Aurore Clément

Interprète : années 1970-2020

Nationalité :  France

Naissance :  12/10/1945 - France - Soissons, Aisne

Personnalité

Identité

Genre : femme

État civil :

  • Marie-Thérèse Aurore Louise Clément

Fonctions : Acteur

Biographie

Formation :

A la mort de son père en 1962, Aurore Clément, née dans un milieu agricole modeste (elle travaille à l'usine), gagne Paris où, elle commence une carrière de mannequin.

Carrière :

Actrice à la silhouette diaphane et au jeu subtil, Aurore Clément s’est imposée comme une figure incontournable du cinéma d’auteur européen, traversant les époques et les genres avec élégance – de Lacombe Lucien à Apocalypse Now Redux, en passant par Paris, Texas.
Aurore Clément fait ses débuts au cinéma dans Lacombe Lucien (1973) de Louis Malle qui la remarque, sans maquillage, en une du magazine Elle. La critique est dithyrambique envers son interprétation d'une jeune juive amoureuse d'un adolescent collabo. Inconnue jusqu'alors, la jeune actrice décide d'apprendre son nouveau métier au moyen de petits rôles. Son élégance diaphane est rapidement repérée par les cinéastes italiens, et elle entame avec Caro Michele (1976) de Mario Monicelli une carrière régulière dans la péninsule, tournant avec Giuliano Montaldo (L'agnese va a morire, 1976), Dino Risi (Cher Papa, 1979), Elio Petri (Buone notizie, 1979), Mario Monicelli (Voyage avec Anita, 1979 ; Mosca addio, 1987 ; Facciamo paradiso, 1995) ou Pupi Avati (Festa di laurea, 1985). Repérée dans Lacombe Lucien par Francis Ford Coppola, elle est engagée par le cinéaste pour tenir le rôle d'une jeune veuve française dans Apocalypse now (1979) mais ses scènes sont coupées au montage et ne seront rétablies qu'en 2001 dans la version souhaitée par le réalisateur, Apocalypse Now Redux. Cette incursion ratée dans le cinéma américain n'est pourtant pas neutre dans la vie d'Aurore Clément puisque, sur le tournage, elle rencontre le chef opérateur Dean Tavoularis qu'elle épouse, et s'installe aux Etats-Unis. Cinq ans plus tard, elle participe à une autre Palme d'or cannoise, Paris, Texas de Wim Wenders, où elle incarne l'épouse de Dean Stockwell. Elle revient souvent en Europe pour tourner avec Yves Boisset (Le juge Fayard dit le Shériff, 1976), avec Pierre Schoendoerffer (Le crabe-tambour, 1977) mais aussi Chantal Akerman (Les rendez-vous d'Anna, 1978). Elle devient une interprète régulière de son univers exigeant, apparaissant dans Toute une nuit (1982), La Captive (2000) et, en mère envahissante, Demain on déménage (2004). Elle s'épanouit dans le cinéma d'auteur, et joue dans L'invitation au voyage (1982) de Peter del Monte, Le Sud (1983) de Victor Erice, ou Le Livre de Marie (1984) d'Anne-Marie Miéville : elle retrouvera la compagne de Jean-Luc Godard en 1997 pour Nous sommes tous encore ici. Elle intègre aussi le cinéma à la fois auteuriste et populaire de Claude Chabrol avec Les fantômes du chapelier (1982). Cette rencontre aussi aura une suite puisqu'elle jouera la mère presque incestueuse de Benoît Magimel dans La Demoiselle d'honneur (2004). Aurore Clément est aussi à l'aise dans des rôles dramatiques que dans des interprétations plus légères et, au fil des années, elle passe avec aisance des films sulfureux de Serge Gainsbourg (Stan the flasher, 1989) ou de Bertrand Blier (Mon homme, 1997) aux comédies à gros budget (Jet set, de Fabien Onteniente, 2000 ; Tanguy, d'Etienne Chatiliez, 2001), de la radicalité de Claire Denis (Trouble every day) aux fresques en costumes (Bon voyage, de Jean-Paul Rappeneau, 2003). En 1998, elle apparaît dans A vendre de Laetitia Masson, et devient une figure habituelle de la cinéaste. Elle participe ainsi à Love me (2000) et La Repentie (2002) et au téléfilm Petite fille (2011). Même si ses rôles sont depuis longtemps des rôles de second plan, la comédienne est toujours remarquée dans ses nombreuses apparitions, que ce soit en mère d'une disparue dans Une affaire privée (Guillaume Nicloux, 2002), en institutrice dans le bouleversant Adieu d'Arnaud Des Pallières (2003), en duchesse de Chartres du très mode Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006), en mère du héros de l'étrange De la guerre de Bertrand Bonello (2008), ou en riche voisine du protagoniste de Des vents contraires (Jalil Lespert, 2011). En 2012, elle incarne une mère discrète dans Cornouaille (2011) d’Anne Le Ny. La même année, elle prête son élégance distante à Suzanne dans Rondo (2009) d’Olivier Van Malderghem, aux côtés de Jonathan Zaccaï. En 2013, elle joue Liz, la mère de Laura, dans Une nouvelle amie de François Ozon, explorant les thématiques du genre et du deuil. L’année suivante, elle campe Mireille, figure matriarcale énigmatique, dans A Bigger Splash de Luca Guadagnino, aux côtés de Tilda Swinton. En 2016, elle apparaît dans Barbara de Mathieu Amalric en mère de la chanteuse.  Se faisant rare sur les écrans, elle double cependant la voix Tilda Swinton pour le second film d’animation de Wes Anderson L’Ile aux chiens (2017) avant d’interpréter Aurore Armanville dans Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part d’Arnaud Viard (2018). Après un second rôle au côté de Gerard Depardieu dans Maigret (Patrice Leconte, 2021), elle incarne Françoise Lagache dans La Vie pour de vrai de Valérie Donzelli en 2023.

Autres activités :

Extrêmement active à la télévision, Aurore Clément a tourné de nombreux téléfilms (Deux amies d'enfance de Nina Companeez, 1983 ; Les Diaboliques de Pierre Koralnick, Pierre et Jean de Daniel Janneau, 2004 ; Divine Emilie d'Arnaud Sélignac, 2007 ; Miroir mon beau miroir de Siegrid Alnoy, 2012...). Elle a aussi participé à des épisodes de multiples séries (Bonjour maître , Maigret , Ferbac , Louis la brocante ...), et tenu des rôles récurrent dans plusieurs autres séries (Les Alsaciens ou les deux Mathilde de Michel Favart, 1996 ; Zodiaque de Claude-Michel Rome, 2004 ; etc.). Assez rare au théâtre, elle a pourtant interprété en 1996 Marguerite Duras sous la direction de Tatiana Vialle (Les Eaux et forêts ), Oscar Wilde mis en scène par Adrian Brine en 1998 (Un mari idéal ) ou Alexandre Dumas fils revu par René de Ceccatty et dirigé par Alfredo Arias en 2000 (La Dame aux camélias ), pièce qui lui a valu une nomination aux Molières.

Filmographie

Courts métrages

Longs métrages

Acteur

Bibliographie éditoriale

  • Périodique : Ciné-Revue, vol. 62, n° 22, mai 1982
  • Périodique : Positif, n° 300, février 1986
  • Périodique : Revue du Cinéma (La) / Image et Son, n° 397, septembre 1984
  • Périodique : Télérama, n° 2462, 19 mars 1997

Liens familiaux

Marié(e) à :

Ressources média

Collections liées