Peter Greenaway

Personnalité

Réalisateur, scénariste, monteur... : années 1960-2020

Nationalité :  Royaume-Uni

Naissance :  05/04/1942 - Royaume-Uni - Newport, Monmouthshire, Pays de Galles

Identité

Genre : homme

Fonctions : Réalisateur, Scénariste, Monteur, Auteur du commentaire, Producteur, Cadreur/Opérateur, Directeur de la photographie/Chef opérateur, Ingénieur du son, Dessinateur, Auteur, Annotateur

Biographie

Formation :

Après des études artistiques, Peter Greenaway travaille à ses débuts comme monteur pour l'Office central d'information britannique. En 1966, il réalise ses premiers courts métrages expérimentaux : Train , Tree , Revolution (1967).

Carrière :

Peter Greenaway, cinéaste britannique à l’esthétique rigoureuse et au maniérisme visuel affirmé, s’est imposé comme une figure majeure du cinéma d’auteur avec une œuvre fondée sur des recherches narratives et picturales poussées. Son approche exigeante et souvent expérimentale en fait un créateur incontournable des dialogues entre art et cinéma.
La durée de ses films s'allonge pour arriver en 1980 à son premier long métrage, The Falls, faux documentaire expérimental d'anticipation composé de 92 fragments. En 1982, il réalise Meurtre dans un jardin anglais, étrange comédie de mœurs située au XVIIè siècle, qui le fait connaître auprès des cinéphiles du monde entier. Dès lors, il devient un des chefs de file du renouveau du cinéma britannique. Meurtre dans un jardin anglais donne une idée juste du style à venir de Peter Greenaway : un éclairage très soigné, l'exigence d'une esthétique élevée dans le cadre, une grande originalité des plans en extérieur (couleurs contrastées, absence de gros plans sur les personnages), une utilisation très pointue de la musique répétitive et envoûtante de Michael Nyman et un montage complexe, à la limite du cinéma expérimental. Il écrit lui-même les scénarios qu'il porte à l'écran (Greenaway est, en dehors de ses activités de cinéaste, un écrivain confirmé), ce qui explique son exigence envers les récits qu'il met en scène. D'autre part, ses aptitudes pour la peinture expliquent son sens poussé de l'esthétique et des compositions picturales dont ses histoires sont gorgées de manière très référentielle (Vermeer, Rembrandt, etc.). Les films suivants confirment la tendance de Greenaway aux recherches narratives et visuelles poussées à l'extrême, quitte à s'éloigner de plus en plus du large public qui a fait le succès de Meurtre dans un jardin anglais. Sa quête systématique de l'esthétique finit par déplaire et ses scénarios tendent plus vers le fantasme que vers le récit traditionnel.
Cinéaste obsessionnel, Peter Greenaway construit ses films autour d'un thème unique : la gémellité dans Zoo (1987), les grands travaux dans Le Ventre de l'architecte (1987), les mathématiques dans Drowning by Numbers (1988). Le traitement de ses films fait de lui un représentant éminent du maniérisme cinématographique. Il réussit cependant à sortir de ce registre avec Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant (1989), récit labyrinthique (comme souvent chez lui) à la fois intellectuel et trivial, entre nourriture, sexe, désir, vengeance et mort, où il donne son avis sur la société consumériste et le libéralisme thatchérien. Pour Prospero's Books (1991), adaptation audacieuse de La Tempête de William Shakespeare, il s'amuse de l'esthétisme baroque et use de la présence dans le rôle-titre (celui du duc de Milan exilé dans une île et utilisant la magie pour se venger) du très shakespearien John Gielgud. Le baroque et le théâtre, avec leurs couleurs rouge et or outrées, est aussi le cadre de The Baby of Mâcon (1993), fable historique et grinçante. Quittant la culture occidentale pour se plonger dans l'art japonais de la calligraphie, Greenaway signe ensuite The Pillow Book (1996) où son formalisme habituel s'exprime par l'utilisation des techniques les plus modernes de l'image - split-screen, surimpressions, incrustations vidéo, textes défilant sur l'image... - afin de raconter cette histoire d'une jeune Japonaise écrivant des livres sur le corps même de ses amants. Clin d'oeil au 8 1/2 de Federico Fellini, 8 femmes 1/2 (1999) est l'histoire d'un fils qui, pour satisfaire son père, recrée dans le manoir familial une sorte de maison close de luxe, et bénéficie à son tour d'un dispositif narratif singulier, avec ses cinq actes, ses tableaux vivants, ses stéréotypes féminins et son écran appartenant pour moitié au père et pour moitié au fils. Abandonnant pour quelques années le cadre du cinéma "traditionnel", Peter Greenaway revendique pleinement son appartenance à la recherche visuelle et à l'art expérimental avec son projet suivant, appelé à se décliner de manière multimédia : The Tulse Lupper Suitcases (2003-2004) est ainsi un ensemble composé autour des 92 valises d'un certain Tulse Luper, écrivain voyageur et témoin du XXè siècle ayant disséminé ces bagages à travers le monde. Ce cycle comporte quatre films vidéo (dont le premier, The Tulse Luper Suitcases Part 1 : The Moab Story fut présenté à Cannes en sélection officielle), un site internet, un jeu vidéo, deux livres et le matériau d'une exposition. Avec La Ronde de nuit (2007), le cinéaste renoue avec sa fascination pour la peinture, centrant ce film sur la figure de Rembrandt peignant son fameux tableau, tout en développant un puzzle complexe autour de ce motif. Il utilise à nouveau sa connaissance de l'histoire de l'art (son héros est un peintre et graveur hollandais du XVIè siècle) et la mêle à son goût pour le corps et l'érotisme dans Goltzius and the Pelican Company (2012). Il participe ensuite au film collectif 3X3D (2013) dont il signe un des segments, les autres étant réalisés par Jean-Luc Godard et Edgar Pêra. En 2014, il réalise Que viva Eisenstein !, un film mêlant fiction et documentaire qui revisite les derniers jours du cinéaste soviétique Sergei Eisenstein à Mexico, avec à nouveau un travail précis sur la composition formelle et une réflexion sur la création artistique et politique. En 2016, Greenaway présente Walking to Paris, une œuvre alliant film, livre et installation multimédia, retraçant le voyage d’un jeune artiste du XIXe siècle à travers l’Europe, reflet de sa fascination permanente pour l’art et l’histoire. Ce projet témoigne de son goût pour les formes hybrides et la narration éclatée, prolongeant son intérêt pour les cycles et récits fragments déjà présents dans The Falls. Greenaway poursuit ses travaux sur l’image en mouvement au travers d’expositions et projets numériques mêlant vidéo, photographie et son, soulignant toujours sa position à la croisée du cinéma d’auteur et de l’art contemporain.

Autres activités :

Peter Grennaway est l'auteur de nombreux romans. Il écrit aussi des livrets d'opéra et est également peintre et artiste multimédia, multipliant expositions, installations, performances... de toute nature (vidéo, musique...) dans les plus grandes institutions culturelles.

Filmographie

Courts métrages

Cadreur/Opérateur

Monteur

Producteur

Auteur du commentaire

Directeur de la photographie/Chef opérateur

Ingénieur du son

Dessinateur

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Karine Saporta, Peter Greenaway : roman photo / Bérénice Reynaud ; Hélène Cixous ; Daniel Dobbels.- Paris : Armand Colin, 1990.
  • Ouvrage : Paper = papiers / Peter Greenaway.- Paris : Dis voir, 1990.
  • Ouvrage : Take ten : contemporary British film directors / Jonathan Hacker ; David Price.- Oxford : Clarendon Press, 1991.
  • Périodique : Avant-Scène du Cinéma n° 333, octobre 1984
  • Périodique : Avant-Scène du Cinéma n° 338, mars 1985
  • Périodique : Avant-Scène du Cinéma n° 417/418, décembre 1992
  • Périodique : Cahiers du Cinéma n° 397, juin 1987
  • Périodique : Cinéaste vol. 18 n° 3, 1991
  • Périodique : Cinéma Papers n° 78, mars 1990
  • Périodique : CinémaAction n° 75, 1995
  • Périodique : Cinématographe n° 98, mars 1984
  • Périodique : Films and Filming n° 420, octobre 1989
  • Périodique : Monthly Film Bulletin vol. 52 n° 623, décembre 1985
  • Périodique : Positif n° 276, février 1984
  • Périodique : Positif n° 302, avril 1986
  • Périodique : Positif n° 363, mai 1991
  • Périodique : Positif n° 368, octobre 1991
  • Périodique : Positif n° 395, janvier 1994
  • Périodique : Positif n° 431, janvier 1997
  • Périodique : Revue du Cinéma/Image et Son n° 475, octobre 1991
  • Périodique : Sight and Sound vol. 48 n° 2, été 1979
  • Périodique : Sight and Sound vol. 51 n° 1, été 1981/82
  • Périodique : Sight and Sound, supp. mai 1996
  • Périodique : Sreen International n° 529, 4 janvier 1986
  • Site Internet : Greenaway Peter
  • Site Internet : Peter Greenaway

Récompenses et nominations

  • 1989 - Meilleur réalisateur - Festival Internacional de Cinema de Catalunya (Sitges) - Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant. - Obtenu