3 X 3D

Film

Jean-Luc Godard , Peter Greenaway , Edgar Pêra

Année de production :  2012

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2014

Date de sortie en France :

  • 30/04/2014

Description

Résumé

En 2012, la ville portugaise de Guimarães, forte de ses 2000 ans d'histoire et de son statut de "capitale européenne de la culture", laisse carte blanche à Peter Greenaway, Jean-Luc Godard et Edgar Pêra pour qu'ils réalisent chacun un court métrage en 3D. Dans le premier, Just in Time, Greenaway traverse le coeur historique de la ville, ressuscite sa gloire passée, convoque la cour du premier roi du Portugal, donne des dates clés et distille anecdotes et légendes. Avec Les Trois désastres, Godard propose ensuite une relecture personnelle - ironique et désenchantée - de l'histoire du cinéma et des techniques. Agrégeant des fragments de films, il s'interroge sur le devenir de l'image et de l'histoire, fustigeant l'invention de la perspective ("péché originel de la peinture occidentale"), moquant l'effet de réel de la 3D (rappelant que Raoul Walsh et John Ford, géniaux cinéastes borgnes, ne voyaient pas en relief) et scellant le sort de l'humanité à l'heure du numérique ("L'écriture était un besoin, l'imprimerie n'était plus qu'une jouissance, le numérique sera une dictature"). Quant à Pêra, figure du cinéma expérimental portugais quasi inconnu en France, il filme, avec Cinesapiens, des spectateurs assistant à une projection en 3D et dénonce la passivité croissante du public. Forcément disparates, les trois segments de 3x3D témoignent à chaque fois d'une vision singulière de la 3D mais peinent douloureusement à former un tout cohérent, les trois cinéastes n'ouvrant aucune possibilité de dialogue les uns avec les autres. Il faudra se contenter, pour le spectateur, de piocher ici et là une idée, une forme, une proposition. Si, à leur manière, Wim Wenders (avec Pina) et Werner Herzog (avec La Grotte des rêves perdus) avaient déjà prouvé que la 3D n'était pas réservée aux seuls blockbusters, ils n'en étaient pas moins restés à un emploi spectaculaire de la technique, utilisant ses effets de profondeur et de relief. Là, le pari - réussi - de Greenaway et de Godard consiste à considérer cette troisième dimension comme un complément d'information et de réflexion, un supplément d'âme en quelque sorte. Jouant de surimpressions et de transparences, leurs films mêlent textes et images et esquissent ce que la 3D pourrait apporter au langage cinématographique dès lors qu'elle ne se résumerait pas à une simple séduction tape-à-l'oeil. Just in Time, avec ses reconstitutions historiques, a parfois des airs de film de musée didactique, mais Greenaway parvient à y déployer une narration fluide et à y composer des images proprement bluffantes (une cathédrale scintillante, un Ave Maria dont les paroles s'inscrivent le long des murs). Quant à Godard, il réactualise avec force Histoire(s) du cinéma et apporte un magnifique complément à Adieu au langage, également tourné en 3D. ì eux seuls, leurs courts métrages font de 3x3D une curiosité, même s'ils souffrent de leur statut de films de commande - une simple récréation plutôt qu'une véritable création. En comparaison, l'interminable segment de Pêra, parodie bouffonne et hystérique du mythe de la caverne de Platon, visuellement criarde, n'en apparaît que plus insupportable. _C.L.

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 62

Couleur/NB : Couleur

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