Jim Jarmusch

Personnalité

Réalisateur, scénariste, interprète... : années 1980-2020

Nationalité :  Etats-Unis

Naissance :  22/01/1953 - Etats-Unis - Cuyahoga Falls, Ohio

Identité

Genre : homme

État civil :

  • James Robert Jarmusch

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Intervenant, Scénariste, Producteur, Producteur exécutif, Compositeur de la musique originale, Monteur, Directeur de la photographie/Chef opérateur, Préfacier, postfacier, Auteur, Auteur primaire

Biographie

Formation :

Après des études de littérature, Jim Jarmusch part pour Paris et découvre à la Cinémathèque un cinéma différent de celui qu'il voyait dans son Ohio natal. De retour aux Etats-Unis, il suit des cours à l'Ecole de cinéma de New York de 1976 à 1979. En 1980, il signe un film de fin d'études, Permanent Vacation , qui trace l'errance d'un jeune homme dans Manhattan en été. Il travaille ensuite comme ingénieur du son et assistant à la production sur le tournage de Nick's Movie (1980) de Nicholas Ray et de Wim Wenders, puis comme directeur de la photographie et co-scénariste sur You are not I (1981) de Sara Driver.

Carrière :

Jim Jarmusch est l’une des figures majeures du cinéma indépendant américain, reconnu pour son style minimaliste, arty et désenchanté, ainsi que pour sa capacité à insuffler une poésie singulière à ses récits souvent peuplés de marginaux et d’anti-héros. Ses films, souvent primés dans les grands festivals, se distinguent par leur cohérence esthétique et une approche sensible de l’Amérique contemporaine.
Exemple parfait du cinéaste indépendant américain, Jim Jarmusch construit depuis le début des années 80 une œuvre d'une grande cohérence, minimaliste, arty et désenchantée. En 1984, il réalise son premier long métrage, Stranger Than Paradise, premier volet d'une trilogie urbaine. Ce récit en noir et blanc de deux jeunes Américains d'origine hongroise errant dans une Amérique engourdie fait date dans l'histoire de la nouvelle vague américaine.
Influencé par la Nouvelle Vague, par le cinéma tchèque des années 1960 et par l'oeuvre du réalisateur allemand Wim Wenders, Jarmusch devient rapidement un cinéaste à la mode. Il réalise alors un court métrage, Coffee & cigarettes (1986), dont il tournera différentes variations au fil des ans (l'une d'elles en 1993, obtiendra même la Palme d'or du court métrage à Cannes), et qui deviendra en 2003 un long métrage compilant onze épisodes au casting prestigieux et composite autour d'une tasse de café et de cigarettes : Roberto Benigni, Cate Blanchett, Isaach de Bankolé, Steve Buscemi, RZA... Avec Down by Law (1987), Jarmusch mélange diverses autres influences : bande dessinée, néo-réalisme italien, poésie, rock, série noire. Ses personnages sont toujours des antihéros, des marginaux errants à la recherche d'un ailleurs indéfini et soumis au hasard des rencontres. Mystery Train (1988) conclut cette trilogie. Le réalisateur use de mélanges savants entre humour et désespoir, à travers trois histoires imbriquées dont le cœur est la ville de Memphis. Jim Jarmusch signe ensuite Une nuit sur terre (1990), dans lequel il suit cinq chauffeurs de taxi dans cinq villes américaines. Il réunit Johnny Depp et Robert Mitchum dans Dead Man (1995), faux western poétique et contemplatif tourné en noir et blanc. Alors qu'il a toujours attaché une grande importance à la musique dans ses films (au point d'engager régulièrement des musiciens comme acteurs, de Tom Waits à Iggy Pop), il consacre en 1995 un documentaire au musicien Neil Young, Year of the Horse. Avec Ghost Dog, la voie du samourai (1997), Jarmusch poursuit sur fond de musique rap son exploration d'une Amérique déliquescente, à travers le parcours d'un tueur solitaire et laconique (comme la plupart de ses personnages) incarné par Forest Whitaker, fasciné par le mode de vie et le code d'honneur des samourais, et confronté à des mafieux dépassés par les temps modernes. Broken Flowers (2005), présenté à Cannes comme la plupart de ses longs métrages depuis ses débuts, lui vaut enfin une récompense sur la Croisette : le Grand Prix du Jury couronne en effet ce voyage nostalgique et tendre à travers l'Amérique d'un homme (Bill Murray) sur les traces de ses quatre premiers amours. Après ce film plus psychologique que les précédents, Jarmusch renoue avec sa manière très distanciée en suivant un tueur à gages (Isaach de Bankolé) dans une mission qui demeure jusqu'à la fin mystérieuse dans The Limits of Control (2009). Accueilli assez fraîchement par la critique, contrairement aux films précédents de Jamusch, Only Lovers Left Alive (2013) est l'occasion pour le cinéaste de se pencher à sa singulière manière, mélancolique et contemplative, sur le mythe des vampires. Après cette incursion dans le film de genre, Jim Jarmusch continue son exploration cinématographique avec Paterson (2015), une œuvre délicate et poétique qui suit le quotidien d’un chauffeur de bus poète amateur dans la ville de Paterson, dans le New Jersey. Le film, d’une grande simplicité formelle, célèbre le rythme lent et la beauté discrète de la vie ordinaire, incarnée par Adam Driver, avec une forte présence de la poésie et de la musique minimale. En 2019, il présente The Dead Don’t Die, une comédie zombifiée et un hommage ironique au cinéma de genre. Avec un casting prestigieux réunissant Bill Murray, Tilda Swinton, Adam Driver et Selena Gomez, le film dépeint une petite ville américaine confrontée à une invasion de morts-vivants dans une ambiance à la fois absurde, satirique et métaphysique. Ce film marque une forme d’évolution dans la filmographie de Jarmusch, mêlant son esthétique minimaliste et ses préoccupations écologiques et sociales actuelles. Seizième long métrage du réalisateur, Father, Mother, Sister, Brother (2025) reçoit le Lion d’or du meilleur film à la Mostra de Venise en 2025.

Autres activités :

Passionné de musique, Jim Jarmusch a signé la bande originale de Permanent Vacation et enregistre régulièrement avec les groupes The Del-Byzanteens et The Lone Rangers.

Filmographie

Longs métrages

Producteur

Intervenant

Producteur exécutif

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Jim Jarmusch : interviews / Ed. by Ludvig Hertzberg. - Jackson : University Press of Mississippi, 2001
  • Périodique : American Film, vol. 12, n° 1, octobre 1986. Leonard Klady, "Down by law"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 366, décembre 1984. H. Le Roux & Yann Lardeau, "Cinéma indépendant new-yorkais"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 516, septembre 1997. Jim Jarmusch ; Serge Grünberg (Traducteur), "Un million de dollars de crottin"
  • Périodique : Casablanca, n° 26, février 1983. Felipe Vega, "Jim Jarmusch"
  • Périodique : Cinema Papers, n° 67, janvier 1988. Mark Mordue, "Asphalt Jungle Jim"
  • Périodique : Cinématographe, n° 124, novembre 1986. J. Shapiro, "Jim Jarmusch sait-il parler ?"
  • Périodique : Film a Doba, vol. 38, n° 4, hiver 1992. Alena Prokopov, "Turiste a bezdomovci Jim Jarmusch"
  • Périodique : Film Comment, vol. 21, n° 1, janvier-février 1985. H. Jacobson & al., "Three guys in three directions"
  • Périodique : Film Comment, vol. 28, n° 3, mai-juin 1992. Jim Jarmusch, "Jarmusch's guilty pleasures"
  • Périodique : Film und Fernsehen, vol. 28, n° 8, août 1990. N. Wehrstedt, "Zerfallene Vorstadte, schmutzige Nebenstrassen"
  • Périodique : Interview, vol. 15, n° 2, février 1985
  • Périodique : Kino, vol. 22, n° 6, juin 1988. M. Sulkowski, "Jim Jarmusch ironista"
  • Périodique : Kino, vol. 24, n° 6, juin 1990. Maria Golebiewska, "Jim Jarmusch, tradycjonalista ?"
  • Périodique : Kino, vol. 26, n° 2, février 1992
  • Périodique : Producer, n° 10, hiver 1989
  • Périodique : Revue du Cinéma (La)/Image et Son, n° 461, juin 1990
  • Périodique : Sight and Sound, vol. 2, n° 4, août 1992. J. Hoberman; Peter Keogh & Jonathan Romney, "Roadside attractions. Home and away. Night on earth"
  • Périodique : Skrien, n° 151, hiver 1986-87. Peter Delpeut; Berenice reynaud & J. De Putter, ""Minor poet van de cinema : Down by law"
  • Périodique : Studio Magazine, n° 57, janvier 1992
  • Site Internet : Entretien avec Jim Jarmusch. - en anglais
  • Site Internet : The Jim Jarmusch Resource Page

Récompenses et nominations

  • 1989 - Meilleure contribution artistique - Festival International du Film (Cannes) - Dead man, 1989 - Obtenu
  • 1984 - Caméra d'or (Prix du premier film) - Festival International du Film (Cannes) - Stranger than paradise, 1984 - Obtenu