Buster Keaton

Personnalité

Nationalité :  Etats-Unis

Naissance :  04/10/1895 - Piqua, Kansas, États-Unis

Décès :  01/02/1966 - Woodland Hills, Los Angeles, Californie, États-Unis

Identité

Genre : homme

État civil :

  • Joseph Frank Keaton Junior
  • Joseph Frank Keaton

Fonctions : Réalisateur, Acteur, Scénariste, Producteur, Monteur, Auteur, Annotateur

Biographie

Formation :

Véritable enfant de la balle, Joseph Frank Keaton, né en 1895, débute sur scène à l'âge de quatre ans, dans le numéro de music-hall comique de ses parents, dont il devient rapidement la vedette. Rebaptisée " Les trois Keaton ", la troupe familiale devient célèbre dans tous les États-Unis grâce à son petit prodige qui devient, au fil des tournées, acrobate et cascadeur. Le surnom de " Buster " lui aurait été donné par le prestidigitateur américain Harry Houdini, qui, témoin d'une chute spectaculaire de l'enfant dans les escaliers, se serait écrié : " What a Buster ! ", (Quel casse-cou ! ). Le spectacle des Keaton sera souvent stigmatisé en raison des mauvais traitements que son père Joe lui inflige sur scène : il est lancé comme un projectile dans le public ou traîné sur les planches comme une " serpillière humaine ".

Carrière :

Buster Keaton, génie du muet et du burlesque, a connu une gloire immense, éclipsée par l'arrivée du cinéma parlant au début des années 1930. En 1917, Buster Keaton quitte la troupe familiale et part pour New York, où il rencontre le producteur Joseph Schenck, qui vient de créer la Comique Film Corporation pour l'une des stars montantes du cinéma burlesque, Roscoe "Fatty" Arbuckle. Il engage Buster Keaton. Pendant deux ans, Keaton tourne, écrit et réalise une quinzaine de films avec Fatty, qu'il considèrera comme son mentor. Certains de ceux-ci, comme Le Garage infernal , annoncent ses courts métrages personnels. Fin 1919, lorsque Fatty est engagé par la Paramount, Joe Schenck choisit naturellement Buster Keaton pour lui succéder, et crée les "Buster Keaton Comedies". C'est dans ce contexte de totale liberté et de créativité foisonnante que Keaton met en scène, à partir de 1920, une vingtaine de courts métrages, puis, de 1923 à 1927, douze longs métrages, qui comptent parmi les chefs-d'oeuvre du cinéma burlesque. Dès ses premiers films courts, Buster Keaton se distingue de la production comique courante de l'époque par son originalité, son inventivité visuelle, son sens de l'absurde, la variété et la maîtrise de sa mise en scène. La Maison démontable (1920) repose sur une inversion systématique des espaces, du haut et du bas, de l'intérieur et de l'extérieur. Keaton crée les personnages récurrents de Malec et de Frigo, dont les aventures explorent le rapport difficile de l'homme aux objets, à l'espace et aux autres. À partir de 1923, c'est dans des longs métrages qu'il va donner toute la mesure de son génie cinématographique. Dans Les Trois âges (1923), dont la structure narrative parodie celle d'Intolérance de D.W. Griffith (1916), Keaton affirme son style, fondé sur la virtuosité corporelle et la composition rigoureuse des plans. La Croisière du Navigator en 1924 joue sur les ruptures d'échelle et la coexistence d'opposés (le gigantisme du paquebot et la quasi absence de passagers par exemple). Le schéma narratif est typiquement keatonien : confronté à une situation inédite, le héros, par son ingéniosité et son acharnement, passe de l'incompétence à une adaptation, puis à une sur-adaptation. Les machines sont souvent des vedettes à part entière, servant au héros à voyager dans l'espace, le temps, et le monde de l'imaginaire, avec souvent un retour au point de départ. Le Mécano de "la General" (1926) est ainsi construit sur une structure binaire où les situations se répondent en s'inversant : Johnnie Gray (Buster Keaton) poursuit sa locomotive volée par les Nordistes avant d'être poursuivi à son tour. Keaton explore la porosité entre le réel et l'imaginaire : le projectionniste de Sherlock Junior (1924), apprenti détective, s'échappe en rêve de sa cabine et traverse l'écran pour se retrouver à l'intérieur du film. L'acteur-cinéaste se révèle un véritable mathématicien du gag, chacun étant réglé avec une extrême précision. En témoigne la séquence anthologique de l'ouragan dans Cadet d'eau douce (1928), dans laquelle le héros échappe avec une dextérité involontaire à l'écroulement des maisons et au déchainement des éléments naturels. Comme Chaplin invente Charlot, Buster Keaton invente un personnage lunaire, tout en tension et concentration, au visage impassible, au corps acrobatique conçu tout d'un bloc. Il choisit de neutraliser le regard pour libérer l'expressivité du corps. L'année 1928 marque un tournant. Son producteur Joseph Schenck, parti rejoindre la United Artists, incite Keaton à signer avec la Metro Goldwyn Mayer un contrat financièrement très attractif, mais qui va l'amener à perdre son indépendance artistique. Son premier film à la MGM, Le Cameraman , (1928) est aussi son dernier film réellement personnel : un photographe qui veut devenir cameraman d'actualités dépasse son incompétence initiale pour découvrir par lui-même toute la richesse du langage cinématographique. Le film a su capter le rythme trépidant de la ville américaine, son attrait pour la vitesse, la technique et la modernité. Après Le Figurant en 1929, Keaton doit renoncer à sa fidèle équipe et à ses méthodes de travail. La MGM lui impose des scénarios et des acteurs à la mode, dont il finira par devenir le faire-valoir, après Le Roi de la bière de Edward Sedgwick en 1933, qui met un point final à sa carrière de vedette MGM. Copiant ses anciens chefs-d'oeuvre, son génie ne trouvera plus véritablement d'espace pour s'épanouir après le passage au cinéma parlant au début des années 1930. Bien que ce progrès technique, qui modifie le rapport au corps, au comique et au récit, n'explique pas à lui seul ce déclin, Buster Keaton n'occupera plus au cinéma que des rôles de second plan, dans des productions américaines ou européennes. Il fait au début des années 1950 deux apparitions fugitives mais remarquées : dans Boulevard du crépuscule de Billy Wilder (1949), où on le voit, tel un fantôme surgi du passé, jouer aux cartes avec d'anciennes figures d'Hollywood. Puis dans Les Feux de la rampe de Charles Chaplin (1951), où il apparait assis derrière Chaplin dans une loge d'artiste, au cours d'une scène muette. Buster Keaton connait malgré tout une certaine consécration à la fin de sa vie, au début des années 1960, orchestrée par le milieu cinématographique, le même qui avait brisé sa carrière à la fin des années 1920 : plusieurs hommages et rétrospectives, un biopic tourné par la Paramount font redécouvrir son oeuvre personnelle. Durant l'été 1964, deux ans avant sa mort, Keaton tourne à New York Film , un court métrage de Samuel Beckett et Alan Schneider, dont il est quasiment le seul interprète : un personnage toujours de dos et qui fuit les regards.

Autres activités :

Au début des années 1950, Buster Keaton se produit dans des spectacles du cirque Medrano. Il fait aussi des tournées théâtrales aux États-Unis et en Europe. À partir de 1950, il anime des shows télévisés, dont le Buster Keaton Show pour une station californienne. Il tient quelques rôles dans des adaptations théâtrales pour la télévision. En 1960, Buster Keaton publie son autobiographie rédigée par Charles Samuels à partir d'entretiens : My wonderful world of slapstick .

Filmographie

Courts métrages

Acteur

Monteur

Bibliographie éditoriale

  • Ouvrage : Buster Keaton / David Robinson. - London : Secker & Warburg : British Film Institute, 1969
  • Ouvrage : Buster Keaton / Jean-Patrick Lebel. - Paris : Ed. Universitaires, 1964
  • Ouvrage : Buster Keaton / Jean-Pierre Coursodon. - Paris : Atlas : P. Lherminier, 1986
  • Ouvrage : Buster Keaton / Stéphane Goudet. - Paris : Cahiers du Cinéma : Le Monde, 2008
  • Ouvrage : Buster Keaton : l'étoile filante / Olivier Mongin. - Paris : Hachette, 1995
  • Ouvrage : Buster Keaton : portrait d'un corps comique / Peter Kravanja. - Roma : Portaparole, 2005
  • Ouvrage : Buster Keaton : tempest in a flat hat / Edward McPherson. - New York : Newmarket Press, 2006
  • Ouvrage : Buster Keaton : the persistence of comedy / Imogen Sara Smith. - Chicago : Gambit Publishing, 2008
  • Ouvrage : Buster Keaton interviews / sous la dir. de Kevin W. Sweeney. - Jackson (Mississippi) : University Press of Mississippi, 2007
  • Ouvrage : Comedy incarnate : Buster Keaton, physical humor, and bodily coping / Noel Carroll Oxford : Wiley-Blackwell, 2007
  • Ouvrage : Ecrits de cinéma (1931-1977) / Henri Langlois ; textes réunis par Bernard Benoliel et Bernard Eisenschitz. - Paris : Flammarion : La Cinémathèque française, 2014
  • Ouvrage : Keaton / Rudi Blesh. - London : Secker & Warburg, 1966
  • Ouvrage : Keaton : the man who wouldn't lie down / Tom Dardis. - New-York : Scribner's sons, 1979
  • Ouvrage : La mécanique du rire : autobiographie d'un génie comique / Buster Keaton, Charles Samuels ; trad.de l'anglais par Michel Lebrun. - Nantes : Capricci, 2014
  • Ouvrage : La parade est passée / Kevin Brownlow ; trad. de l'anglais par Christine Leteux. - Lyon : Institut Lumière ; Arles : Actes Sud, 2011
  • Ouvrage : Le regard de Buster Keaton / Robert Benayoun. - Paris : Herscher, 1987
  • Ouvrage : Slapstick : mémoires / Buster Keaton ; avec la collab. de Charles Samuels ; trad. de l'américain par Michel Lebrun. - [Paris] : Libr. L'Atalante, 1987
  • Ouvrage : The film career of Buster Keaton / George Wead and George Lellis. - New York : Redgrave, 1977
  • Ouvrage : The theater and cinema of Buster Keaton / Robert Knopf. - Princeton : Princeton University Press, 1999
  • Périodique : Cahiers de la Cinémathèque (Les), n° 30-31, été - automne 1980. Hélène Oms, "Buster"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 111, septembre 1960. Jacques Rivette, "Buster Keaton"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 130, avril 1962, numéro spécial Buster Keaton
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 169, août 1965. Axel Madsen, "Buster en pyjama"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 175, février 1966. Herbert Feinstein, "Buster Keaton sur le vif"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 19 Hors série, janvier 1995. Fabrice Revault d'Allonnes, "Buster Keaton rencontre Samuel Beckett"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 2 Hors série, décembre 1978. Jean-Louis Schefer, "Buster Keaton"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 393, mars 1987. T.Cazals, " Un monde à la démesure de l'homme"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 585, décembre 2003. Jean-Philippe Tessé, "Remember Buster"
  • Périodique : Cahiers du Cinéma (Les), n° 86, août 1958, numéro spécial Buster Keaton
  • Périodique : Cinéma, n° 104, mars 1966. Jean-Claude Carrière, "Keaton n'est pas mort"
  • Périodique : Cinéma, n° 105, numéro spécial, avril 1966.
  • Périodique : Cinéma, n° 274, octobre 1981. Alain Carbonnier, "Buster Keaton et sa poétique de l'action"
  • Périodique : Cinéma, n° 30, septembre 1958. Jean-Pierre Coursodon, "Buster Keaton, le conquérant solitaire"
  • Périodique : Cinéma, n° 69, septembre 1962. Claude Gauteur, "Charlot et l'anti-Charlot ou La revanche de Buster"
  • Périodique : Cinémathèque, n° 12, automne 1997. Nicole Brenez, "Acting (2)"
  • Périodique : Cinématographe n° 14, août 1975. Jean-Jacques Bernard, "Keaton algébrique - Une chorégraphie rigoureuse et dépouillée"
  • Périodique : Classic Images, n° 281, novembre 1998. Patricia Eliot Tobias, "The Buster Keaton myths"
  • Périodique : Écran, n° 11, janvier 1973. "Buster Keaton vu par..."
  • Périodique : Image et Son, n° 187, octobre 1965. Claude Gauteur, "All about Keaton"
  • Périodique : Literature / Film Quarterly XXIII : 2, avril 1995. Telotte, J.P., "Keaton is missing"
  • Périodique : Positif n° 77-78, juillet 1966. Robert Benayoun, "Le regard de Buster Keaton" ; " Le colosse de silence"
  • Périodique : Positif, n° 367, septembre 1991. Pascal Pernod, "L'odyssée des espaces keatoniens"
  • Périodique : Premier Plan, n° 31, janvier 1964. Marcel Oms, "Buster Keaton"
  • Périodique : Présence du cinéma, n° 15-16, septembre 1962. Werner Zurbuch, "Buster Keaton, l'homme qui ne rit toujours pas"
  • Périodique : Revue du cinéma (La), n° 347, février 1980. Jacques Valot, "Discours sur le cinéma dans quelques films de Buster Keaton"
  • Périodique : Séquences, n° 208, mai-août 2000. Carlo Mandolini, "Buster Keaton, héros des temps modernes !"
  • Périodique : Sight & Sound, XXIV :1, janvier 2014. Pamela Hutchinson, "Seriously funny"
  • Périodique : Vertigo, II : 1, printemps 2001. Ian Breakwell, "Moving memories"
  • Périodique : Vertigo, n° 33, 2008. Mathieu Bouvier, "Ce que peut (pour nous) le corps de Buster Keaton"
  • Site Internet : The International Buster Keaton society

Récompenses et nominations

  • 1960 - Oscar d'honneur - AMPAS - Academy of Motion Picture Arts and Sciences - Obtenu

Collections liées