Víctor Erice
Personnalité
Réalisateur, scénariste, producteur... : années 1960-2020
Nationalité : Espagne
Naissance : 30/06/1940 - Espagne - Karrantza
Identité
Genre : homme
Fonctions : Réalisateur, Assistant réalisateur, Acteur, Scénariste, Adaptateur, Scripte, Collaborateur, Auteur, Préfacier, postfacier
Biographie
Formation :
Victor Erice étudie les sciences politiques avant d'intégrer l'Instituto de Investigaciones y Experiencias Cinematograficas en 1960. Peu après, il devient critique et scénariste et signe notamment le scénario d'El proximo Otono (1963) d'Antoni Eceiza et d'Oscuros sueños eróticos de agosto (1967) de Miguel Picazo.Carrière :
Maître du silence et de la lumière, Victor Erice s’est imposé comme l’un des cinéastes les plus secrets et les plus poétiques du cinéma espagnol, auteur d’une œuvre rare et unanimement saluée, de L’Esprit de la ruche à Fermer les yeux. Son art, empreint de mystère et de délicatesse, explore inlassablement la mémoire, l’enfance et la force de l’imaginaire.
D'une rare sobriété, l'œuvre de Victor Erice n'en est pas moins une des plus originales du cinéma espagnol. L'Esprit de la ruche (1973) est considéré par la critique de son pays comme une parabole secrète et sensible du franquisme, usant du mythe de Frankenstein et des fantasmes qu'il inspire à une petite fille. L'atmosphère mystérieuse et la force de l'imaginaire en font cependant un film d'une portée universelle. Dix ans plus tard, ce cinéaste perfectionniste, qui ne tourne que lorsqu'il a quelque chose à dire, signe Le Sud (1982), nouvelle étude de l'enfance et de la mémoire. Une mise en scène contrôlée et très écrite, un regard contemplatif posé sur les paysages d'Espagne et les aléas d'une distribution confondant acteurs professionnels et amateurs confèrent au cinéma de Victor Erice un réalisme émouvant et un rythme étrange. Le cinéaste garde le silence jusqu'en 1992, lorsqu'il réalise Le Songe de la lumière, avec Antonio Lopez comme sujet central, peintre figuratif espagnol de tout premier plan. Ce film sans scénario, qui mélange le documentaire et la fiction, apparaît comme une profonde réflexion sur l'art explorant dans la même intention le sens de la création cinématographique. Après Le Songe de la lumière (1992), Victor Erice s'impose à nouveau par sa discrétion, refusant la facilité et ne cédant jamais à la pression d'une production effrénée. Sa fidélité à une exigence artistique rare le place à part dans le paysage cinématographique. Au fil des années, il s'illustre par quelques courts-métrages et contributions à des films collectifs, dont Lifeline (2001), segment du film Ten Minutes Older : The Trumpet, où il médite sur le passage du temps à travers une scène d'enfance suspendue, renouant ainsi avec ses thèmes de prédilection : la mémoire, l'attente, l'éveil du regard. Il faut attendre plus de trente ans après Le Songe de la lumière pour qu’Erice livre un nouveau long-métrage, Fermer les yeux (2023). Ce film, salué par la critique internationale, confirme la singularité de son œuvre. Mêlant enquête et méditation sur l’identité, Fermer les yeux suit un réalisateur à la recherche d’un acteur disparu, et interroge la nature même de la mémoire, du cinéma et de l’absence. Par sa mise en scène épurée, sa direction d’acteurs tout en retenue et son sens du détail, Erice explore une fois de plus la frontière ténue entre réalité et fiction, entre souvenir et oubli. Ce retour attendu, loin de céder à la nostalgie, s’inscrit dans la continuité d’un parcours où chaque film apparaît comme une méditation sur le temps et le regard.