Zonda : Folclore argentino

Film

Argentina

Carlos Saura

Année de production :  2014

Pays de production : Argentine

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Date de sortie en France :

  • 30/12/2015

Description

Résumé

Réalisateur espagnol prolifique, reconnu sur la scène internationale (double Prix Spécial du Jury au festival de Cannes, en 1974 et 1976, pour La Cousine Angélique et Cría Cuervos), Carlos Saura accorde à la danse une place toute particulière au sein de sa filmographie. Dès 1983, Carmen mettait en scène un groupe de danseurs flamenco ; en 1992, Sevillianas mêlait aux danses flamenco les Sévillanes ; Flamenco dressait en 1995 l'histoire de cette danse alors que Flamenco, flamenco figurait, quinze ans plus tard, sa scène contemporaine. Carlos Saura décide, avec Argentina, d'adopter un dispositif similaire à celui de Flamenco, flamenco : une suite de tableaux chantés et dansés. Le parti pris est minimaliste : les scènes sont tournées sur des fonds amovibles de couleurs primaires, sur lesquels sont projetées des images fixes ou des vidéos, le décor se résumant, la majeure partie du temps, à une poignée d'éléments. L'intention du cinéaste est de focaliser l'attention sur les corps et les voix. La maîtrise technique et formelle est, certes, incontestable : dans les premières séquences, le spectateur est saisi par cette alchimie de voix, de couleurs et de gestes, la caméra captant au plus près les chorégraphies. La virtuosité des musiciens est elle aussi mise à l'honneur, comme le montre, par exemple, l'interprétation de En el fondo del mal par Gabo Ferro (chant) et Luciana Jury (guitare). Les interprètes ne sont pas en reste, le film permettant de (re)découvrir El Chaqueno Palavecino, monument du folk argentin, ou encore les chanteuses Soldedas Pastoruti et Liliana Herrero. Un hommage est également rendu au poète et chanteur Atahualpa Yupanqui, auteur de nombreuses milongas et chacareras... Cependant, en l'absence de fil conducteur, l'argument de départ - "proposer une nouvelle vision" des danses et chants folkloriques argentins tels que la tonada, la copla ou encore la zamba - ne tarde pas à prendre une forme trop confuse : les tableaux se dévoilent chacun leur tour, les transitions semblent forcées, et le spectateur novice est très vite perdu. Alors même que le film ambitionnait de dérouler "une carte musicale" de l'Argentine, le dispositif s'enferme dans la répétition, et le "voyage", étouffé par cette mise en scène en huis clos, ne conduit pas, comme promis, l'imaginaire et la sensibilité vers d'autres horizons. On pourra déplorer, par ailleurs, le traitement de la dimension historique (même s'il semble que ce soit un choix de Saura de ne pas la placer au coeur du projet) : les images d'archives qui, projetées derrière les danseurs, apparaissant ponctuellement, sont cantonnées à des éléments de décors, créant une frustration pour le spectateur qui voudrait en apprendre davantage. L'hommage à Mercedes Sosa, figure majeure de la chanson argentine, est également problématique : le réalisateur choisit de filmer une reconstitution de salle de classe où se tiennent sagement assis des écoliers, hochant quelquefois la tête, comme forcés à écouter les chants. La dernière séquence permet cependant d'apprécier les nouveaux courants inspirés par les traditions folkloriques, à travers les impressionnantes chorégraphies du Ballet Nuevo Arte Nativo.

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 87

Couleur/NB : Couleur

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