Michael Moore
Personnalité
Réalisateur, producteur, scénariste... : années 1980-2020
Nationalité : Etats-Unis
Naissance : 23/04/1954 - Etats-Unis - Flint, Michigan
Identité
Genre : homme
État civil :
- Michael Francis Moore
Fonctions : Réalisateur, Acteur, Intervenant, Scénariste, Dialoguiste, Producteur, Monteur
Biographie
Formation :
Michael Moore est issu d'une famille ouvrière catholique. En 1966, il fonde Michigan Voice , un journal local indépendant. Puis il devient rédacteur en chef de Mother Jones , organe clé de la presse indépendante américaine. Licencié pour avoir refusé de passer un article antisandiniste, il renonce au journalisme de presse pour se consacrer au film documentaire.Carrière :
Michael Moore, cinéaste pamphlétaire et figure emblématique du documentaire engagé, a révolutionné le genre en mêlant humour corrosif, enquête militante et montage choc. Ses films, souvent primés et toujours controversés, braquent les projecteurs sur les dérives du capitalisme, les inégalités sociales et les failles du système politique américain.
Ancien journaliste, Michael Moore manie la caméra comme une arme. Ses films militants s'attaquent au libéralisme sauvage américain et à ses conséquences. Son premier opus, Roger et moi (1989) se préoccupe de la fermeture des usines General Motors, basées à Flint, sa ville natale. Fils d'un ouvrier qui a travaillé trente-trois ans dans cette entreprise avant d'être licencié, Michael Moore cherche - c'est le fil conducteur du film - à rencontrer Roger Smith, PDG de General Motors responsable de la fermeture de onze usines à Flint. Son but : lui faire "expier sa faute" et lui faire prendre conscience des dégâts sociaux qu'il a causés. La méthode Moore est simple : rassembler des publicités et des actualités relatives à l'époque prospère de la General Motors, et les détourner en les juxtaposant ironiquement aux faits contemporains. Le montage percutant effectué par Moore donne lieu à un remarquable film sur la classe ouvrière aux Etats-Unis, non dénué d'humour tant il est sarcastique. A l'image de celui-ci, The Big One (1997) dénonce "une époque malade, très, très malade". Moore y place sur la sellette Phil Knight, le président du fabricant de chaussures de sport Nike et se satisfait de prouver une nouvelle fois, au travers d'une interview réfutée ensuite par Knight, la scandaleuse immoralité du grand capital. Avec Bowling for Columbine (2002), récompensé aux Oscars, il fait le procès de la violence et de l'utilisation abusive des armes à feu aux Etats-Unis, en partant de la tragédie du lycée de Littletown dans le Colorado, où deux lycéens assassinèrent en 1999 nombre de leurs camarades - drame également à l'origine de la fiction de Gus Van Sant, Elephant (2003). Moore l'agitateur continue dans la même veine avec un réquisitoire féroce contre le gouvernement Bush qu'il fustige ouvertement en filmant l'ascension du président. C'est Fahrenheit 9/11 (2004), Palme d'Or à Cannes la même année, véritable brûlot où Moore révèle les liens entre Bush et certains dignitaires du Moyen-Orient. Il critique l'engagement des USA dans la guerre en Irak et en dénonce les véritables causes selon lui, la mainmise sur les installations pétrolières irakiennes. En 2007, Sicko explore les failles su système de santé américain, toujours dans la perspective de mettre en lumière les déviations mercantilistes de l'économie américaine. Son utilisation du montage, des archives, ou son continuel parti pris font de Moore un réalisateur souvent controversé. Mais si ses documentaires se font parfois taxer de fictions, chacune de ses réalisations suscite un réel intérêt critique ; ses films ont par ailleurs reçu de nombreuses récompenses à travers le monde. En 2009, Capitalism: A Love Story (2008) marque un tournant. Moore y dissèque la crise financière de 2008, dénonçant les dérives d’un système économique qu’il qualifie de « plus grande escroquerie de l’histoire américaine ». À travers des témoignages poignants et des archives accablantes, il met en lumière les victimes des saisies immobilières et les responsables de Wall Street, toujours impunis. Le film, sorti en pleine récession, confirme son statut de cinéaste engagé, mêlant humour noir et colère sociale. Avec Where to Invade Next (2015), Moore adopte une approche plus ironique. Il « envahit » des pays européens pour y découvrir des modèles sociaux vertueux : congés payés généreux en Italie, éducation gratuite en Finlande, prisons humanisées en Norvège. Ce documentaire, à la fois drôle et subversif, interroge : pourquoi les États-Unis, superpuissance mondiale, refusent-ils ces avancées à leurs citoyens ? L’année suivante, Michael Moore in TrumpLand (2016) capture son spectacle solo, où il prédit avec une lucidité troublante la victoire de Donald Trump. Deux ans plus tard, Fahrenheit 11/9 (2018) analyse les causes de cette élection, explorant la désindustrialisation du Midwest, le racisme structurel et la complaisance des médias. Moins percutant que ses précédents opus, le film reste un réquisitoire contre un système politique à bout de souffle. En 2024, Moore produit From Ground Zero, un documentaire sur la résistance et résilience artistique palestinienne dans la bande de Gaza.