La Chambre verte

Film

François Truffaut

Année de production :  1977

Pays de production : France

Identité

Autres titres :

  • d'après "L'Autel des morts", "Les Amis des amis" et "La Bête de la jungle" (Titre de l’œuvre adaptée)

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 1978

Date de sortie en France :

  • 05/04/1978

Description

Résumé

Dans une ville de l'Est de la France, quelques années après la guerre (de 1914-1918), un modeste journaliste, ancien combattant, Julien Davenne, vit dans le souvenir de sa femme Julie, décédée peu après leur mariage. Une pièce de la maison qu'il habite avec une vieille gouvernante et un jeune handicapé, est réservée au culte de la disparue. Julien s'y enferme souvent. Un soir d'orage la chambre prend feu après avoir été frappée par la foudre. Voyant là un signe du destin, Julien contacte les autorités religieuses et obtient bientôt l'autorisation d'aménager une chapelle retirée qu'il consacre non seulement à Julie mais à tous ses morts connus et inconnus. Et c'est ainsi que, pour ne pas faillir à sa mission, Julien détourne et transforme l'amour que lui voue la jeune Cécilia afin que soit assurée avant tout la poursuite de son oeuvre.

Date de tournage :

  • 11/10/1977 - 25/11/1977

Générique

Réalisation :

Écriture :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 94

Couleur/NB : Couleur

Dans la presse

Panorama critique

Véronique Doduik :

L’Aurore
« Truffaut, courageusement, a tenu à jouer ce personnage qu’aucun acteur peut-être n’aurait su mieux comprendre. Il lui confère une dignité pathétique à travers laquelle nous devinons le désespoir d’un homme qui voit le passé lui échapper sans qu’aucune métaphysique ne vienne lui apporter la moindre consolation.
Nathalie Baye apporte à cette histoire d’amour et de mort la douceur certes, mais aussi la force étrange d’un être antithétique qui, lui, espère.»
Guy Teisseire, 05/04/1978

Le Canard enchaîné
« Tourné avec un soin rigoriste, le film provoque plus de curiosité que de passion. On aurait néanmoins tort de l’enterrer.»
Jean-Paul Grousset, 12/04/1978

Charlie Hebdo
« (…) Du vivant qu’il interprète, [François Truffaut] fait un mort-vivant (puis un mort tout court) (…) [Il] n’exprime jamais la vie. Mort d’un ami. Mort de la femme aimée. Morts à la guerre. Mort. Mort. Mort. Il prend tous les prétextes (…), toute la névrose excessive du souvenir pour que la mort enfin l’habite. À la fin, c’est gagné. On est morts aussi. D’ennui. D’ennui. D’ennui.»
[S.N.], 13/04/1978

La Croix
« Je ne dissimulerai pas que ce film m’a laissé partagé entre le refus et l’adhésion.
Adhésion, parce que, comme Julien, comme Truffaut, je pense que les morts meurent, d’abord, dans le cœur des vivants. (…)
Refus, parce que la forme donnée, par Julien-Truffaut, à son culte des morts, s’égare, dans son apparente respectabilité (…) Et il n’est pas bien, comme le fait Julien, d’aimer les morts contre les vivants (…)
Cela dit, en dépit de sa voix monocorde et mal posée, François Truffaut lui-même est remarquable dans le rôle de Julien, et Nathalie Baye admirable dans celui de Cécilia.»
Jean Rochereau, 13/04/1978

La Dépêche du Midi
« Ce “royaume des frôlements immatériels” dont parle Julien Gracq n’est pas [celui de Truffaut]. [Truffaut] n’a pas cherché à élucider la mort, à combler la distance qui nous sépare de sa présence en nous. Il s’en est tenu à des impressions mortuaires d’enfance et de jeunesse, il s’est contenté d’un inventaire des signes les plus banaux [sic] : photographies, vieux objets, pierres tombales, cimetières ensevelis sous le lierre, le lichen, et les feuilles mortes de l’oubli.»
Étienne Chaumeton, 23/04/1978  

Les Échos
« On retrouve dans ce film austère, superbement photographié par Nestor Almendros, quelques-unes des idées fixes de Truffaut, avec, notamment, la présence, comme dans L’Enfant sauvage, d’un petit garçon sourd-muet qui sert de seul compagnon à Davenne (…)
Un film exigeant, dense, un peu halluciné et qui, sans doute, déroutera et déplaira. Un film pourtant très achevé. Et dont l’étrangeté maîtrisée est si personnelle, si sincère, qu’elle ne laissera pas le spectateur indemne.»  
Annie Copperman, 06/04/1978

L’Est Républicain
« [Truffaut] a le courage et l’anti-conformisme des grands poètes du cinéma. Il traite uniquement des sujets qui lui tiennent à cœur. Et le sujet de La Chambre verte (…) est loin d’être commercial, excitant ou dans le vent. Ce film sinistre et beau, incantatoire et insupportable, tout à la fois [sic] ; on peut même le trouver assez peu convaincant. Mais il réussit tout de même à forcer l’admiration et le respect. C’est un paradoxe.»
[S.N.], 16/04/1978 

L’Est Républicain
« [Truffaut] qui aime tant les anti-acteurs, tellement désincarnés qu’ils enrichissent un texte, présenté alors comme à l’état pur, réalise là une étonnante performance d’acteur. (…) À ses côtés, une révélation : [Nathalie Baye dans le rôle de Cécilia Mandel], d’une présence lumineuse, belle et mystérieuse comme un Modigliani.»
Denis Mougeot, 13/04/1978

Europe
« (…) La Chambre verte, film-fable qui emprunte ses thèmes et ses allégories à deux nouvelles de Henry James, est peut-être d’abord un autoportrait de François Truffaut, ou plus exactement sa manière de transcrire directement, en tant qu’auteur et interprète, ce qui lui tient le plus à cœur, de nous parler de la vie, de ce qu’elle a de précieux, de précaire, d’irremplaçable, en nous donnant la mort à voir comme une traversée du miroir des apparences et du temps (…)
Le film n’est en rien, au demeurant, une réflexion philosophique ou métaphysique sur la mort, mais une approche, une esquisse délicate de ce qu’elle signifie à la fois de concret et d’indicible, d’irrémédiable et d’immédiatement sensible. Paradoxalement, c’est par accumulation de l’invraisemblable que le cinéaste atteint une vraisemblance purement sensorielle et affective.»
[S.N.], 01/06/1978 

L’Express
« “Normalisant” la mort, [Truffaut] la représente comme il a si souvent et si bien représenté la vie. De même, la façon dont il joue le rôle de Davenne, avec gravité mais sans intensité dramatique, ne donne jamais le sentiment que le personnage s’adresse au spectateur d’un au-delà avec lequel il communiquerait (…) Qu’importe : Truffaut n’a peut-être pas absolument réussi, mais il a réalisé son film le plus ambitieux à ce jour.»
Patrick Thevenon, 11/04/1978 

Famille chrétienne
« À contre-courant d’un cinéma qui se veut de plus en plus réaliste, social et souvent politique, François Truffaut nous propose une histoire pure et intemporelle construite en forme de conte (…) 
La Chambre verte n’est sans doute pas le meilleur Truffaut, mais il est un élément utile et brillant d’une œuvre suivie et importante.»
François Duprat, 27/04/1978

Le Figaro
« Au moment où nous allions être définitivement captivés, nous cessons d’adhérer au propos. Notre déception, bien sûr, a pour cause la conception et l’écriture du film. Nous rêvions d’une libre échappée vers les zones inexplorées du conscient et de l’inconscient. Nous n’avons que la panoplie du parfait petit spirite accrochée au mur d’un arsenal du macabre.»
François Chalais, 08/04/1978

La France catholique
« (…) Dès le début de La Chambre verte, la mort est là (…) La mort est là constamment, et la passion du héros vise une morte, des morts. Très vite, cette passion tourne au fétichisme (…) 
Truffaut, l’intellectuel impénitent a le fétichisme de l’idée. De L’Enfant sauvage jusqu’à cette Chambre verte, la tendance de l’œuvre à ne traiter qu’une seule idée s’accentue. Truffaut y démontre surtout une absence de force et d’imagination.»
Pierre Dalby, 07/04/1978

France Nouvelle
« La Chambre verte est un film fantastique, plus exactement fantasmagorique. La Chambre verte, c’est un film où François Truffaut risque une réalisation de cette promesse qu’il confiait naguère, à savoir qu’un jour les films seraient aussi personnels “qu’un journal intime”(…)
La qualité de la photographie de Nestor Almendros contribue pour beaucoup encore au pouvoir imaginaire de ce film qui passe d’un ton presque documentaire au registre de l’invention pure, de l’onirisme assumé comme une attitude morale à l’écrasement par la banalité de la diction par Truffaut de son texte de toute possibilité d’identification illusoire pour le spectateur.»
Albert Cervoni, 17/04/1978

La Gazette de Lausanne
« À part une bonne direction d’acteurs, le film vaut surtout par le climat qui vous saisit dès le début, par un goût soigné du détail qui restitue chaque particularité de l’époque (…), enfin par une technique cinématographique qui cherche moins l’effet-choc que l’action en profondeur, dans la photo et dans la durée : ce qui permet vraiment de parler de calligraphie, tant le montage vous mène, subtilement, du début à la fin, et tant la photo témoigne d’un art original, spécifique au film.»
[S.N], 03/06/1978


L’Humanité
«  L’interprétation de Truffaut, “cassant le jeu” traditionnel du comédien pour conserver une certaine distance à l’égard du sujet — tout en l’enveloppant d’une dimension quasi intemporelle — nous renvoie aux accents bressoniens que suggère en même temps une mise en scène dépouillée à l’extrême, jouant avec les ombres d’une photographie remarquable de Nestor Almendros.»
François Maurin, 05/04/1978

L’Humanité Dimanche
« Film étrange, certes, bizarre plus exactement, entre le rêve et la réalité, le fantastique et les fantasmes des gens pour qui la mémoire est la nécessité de la vie. La Chambre verte n’est pas un film qui se “raconte”. C’est le film d’un auteur exceptionnel, personnel, très discret.»
Samuel Lachize, 07/04/1978

Le Journal de Genève
« Avec cette approche très personnelle et très particulière de la mort, La Chambre verte se révèle le pendant d’Adèle H. La manière qu’avait celle-ci de se consacrer à l’amour lui ressemble par son caractère absolu. Et une même solitude réunit les deux personnages.»
[S.N], 20/05/1978

Le Journal du Dimanche
« Tout le [film de Truffaut] est construit sur une musique sortie des tiroirs de Maurice Jaubert, compositeur français mort en 1940. Ces accords d’outre-tombe donnent à La Chambre verte sa seule émotion. Pour le reste, le froid nous saisit. Le mystère cette chambre verte est plus aisé à percer que celui de la chambre jaune. Il y a bien ici aussi un cadavre dans un lieu clos, mais la raison du décès est trop évidente. Dans le caveau où il s’est enfermé, le héros meurt d’asphyxie : le film et le spectateur aussi.»
[S.N], 09/04/1978

Libération
« Tout dans ce film est faux, figé, ennuyeux. Et par-dessus le marché, Truffaut n’a rien à dire (…) Avancement en âge, inquiétude de sa propre mort…Tout ceci ne vole pas plus haut que Les 400 coups pour rien ou que les Jules et Jim du théâtre de Boulevard. Ici, “on frôle le fantastique” prétend Truffaut : Non ! On le rate.»
G.R., 08/04/1978

La Libre Belgique
« Le récit est très dépouillé ; il a été ramené à ses arêtes vives où se dessine avec netteté l’évolution progressive des rapports entre deux personnages à la fois semblables et différents (…) 
Cependant, La Chambre verte est aussi, est surtout un film d’atmosphère qui s’élabore autour d’un petit nombre de motifs inlassablement repris, avec d’indispensables variantes.»
Théodore Louis, 20/04/1978 

Le Matin 
« Truffaut ne recourt à aucun flash back. Il ne cherche pas à représenter le passé par de fallacieuses images mentales. Il n’en montre que ses souvenirs matériels (…)
La Chambre verte (…) est un film parfaitement accompli, l’œuvre d’un auteur qui sait désormais quel registre il lui est accordé d’explorer (…) S’il est plus apte à peindre la passion telle que la vit le lecteur qui la voit représentée dans un livre qu’à nous la communiquer directement dans les emportements lyriques de sa folie, il n’en fait pas moins un cinéma d’une extrême richesse émotionnelle dont La Chambre verte demeurera sans aucun doute l’une des œuvres majeures.»
Michel Perez, 06/04/1978

Le Matin
« On voit bien dès lors comment le cinéaste se manifeste à travers son double. Le personnage n’est pas, il ne saurait être d’aucune façon son porte-parole. Mais il le devient à coups sûr, au fil des minutes, sa parole même devenue vivante (…) Nous approchons de ce quelque chose qui ne se dit que pour se contredire, qui ne se révèle que pour se cacher, qui ne se trouve que pour se perdre et pour se retrouver.»
Claude-Jean Philippe, 07/04/1978

Le Méridional
«  [La Chambre verte] balance entre plusieurs manières et c’est surtout pour cela sans doute que l’on n’est pas pris par l’histoire racontée. (…)
[La Chambre verte] est un film sur la force du souvenir, sur la nécessité ou la non-nécessité de l’oubli (…)
Mais il était bien difficile de captiver un public, de le passionner avec un sujet tel que celui du culte des morts.»
Roger Gaudin, 21/04/1978

Le Midi libre
« Depuis le premier jour, le premier film, il y a deux passions dans la vie créatrice de François Truffaut cinéaste. Non pas la femme, mais l’amour blessé que l’homme lui porte. Non pas l’enfant, mais l’enfance handicapée (…)
La Chambre verte (…) est sans doute ce qu’il a fait de plus fort et de plus inspiré depuis longtemps. La réussite esthétique y est conquise à chaque instant sur les plus grands risques. Un chef-d’œuvre de fidélité à soi-même et de volonté de dépassement.»
Jacques André, 20/04/1978

Le Monde
«  On n’oublie pas ce film. Sa gravité, son rythme de chant funèbre, sa musique intérieure, la beauté, la sérénité de ses images (…) La fragilité, la simplicité linéaire de l’intrigue (…) montrent bien dans quelles limites l’auteur a voulu inscrire son ouvrage. La Chambre verte n’est pas une réflexion sur la mort. C’est un film concret, presque prosaïque. Le récit d’une (singulière) expérience vécue. C’est en somme — et avant tout — l’histoire d’un amour fou.»
Jean de Baroncelli, 06/04/1978

La Nouvelle République
« François Truffaut a réalisé un film très pur, très beau, à la fois dépouillé et romantique au sens le plus fort.»
Béatrice Houchard, 21/04/1978

Les Nouvelles littéraires
« Dans La Chambre verte, l’image de Truffaut engendre même un malaise qui ne se dément qu’à de très rares (et brèves) exceptions. Il est figé, raide, il débite son texte mécaniquement. Plus grave, par son jeu (ou son non-jeu) il en vient à contredire sa mis en scène (…)
Dans L’Enfant sauvage, il était cependant plus et mieux qu’un interprète : son propre porte-parole, un commentateur en action. Et dans La Nuit américaine, Ferrand était un autre Truffaut, à la fois son double et son contraire. Réalisateur filmé filmant.»
Michel Boujut, 06/04/1978 

Les Nouvelles littéraires
[La Chambre verte] n’est ni un poème métaphysique, ni un chant de désespoir. Mais plutôt l’affirmation proustienne que notre vie se tisse d’expériences indissociables, de fils dont aucun jamais ne se rompt, si usés qu’ils puissent nous  paraître. C’est un film extrêmement émouvant et qui me semble être l’un des plus réussis de son auteur.»
Michel Perez, 06/04/1978

Le Nouvel Observateur
« Truffaut suit le développement de la démarche psychologique d’un personnage en quête d’un absolu qui n’a rien à voir avec une quelconque complaisance morbide. C’est l’absolu d’une fidélité totale, l’absolu d’un souvenir sans éclipse, l’absolu d’un amour ou d’amitiés sans intermittences du cœur (…)
Ce film envoûte. La sérénité du rythme, le choix des couleurs, les éclairages, le calme dans la conduite des comédiens nous entraînent au-delà de toute agitation. Le sujet lui tient-il à ce point au cœur ? Truffaut joue Davenne. Il utilise admirablement son propre visage.»
Jean-Louis Bory, 03/04/1978

Ouest France
« On retrouve ici le Truffaut metteur en scène et acteur sensible, écorché vif et pudique. Malheureusement, il parle encore d’une voix fausse (…) La présence d’un jeune sourd-muet (bizarre obsession) rend encore acceptable ce ton déphasé. Mais rien ne le justifie dans les autres séquences. À moins qu’il ne marque l’impuissance d’un malheureux à communiquer avec les vivants. On finit d’ailleurs par s’habituer à cette bizarrerie (…)
Un beau film inattendu et sans concession.»
Louise-Françoise Hervieu, 19/04/1978

Le Pèlerin
« Si Nathalie Baye éclaire de sa beauté et de son talent ce film crépusculaire, François Truffaut, en s’attribuant le rôle principal, a sans doute commis une lourde faute. Non qu’il soit mauvais acteur, mais, choisissant délibérément de parler d’une voix blanche, il crée entre le film et le spectateur un écran qui tue l’émotion, une émotion indispensable pour un film de cette nature !»
Claude Fachard, 14/05/1978

Paris Normandie
« Nathalie Baye, douce, tendre, jolie, émouvante, donne une très belle réplique à Truffaut, traduit dans une étonnante hébétude, jouant constamment à côté du personnage (…) Cette vision totalement « distanciée » confère au film une dimension qui le fait échapper à un réalisme trop primaire et du même coup à un surréalisme trop gratuit. Ici, on ne rêve jamais. On ne fait que s’égarer en soi-même.»
Roger Balavoine, 14/04/1978

La Petite quinzaine
« Ce qui manque le plus à La Chambre verte, c’est un rythme d’ensemble, une envolée générale, qui nous aurait fait davantage pénétrer dans cet univers curieux. On croirait que Truffaut a fait ce film un peu trop vite, sans prendre de recul, sans voir les défauts de son entreprise.»
Georges Cohen, 12/04/1978

Presse Océan
La Chambre verte n’est pas un film morbide. Il est une méditation sur la mort sans pour autant refléter la tristesse (…) C’est un jeu de glaces, de vitres, de fenêtres, d’entrebâillements de portes. Bref une invitation à regarder au-delà du miroir.»
A.P.D., 17/04/1978 

Le Quotidien de Paris
« Des Deux Anglaise et le continent à Adèle H., c’est l’amour [que Truffaut] débarrasse des modes, des préjugés de toute sa panoplie sentimentale pour l’isoler jusqu’à l’absurde (…), comme pour voir jusqu’où le sentiment peut survivre ainsi isolé (…) Dans La Chambre verte, il civilise la mort de manière à ce que la bonne compagnie soit celle des disparus, et que les vivants paraissent cloisonnés dans un climat rétréci, vain, fatal, jusqu’à la morbidité.»
Anne de Gasperi, 30/03/1978 

Le Quotidien de Paris
« Le paradoxe veut qu’à une démarche réaliste, à la limite d’une dramatique de télévision aux décors douteux, aux prises de vues assez peu crédibles, s’ajoute une démarche totalement onirique, dans la tradition des films expressionnistes de Lang, et dans la lignée de ce que le roman gothique anglais pourrait suggérer de flamboyant, au niveau du romantisme (...) Ce mélange détonnant de deux écritures, et de deux formes de sensibilité comporte d’autant plus de risques que La Chambre verte n’est pas facilement lisible pour les non-initiés.»
Henry Chapier, 05/04/1978

Réforme
« De ce film, dont on pouvait redouter les pires débordements, François Truffaut a tiré une œuvre sévère, baignée d’une lumière intérieure, témoignage de vie et d’humanisme chaleureux. Comme pour éviter tout effet, La Chambre verte est construite avec une rigueur de tous les instants.»
[S.N.], 22/04/1978

La Vie
« On ne croit pas à La Chambre verte. On reste sans cesse à l’extérieur de l’histoire et l’acteur principal, François Truffaut, ne fait rien pour arranger les choses. Ce rôle lui tenait à cœur, mais son ton monotone, distant, n’est pas convaincant du tout. L’excellente interprétation de Nathalie Baye et Jean Dasté ne parvient pas à sauver le film.»
Francis-Régis Barbry, 13/04/1978

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Ecran 78, n° 69, mai 1978

Consultation

Lieux de consultation du film et conditions d'accès :

  • La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre

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