Return to Reason: Four Films by Man Ray

Film

Retour à la raison

Emmanuel Radnitsky

Année de production :  2023

Pays de production : Etats-Unis

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Date de sortie en France :

  • 13/11/2024

Description

Résumé

Ce programme rassemble la totalité du travail cinématographique de Man Ray entre 1923 et 1929. Il comprend, dans un ordre non chronologique, L’Étoile de mer
(1928), Emak Bakia
(1926), Le Retour à la raison
(1923), et Les Mystères du château du Dé
(1929). À la croisée des chemins entre le surréalisme et l’avant-garde, ces cinépoèmes s’abstraient des contraintes narratives du cinéma classique. Le groupe Sqürl (Jim Jarmusch et Carter Logan) a composé la musique qui accompagne l’ensemble. L’Étoile de mer s’inspire du poème éponyme de Robert Desnos. Il est interprété par la muse Kiki de Montparnasse et Robert Desnos lui-même. C’est une variation poétique autour de la relation d’une femme, la Femme, avec deux hommes. L’image est souvent comme filtrée à travers un verre épais déformant les contours, épousant ainsi parfois le point de vue de l’étoile de mer en personne. Emak Bakia
et Le Retour à la raison
s’aventurent dans l’abstraction en déformant les images, en jouant sur la pure sensation cinétique. Des percées réalistes, des plans de jambes, de paysages champêtres se proposent comme supports aux libres interprétation et association du spectateur. Le film qui clôt le programme est celui où une forme de narration transparaît de manière un peu plus évidente. Dédicacé à la Vicomtesse de Noailles, grande figure tutélaire du surréalisme cinématographique de l’époque, Les Mystères du château du Dé

mêle incursions fantomatiques, plans architecturaux, et variations poétiques autour du hasard. Même si la distinction se brouille à l’aune de l’art surréaliste, Man Ray est moins cinéaste que Buñuel. Ce qu’il va chercher dans ce média est justement ce dont sont privées la photographie et la peinture : le mouvement. Celui qui, en agitant des formes, propose des séquences hallucinatoires, celui qui permet aussi d’explorer les corps, celui de Kiki en particulier. Ce sont des films laboratoires qui expérimentent, tentent des modes de représentations avec des éléments qui peuvent être réutilisés d’un film à l’autre. Le geste est fort et ambitieux dans son désir de retourner le « 
langage cinématographique »
comme un gant. Il démantibule tout ce qui est prose pour accéder au cinépoème, un genre qui déconnecte le cinéma des arts narratifs pour en faire un art plastique. Cette collection de films indépendants a été appréhendée comme un tout par Jim Jarmusch et son comparse, Carter Logan. Sur ces images, un post-rock ambient ajoute une touche d’onirisme gothique. On peut discuter la proposition, la trouver à la fois prévisible et comme s’interposant de manière trop signifiante et univoque entre le spectateur et les images. On peut imaginer que l’approche d’un Vladimir Cosma, ou d’un Quentin Dupieux, auraient été tout autre. D’ailleurs, quelle musique, à l’origine, était-elle utilisée pour accompagner ces films ? D’ailleurs, y avait-il une musique ? Malgré ces réserves, il s’agit d’une restauration importante et bienvenue, une des pièces qui attestent de l’importance fondamentale du surréalisme dans l’art cinématographique.

Genre : Film expérimental

Générique

Musique :

Informations techniques

Métrage : Long

Relation autre film

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