Electre, le droit à la folie pour tous ou la vengeance en question
Film
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2001
Date de sortie en France :
- 27/06/2001
Description
Résumé
En filmant, en 1976, plusieurs cours donnés par Antoine Vitez au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique, Maria Koleva se constituait l'essentiel de la matière première de son futur travail de cinéaste. De ces quelques heures passées à côtoyer le maître, elle a réussi à amasser de quoi réaliser pas moins de douze films (douze leçons de théâtre). Celles-ci sont nécessairement de qualité tout à fait inégale. Toujours au coeur de ces différents documents : Vitez. Il était non seulement un remarquable directeur d'acteur doublé d'un fin pédagogue, mais aussi un artiste lucide tout autant qu'un citoyen clairvoyant et militant. Ces moments passés en sa compagnie ne peuvent donc qu'être plaisants et enrichissants. Hélas, contrairement à la plupart des autres leçons, à commencer par Antoine Vitez s'amuse avec Claudel et Brecht (leçons n°8 et 9, programme sorti en salle l'année dernière), Electre semble constitué en grande partie de "fonds de tiroir". La matière première théâtrale de cette leçon est plus technique, théorique, moins grisante intellectuellement que dans les précédents opus. Et puis, par exemple, la pellicule venant à manquer, la leçon se poursuit seulement en audio, soit sur fond noir avec "pensées" surimprimées, soit sur des images de sous-bois en automne ou de couchers de soleil sur la Seine ! Le résultat devient vite frustrant... On en vient à rêver de pouvoir savourer le document brut sans ces phrases reprises, écrites, lues par Koleva. La cinéaste bulgare, comme dans Paroles tues ou John, le dernier ouvrier sur Terre, tente de faire résonner ensemble réflexion socio-politique et clefs de l'expression artistique. Elle recherche à vue une écriture cinématographique originale. Koleva pense ainsi flirter du côté du poème cinématographique, mais son film est vraiment trop haché, décousu et fauché pour faire vibrer. Et puis, elle ne peut s'empêcher de vouloir émailler son essai de pensées (prétendument) profondes. Et là, le ton devient indigeste, didactique, voire prétentieux et fumeux. Même Vitez aurait presque parfois tendance à cabotiner... Le dernier quart d'heure, enfin, est presqu'exclusivement constitué de diapositives... Bref, si la démarche est plus que louable, et la personnalité même de Maria Koleva pour le moins singulière, le résultat n'est guère passionnant, restant au stade de l'intention.
Générique
Informations techniques
Métrage : Long