Catherine Deneuve

Personnalité

Interprète, productrice : années 1950-2020

Nationalité :  France

Naissance :  22/10/1943 - France - Paris, Seine

Identité

Genre : femme

État civil :

  • Catherine Fabienne Dorléac

Fonctions : Acteur, Auteur, Préfacier, postfacier, Photographe, Auteur secondaire, Auteur primaire, Annotateur

Biographie

Carrière :

Cas à part du cinéma mondial, Catherine Deneuve n'a jamais quitté le haut de l'affiche en plus de cinquante ans de carrière, échappant au cliché de la jolie blonde glacée pour se glisser avec délices dans les univers contrastés des plus grands cinéastes (Truffaut, Polanski, Buñuel, Oliveira, Demy, Ferreri, Mocky, Garrel, Ozon, Téchiné…), se constituant ainsi un parcours aussi unique qu'impressionnant.
Catherine Deneuve débute dans Les Petits Chats (1959) de Jacques Villa. Elle s'exerce ensuite dans quelques comédies jusqu'à sa rencontre avec Roger Vadim qui la révèle sous un autre jour. Dans Le Vice et la vertu (1962), le réalisateur détourne la sage beauté blonde de Deneuve. En 1964, Jacques Demy lui offre une notoriété mondiale avec Les Parapluies de Cherbourg : cette comédie chantée recueille un succès international et une palme d'or au Festival de Cannes, et la carrière de l'actrice décolle. Catherine Deneuve enchaîne plusieurs comédies (Les Plus Belles Escroqueries du monde, 1963, de Claude Chabrol ; La Chasse à l'homme, 1964, d'Edouard Molinaro ; La Vie de château, 1965, de Jean-Paul Rappeneau). Elle retrouve Jacques Demy qui la fait jouer, chanter et danser au côté de sa sœur Françoise Dorléac dans Les Demoiselles de Rochefort (1967) : il y aura deux autres rencontres entre Demy et Deneuve, le conte Peau d'Âne (1970) et la comédie L'Evénement le plus important depuis que l'homme a marché sur la lune (1972), où elle donne la réplique à son compagnon de l'époque, Marcello Mastroianni, qui incarne le premier homme enceint. Dans des films étrangers, elle bouscule son image de beauté impassible et mélancolique et surprend dans des rôles subtils et complexes où on ne l'attend pas. Roman Polanski lui confie ainsi le rôle d'une manucure schizophrène dans Répulsion (1964). Luis Buñuel lui offre bientôt l'un de ses plus beaux rôles : elle incarne magnifiquement Séverine, une bourgeoise attirée par la débauche et la prostitution dans Belle de Jour (1967). Le même réalisateur la dirige dans la troublante Tristana (1970), où elle apparaît handicapée. Elle tient aussi le rôle principal, celui de Marie Vetsera, amoureuse de l'archiduc Rodolphe d'Autriche, dans la superproduction internationale Mayerling (1968), de Terence Young, avec Omar Sharif, James Mason et Ava Gardner. A ce succès populaire succèdent plusieurs échecs, notamment La Sirène du Mississipi (1969), première rencontre avec François Truffaut qui en fait une femme fatale manipulatrice face à un Jean-Paul Belmondo faible et amoureux. Femme brisée par la mort de sa petite fille dans Ça n'arrive qu'aux autres, (1971), de Nadine Trintignant, elle y forme un couple avec Marcello Mastroianni qu'on retrouve dans Liza, fable cruelle de Marco Ferreri où elle devient le chien de l'homme dont elle est amoureuse. Aussi à l'aise dans cinéma d'auteur exigeant que dans une comédie populaire comme Le Sauvage (Jean-Paul Rappeneau, 1975), dans l'univers de Claude Lelouch (Si c'était à refaire, 1976 ; A nous deux, 1979) ou chez Yves Robert (Courage, fuyons, 1979), Catherine Deneuve confirme aussi son statut de star internationale. Elle tourne tant en Italie (La Grande Bourgeoise, Mauro Bolognini, 1974 ; Âmes perdues, Dino Risi, 1976 ; Pourvu que ce soit une fille, Mario Monicelli, 1985) qu'à Hollywood (La Cité des dangers, Robert Aldrich, 1975) ou en Grande-Bretagne où, sous la direction de Tony Scott, elle est une vampire qui séduit aussi bien David Bowie que Susan Sarandon dans Les Prédateurs (1984). François Truffaut lui apporte son premier César avec Le Dernier Métro (1980) où elle joue une directrice de théâtre durant l'Occupation, au côté de Gérard Depardieu. André Téchiné l'engage pour Hôtel des Amériques (1981), entamant ainsi une collaboration privilégiée et féconde qui compte six films où, entre Le Lieu du crime (1986), Ma saison préférée (1993) ou Les Voleurs (1996), elle fait preuve d'une liberté de jeu stupéfiante. En parallèle, elle travaille pour les plus solides artisans du cinéma français (Alain Corneau, Claude Berri, Philippe de Broca, Francis Girod…), s'amuse à jouer avec son image chez Jean-Pierre Mocky (Agent trouble, 1987) et fait confiance à de jeunes cinéastes comme François Dupeyron pour Drôle d'endroit pour une rencontre (1987) ou Régis Wargnier. Dans Indochine (1992), celui-ci en fait l'inflexible patronne d'une plantation d'hévéas et filme la maturité d'une femme que ses cinquante ans n'ont pas déflorée. Le rôle de cette amoureuse passionnée lui vaut un second César et une nomination aux Oscars. Dirigée par les plus grands, Deneuve aiguise son talent dans plus de soixante-dix films et ne se lasse pas de provoquer les rencontres, que ce soit avec le maître portugais Manoel de Oliveira (Le Couvent, 1995 ; Je rentre à la maison, 2001) ; Un film parlé, 2003) ou avec des auteurs aussi singuliers que Leos Carax (Pola X, 1999) ou Philippe Garrel (Le Vent de la nuit, 1999). Admirative de son travail, elle écrit au Danois Lars von Trier pour lui proposer de travailler avec lui. C'est chose faite en 2000, où au côté de la chanteuse islandaise Björk, Catherine Deneuve est lumineuse en ouvrière d'usine dans Dancer in the Dark, film qui obtient la palme d'or au festival de Cannes. A l'abord du troisième millénaire, Catherine Deneuve reste une actrice très convoitée par des réalisateurs d'horizons très divers, jouant une héroïne proustienne dans Le Temps retrouvé (1999) de Raoul Ruiz (elle incarne Odette de Crécy), fascinant les autres stars des Huit femmes (2001) de François Ozon, régnant sur la famille de Un conte de Noël (2007) d'Arnaud Desplechin, tentant de comprendre la tragédie libanaise dans Je veux voir (2008) de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, se glissant à nouveau dans un univers de comédie musicale grâce aux Bien-aimés (2011) de Christophe Honoré… Faisant preuve d'un talent d'une grande richesse, Catherine Deneuve ne se limite pas à un seul style. Elle réussit à dépasser l'image de femme fatale, élégante et raffinée qu'on lui a si souvent accolée, et, bien qu'elle soit très appréciée dans les films "en costumes", notamment pour incarner les rôles de reine, princesse ou grande dame de la bourgeoisie, elle n'hésite pas non-plus à s'en moquer comme dans Palais Royal ! (2005), de Valérie Lemercier, où elle est une irrésistible souveraine d'opérette, ou dans Astérix et Obélix : au service de Sa Majesté (2012) de Laurent Tirard, où elle est une improbable reine d'Angleterre. La comédie est d'ailleurs un registre où elle est très à l'aise comme le rappellent nombre de ses succès, parmi lesquels Potiche (2010) de François Ozon. Toujours au sommet, Catherine Deneuve poursuit depuis 2012 une carrière d’une rare intensité, continuant de surprendre par ses choix et la modernité de son jeu. Elle s’illustre dans la comédie Elle s’en va (2012) d’Emmanuelle Bercot, où elle campe une femme en fuite, à la fois fragile et libre, rôle qui lui vaut une nomination au César. Elle enchaîne avec La Tête haute (2014), toujours sous la direction de Bercot, où elle incarne une juge pour enfants, confirmant sa capacité à s’emparer de personnages contemporains, ancrés dans le réel. Deneuve ne cesse de se renouveler, passant de la comédie grinçante L’Homme qu’on aimait trop (2013) d’André Téchiné, où elle retrouve son réalisateur fétiche, à la fantaisie décalée de Le Tout Nouveau Testament (2014) de Jaco Van Dormael. Elle s’illustre dans Bonne Pomme (Florence Quentin, 2016) aux côtés de Gérard Depardieu, retrouvant une complicité savoureuse. En 2017, elle est à l’affiche de La Dernière folie de Claire Darling de Julie Bertuccelli, puis bouleverse dans Fête de famille (2018) de Cédric Kahn, où elle campe une matriarche complexe. Sa présence illumine Terrible Jungle (2019) de Hugo Benamozig et David Caviglioli, puis De son vivant (id.) d’Emmanuelle Bercot, où elle joue une mère confrontée à la maladie de son fils, un rôle d’une justesse bouleversante. Deneuve s’illustre également dans Bernadette (2023) de Léa Domenach, où elle prête ses traits à Bernadette Chirac avec une ironie mordante et un sens du burlesque inattendu, prouvant une fois de plus son goût pour l’autodérision et la comédie. En 2024, elle apparaît dans Marcello Mio de Christophe Honoré, renouant avec l’univers du cinéaste et explorant, avec humour et mélancolie, la mémoire du cinéma européen. Toujours aussi exigeante dans ses choix, Catherine Deneuve continue d’incarner, film après film, la vitalité et l’audace du cinéma français, sans jamais se répéter, fidèle à son parcours unique et à sa liberté d’artiste.

Autres activités :

Catherine Deneuve enregistre plusieurs disques. Elle a notamment chanté Dieu est un fumeur de havanes , de et avec Serge Gainsbourg, Paris, Paris et N'oubliez jamais avec Joe Cocker. Si elle n'a jamais fait de théâtre, elle est apparue dans quelques téléfilms, incarnant Mme de Merteuil dans Les Liaisons dangereuses (2003) de Josée Dayan, ou la pionnière de la psychanalyse Marie Bonaparte dans Princesse Marie (2003) de Benoît Jacquot. Elle apparaît aussi dans un épisode de la série américaine Nip/Tuck (2006).

Filmographie

Courts métrages

Acteur

Longs métrages

Acteur

Récompenses et nominations

  • 2016 - Prix pour l'ensemble de la carrière - Festival du Film (Lyon) - Obtenu
  • 2013 - Prix pour l'ensemble de la carrière - EFA - European Film Awards - Obtenu
  • 2008 - Prix spécial du jury - Festival International du Film (Cannes) - Obtenu
  • 2006 - Prix pour l'ensemble de la carrière - Bangkok International Film Festival - Obtenu
  • 1998 - Meilleure interprétation féminine - Mostra Internazionale d'Arte Cinematografica (Venezia) - Place Vendôme - Obtenu
  • 1998 - Prix pour l'ensemble de l'oeuvre - Internationale Filmfestspiele (Berlin) - Obtenu
  • 1995 - Prix pour l'ensemble de l'oeuvre - Festival International de Cinéma (San Sebastian) - Obtenu
  • 1993 - Meilleure interprétation féminine - César du Cinéma Français - Indochine - Obtenu
  • 1981 - Meilleure interprétation féminine - César du Cinéma Français - Le dernier métro - Obtenu

Collections liées