Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2009
Date de sortie en France :
- 28/03/2009
Description
Résumé
?Au départ ce devait être un film réalisé par Wim Wenders avec Pina Bausch. Et puis c'est devenu un film de Wim Wenders "pour" Pina Bausch. En effet, la chorégraphe est morte brutalement, quelques jours avant le début du tournage. Après avoir pensé à renoncer, le cinéaste, poussé et soutenu par les danseurs de la troupe, a finalement maintenu le projet du film. Celui-ci est donc inévitablement autre, mais plusieurs éléments sont restés : le choix de quelques ballets, et surtout celui d'utiliser la technologie 3D. ì l'arrivée, il y a en quelque sorte deux films dans Pina. D'un côté, c'est un film sur Pina Bausch (ou en tout cas sur son travail) ; de l'autre, c'est un film documentaire en 3D réalisé par Wim Wenders. D'un côté, c'est un hommage, sincère, direct, à fleur de peau. De l'autre, c'est une expérience formelle. Mais avant toute chose il faut dire - et c'est la première grande qualité que l'on peut reconnaître à l'ensemble - que les deux films coexistent parfaitement. Mieux, ils se servent l'un l'autre : les chorégraphies de Pina fournissent un sujet totalement adapté pour cette expérience d'un regard "auteur" sur le relief ; et en retour la 3D, utilisée de façon judicieuse, donne véritablement (osons le premier degré !) une dimension supplémentaire à la captation des ballets. Techniquement, qu'apporte à la 3D le regard d'une figure du cinéma d'auteur ayant quarante ans de carrière derrière lui ? En premier lieu le fait que l'expérience soit tentée dans un réel esprit de découverte, de compréhension de l'outil. En effet, la question de la 3D, ici, n'est pas posée en termes de spectaculaire mais en termes d'émotion. Wenders prend acte de ce qu'est la 3D aujourd'hui, identifie ses points forts (l'effet de proximité, le rendu des profondeurs de champ) et s'efforce d'en jouer. Et souvent il obtient de vrais résultats. Dans certaines séquences, par exemple, il fait un usage assez frappant du gros plan. Il nous trouble aussi en utilisant les fonds plats, les matières vaporeuses, ou en nous rapprochant des corps... Même lorsqu'il insère de brèves images d'archives, le cinéaste a l'intelligence de ne pas oublier qu'il fait un film en relief : il les projette donc sur un écran imaginaire, avec un effet de profondeur. En revanche, il y a aussi des essais moins convaincants. Notamment lorsqu'il cadre large, pour rendre compte de mouvements collectifs, on sent que la technique ne suit pas. Ou en tout cas nos yeux, eux, ne suivent pas. Ensuite, considéré simplement en tant que documentaire, Pina est un film sobre et touchant, qui ne s'embarrasse quasiment d'aucune explication, d'aucun récit, d'aucun commentaire (à l'exception de quelques brefs témoignages, le film laisse toute la place à la danse, filmée sur scène ou dans la ville). Un film qui se met entièrement au service de son sujet, avec talent et humilité.
Générique
Informations techniques
Métrage : Court
Durée d'origine : 15