L'Ouragan sur la montagne

Film

Julien Duvivier

Année de production :  1922

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 1922

Date de sortie en France :

  • 05/09/1922

Description

Résumé

Dans un grand hôtel des Alpes, un télégramme annonce que John Villard, un cambrioleur célèbre, pourrait bien s'y présenter. Une riche cliente russe, Olga Orloff, s'aperçoit de la disparition de son collier de perles, tandis que Violet Cooper, une jeune Américaine dont est amoureux Frédéric Aurélien, découvre le maître d'hôtel assassiné sous son lit. Les soupçons se portent sur Jacques Fourvières, tandis que l'inspecteur de police David, appelé par télégramme, arrive pour prendre la direction des recherches. Les vols se succèdent : la caisse de l'hôtel est dévalisée pendant la nuit ; Lord Barnett, un vieux célibataire, ne retrouve plus son portefeuille, et Bonarel, un jeune Français facétieux et incrédule, est lui-même victime d'un vol. On retrouve Fourvières assommé. Le matin suivant, on trouve un blessé sans connaissance devant l'hôtel. On apprend que c'est lui le véritable inspecteur David. L'imposteur s'enfuit, mais Bonarel le poursuit. Il le rejoint, ils se battent, et, au moment où Bonarel va succomber, la police arrive et tire mortellement sur Villard. Villard s'était emparé des papiers de l'inspecteur après l'avoir neutralisé dans un train. Le maître d'hôtel, profitant de la confusion, avait voulu piller les chambres des voyageurs. Témoin de la tentative de vol, Aurélien l'avait tué involontairement. Violet pourra épouser Aurélien.

Générique

Écriture :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Dans la presse

Panorama critique

Cinémagazine ouvre le bal, non sans indulgence : « Un film policier dont je ne déflorerai point l’histoire, mais dont l’intrigue mystérieuse passionnera sûrement tous les publics. La réalisation est parfaite : bonne photo, excellente mise en scène. Gaston Jacquet… y incarne avec maîtrise le rôle d’un policier. Citons aussi la remarquable interprétation de Charles Beuve, consciencieux artiste de théâtre, nouveau venu à l’écran - et celle de Lotte Lorring, charmante Miss Violet Cooper ». Cinéa est plus lapidaire et circonspect : « Le drame de M. Julien Duvivier intrigue le spectateur. Eclairage un peu timide ». Le cinéopse fait dans le convenu : « Une intrigue des mieux conduites qui passionne et tient en haleine, en même temps qu’elle soutient la curiosité, au milieu de décors admirables… Ce bon film français peut rivaliser avec n’importe quel chef-d’œuvre policier, et M. Duvivier, auteur et metteur en scène, doit aussi être félicité pour avoir si bien choisi ses artistes et ses personnages. Gaston Jacquet, que l’on peut comprendre dans la lignée de nos grands artistes, est ici particulièrement intéressant et Beuve très adroit ». Et c’est pour une fois dans la sage Cinématographie française qu’il faut chercher un peu d’excitation : « Voici l’action en plein mouvement, une action qui se précipite avec des coups inattendus, et qui laisse planer le mystère, cet inexplicable qui saisissent si fortement le cœur et l’imagination du spectateur. Il y a quelque chose dans L’ouragan sur la montagne du roman policier. Avec cette différence que le roman policier ne peut piquer la curiosité aussi fortement que le film. La sagacité du lecteur cherche bien à se faire une opinion en tenant compte, si l’on peut dire, de l’optique habituelle du roman ou du cinéma. Devant le film, quand il est construit aussi habilement… il voit, tandis que dans le roman on lui raconte. Le spectateur est directement intéressé. Il est comme s’il vivait lui-même l’aventure, s’identifie par exemple au détective, ou le contrecarre pour s’identifier à quelque autre des personnages qui a ses préférences… L’intrigue est admirablement machinée pour faire planer l’angoisse et le mystère… Placez cela dans un coin admirable de montagne ; que les paysages aient été choisis parmi ceux qui peuvent le mieux charmer et retenir les yeux, gagner le cœur par leur beauté saisissante. Vous devinez quelle belle réalisation on obtient. L’ouragan sur la montagne a vraiment soigné ses paysages pour obtenir le maximum de beauté avec le maximum d’action. C’est la vie ardente soutenue par la majesté de la nature… ». Moins exalté, Le cinéma et l’écho du cinéma réunis reste tout aussi satisfait : « Voici un film qu’on pourrait appeler “Fantaisie dramatique”. Il contient assez d’esprit et d’imagination pour cela. M. Julien Duvivier, qui n’en est pas à ses débuts, a déjà démontré ce qu’on peut faire avec un bon scénario et de bons artistes. Ici, il a pris à dessein un cadre pittoresque et quelque peu mystérieux : une montagne dentelée couverte d’arbres gigantesques et semée d’abîmes, et tout auprès un hôtel où le mystère, la crainte, le drame se donnent rendez-vous ». Ce à quoi souscrit Hebdo-Film, en entonnant (déjà) l’air du “loyal artisan” : « Il [Duvivier] nous a donné là une œuvre saine, bien imaginée, jouée par d’excellents comédiens, dont la réputation n’est plus à faire. Certes, Duvivier n’a pas voulu prétendre éclipser la gloire d’un Griffith, mais il a voulu prouver qu’avec des moyens limités, on peut quand même faire du bon travail en France [sic], à condition de s’en donner la peine… Il faut louer, dans ce film, l’habile technique de Julien Duvivier, qui a su choisir des extérieurs de toute beauté, qu’une très belle photo met en valeur. L’intérêt de l’œuvre est fort habilement gradué, et l’action ne languit pas une minute. D’heureux détails, tantôt gais, tantôt touchants, ajoutent encore à l’intérêt de ce film ».

(Yves Desrichard, 2001)

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : BOISSON (Marius). - L'ouragan sur la montagne. - Tallandier, 1923. - (Ciné-roman / Ciné-collection).
  • Périodique : Cinéa, n° 71-72, 22/09/1922.
  • Périodique : Ciné-journal, n° 681, 09/09/1922.
  • Périodique : Ciné-journal, n° 684, 30/09/1922.
  • Périodique : Cinémagazine, n° 38, 22/09/1922.
  • Périodique : Der Kinematograph, n° 825, 10/12/1922.
  • Périodique : Hebdo-film, n° 341, 09/09/1922.
  • Périodique : La cinématographie française, n° 201, 09/09/1922.
  • Périodique : La cinématographie française, n° 202, 16/09/1922.
  • Périodique : Le cinéma et l'Echo du cinéma réunis, n° 535, 08/09/1922.
  • Périodique : Le cinéopse, n° 38, 01/10/1922.
  • Périodique : Paimann's Filmlisten, n° 371, 18/05/1923.

Collections liées