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Film

Lettre à Anna

Eric Bergkraut

Année de production :  2008

Pays de production : Suisse

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Date de sortie en France :

  • 18/11/2009

Société(s) de production :

Description

Résumé

Pendant des années, Anna Politkovskaïa, journaliste russe, pilier de la rédaction du courageux bihebdomadaire Novaïa Gazeta, fut à la tête du combat pour la vérité sur la guerre menée par le pouvoir russe en Tchétchénie, qui fit d'elle une véritable icône de la lutte contre les mesures liberticides de Poutine et pour la liberté de la presse. Combat qui mit sa vie et celle des siens en péril, ce qui la contraignit à s'exiler en Autriche en 2001. Victime d'une tentative d'assassinat en 2004 par empoisonnement - l'une des armes favorites des services poutiniens (qu'on se rappelle Litvinenko) -, elle en réchappa presque par miracle. Le 7 octobre 2006, le miracle ne se renouvela pas : plusieurs balles firent taire celle dont la voix exaspérait tant les oligarques du Kremlin, le jour même où Poutine faisait fêter dans les rues son 54e anniversaire... Anna, elle, avait 48 ans. Lettre à Anna est un hommage émouvant à cette combattante aussi pacifique que déterminée et à son courage. Un hommage parfois un peu maladroit, qui n'a pas la qualité formelle du Coca, la colombe de Tchétchénie que Bergkraut avait consacré en 2005 (cf. Annuel 2007) à l'action pour l'information et la vérité de la Tchétchène Zainap Gashayeva, alias "Coca", et où apparaissait souvent : le film est centré sur Anna, et Anna Politkovskaïa. Ici, c'est l'inverse rythmé par Coca, qui était devenue l'une de ses plus proches amies. On revoit d'ailleurs çà et là des images de Coca : les ruses pour filmer les exactions russes puis diffuser les cassettes clandestines, la parade indécente de Ramzan Kadyrov, homme-lige de Moscou et chef de milice sanguinaire, devenu depuis président de la Tchétchénie par la grâce de Poutine. Une séquence, presque insupportable, nous le montre, entouré de rustres courtisans, se goinfrer dans une cérémonie au mauvais goût et au luxe insolents. D'autres moments nous font sentir les périls encourus par Politkovskaïa et mieux comprendre les massacres systématiques qu'elle n'hésita pas à qualifier de génocide, et ce qui se passe encore en Tchétchénie bien que la guerre" y soit officiellement terminée. Son ex-mari, son fils Ilya, sa fille Vera, montrent combien la menace permanente sur son existence et la leur, et l'engagement total d'Anna furent durs à vivre pour eux (trop dur pour son mari). Mais "Je n'ai jamais dit non maman, n'y va pas !" déclare Vera... D. Muratov, rédacteur en chef sans cesse harcelé du Novaïa Gazeta, le souligne "Sa seule protection était son nom". Ce nom n'a pas suffi. Une parodie d'enquête écarta l'idée d'une quelconque participation russe au crime, un premier procès n'a rien donné. Et, depuis que ce film a été réalisé, un second procès a été ajourné. Lettre à Anna a reçu en 2008 le prix Vaclav Havel du Festival de documentaires sur les Droits de l'homme. "Il serait bon que ce film soit vu, notamment par les hommes politiques qui embrassent les hommes politiques russes, presque enivrés par l'odeur du gaz et du pétrole" déclara à cette occasion l'ancien président tchèque. Rêvons...

Générique

Réalisation :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 75

Couleur/NB : Couleur

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