 19/10/1975

Télérama
« [Truffaut] montre la passion pour ce qu’elle est : une perversion de l’amour — et non l’amour — et un lent glissement vers la folie. Son film est l’étude clinique d’un cas pathologique (…).
Non, rien n’est moins romantique que le regard de François Truffaut sur Adèle H. Il n’a pas d’illusion. Il ne cherche pas à nous leurrer.»
Claude-Marie Tremois, 11/10/1975

Récompenses et nominations

  • Meilleur film français - Obtenu

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Avant-Scène Cinéma (L'), n° 165, janvier 1976
  • Périodique : Cinéma 75, n° 203, novembre 1975
  • Périodique : Cinéma Nuovo, n° 241, mai 1976
  • Périodique : Cinématographe, n° 15, octobre 1975
  • Périodique : Ciné-Revue, n° 41, 9 octobre 1975
  • Périodique : Ecran 75, n° 41, novembre 1975
  • Périodique : Filmcritica, n° 263, avril 1976
  • Périodique : Filmcritica, n° 293, avril 1976
  • Périodique : Films and Filming, n° 7, avril 1977
  • Périodique : Jeune Cinéma, n° 90, novembre 1975
  • Périodique : Positif, n° 176, décembre 1975
  • Périodique : Revue du Cinéma / Image et Son (La), n° 301, décembre 1975
  • Périodique : Sight and Sound, n° 3, juin 1975
  • Périodique : Technicien du Film (Le), n° 228, 15 juillet 1975
  • Site Internet : L'Histoire d'Adèle H.

Relation autre film

  • T'as de beaux escaliers, tu sais...

Consultation

Lieux de consultation du film et conditions d'accès :

  • La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre

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