I Love Peru

Film

Raphaël Quenard , Hugo David

Année de production :  2025

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2025

Date de sortie en France :

  • 09/07/2025

Numéro RCA / VISA : 164937

Classification :

  • Tous publics - 03/07/2025

Description

Résumé

Sous ses airs de chronique intime et provocatrice, I Love Peru
se rêve en lettre d’amour au cinéma et en journal d’une errance intérieure. Mais ce geste cinématographique à deux têtes se heurte à ses propres contradictions. Tourné sans grande maîtrise formelle, souvent dans l’urgence et le désordre, le film alterne dîners captés à la volée, confessions face caméra, moments de tournage avec des célébrités françaises (Marina Foïs, François Civil...), ou encore errances nocturnes absurdes. La matière semble brute, mais sans être vraiment pensée. Et si le film n’est pas tourné à l’iPhone, il en a parfois l’allure, au point qu’un dispositif plus assumé, plus dépouillé, aurait sans doute mieux servi son projet. Une voix off, celle de Hugo - qui filme son ami devenu star, comme pour rattraper une complicité passée - structure le récit. Cette tension nourrit le film : celle d’un regard fidèle, mais trahi. Quenard, d’abord drôle et attachant, devient peu à peu étouffant, prisonnier de son propre jeu. Entre provocation gratuite et ego-trip malaisant, il se livre à une performance bancale : confessions maladroites, blagues douteuses, rumeurs de pédophilie reprises à son compte, jusqu’à voler une arme au Pérou dans un délire vengeur post-rupture. Pourtant, malgré son humour potache et son cynisme affiché, une sincérité perce. La rupture amoureuse dont Quenard ne se remet pas devient le vrai sujet du film. Le voyage au Pérou, initié par un rêve de condor et une quête chamanique, cristallise cette tentative d’exorciser un vide intérieur. Le condor, créature solitaire et symbolique, hante le film. Il devient l’écho d’un homme qui ne parvient plus à habiter sa propre image. Esthétiquement, quelques plans de paysages andins apportent une respiration visuelle, et semblent tirer vers le rêve ou l’hallucination. Mais ces échappées sont trop rares, noyées dans une mise en images globalement terne, qui ne tire pas parti de son potentiel documentaire ou poétique. Le film semble hésiter à chaque instant entre journal personnel, satire, autofiction, et film de potes sans recul. Il en résulte un objet hybride, brouillon, parfois touchant, souvent malaisant. Le plus grand déséquilibre tient sans doute au désintérêt pour la mise en forme : ni regard documentaire construit, ni mise en scène assumée. À force de jouer des personnages, Quenard en devient un lui-même - comme le dit Hugo, il s’est transformé en une image creuse, prisonnière de ses masques. La scène finale, où un condor humain vient frapper à sa porte pour délivrer une sorte de parabole existentielle, sonne à la fois comme une farce et un aveu d’échec. En somme, I Love Peru
est un film de solitude, de rupture, et d’amour vicié pour le cinéma. Il capte, malgré sa maladresse, quelque chose de profondément humain : un effondrement déguisé en provocation. Le spectateur, ballotté entre rire jaune et gêne persistante, en ressort perplexe. Mais le film finit par laisser une trace, non pour ce qu’il dit du cinéma, mais pour ce qu’il révèle, malgré lui, de la vulnérabilité d’un homme qui n’arrive plus à faire la différence entre exister et se montrer. 

Genre : Documentaire

Générique

Réalisation :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 68

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

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