Gummo nous entraîne dans une sorte d'univers parallèle, fantastique et parfois grotesque et d'autant plus angoissant qu'il est réel. C'est la marge pauvre d'une Amérique profonde où les caméras d'Hollywood ne se perdent jamais. Cette Amérique qui ignore le World Wide Web et le boom boursier, cette Amérique qui survit dans ces banlieues ressemblant à des villes fantômes où le temps semble arrêté. Harmony Korine aurait pu prendre le parti du documentaire, mais il a pris le pari et le risque de poser sur ces perdants de la société, un regard poétique, d'un artiste de sa génération.