Thomas Gilou
Personnalité
Réalisateur, scénariste, interprète : années 1970-2020
Nationalité : France
Naissance : 01/02/1955 - France - Boulogne-Billancourt, Seine
Identité
Genre : homme
Fonctions : Réalisateur, Assistant réalisateur, Acteur, Scénariste, Dialoguiste, Collaborateur au scénario, Adaptateur, Auteur de l'œuvre originale
Biographie
Formation :
Après une licence cinéma et arts plastiques, Thomas Gilou gravit un à un les échelons qui mènent à la réalisation : photographe, opérateur puis assistant scénariste, il devient premier assistant de Raoul Ruiz pour L'éveillé du pont de l'Alma . Entre 1979 et 1983, il réalise trois courts-métrages, dont General Lee et ses Teddy boys (1979), portrait à tendance ethnographique de jeunes adeptes du rockabilly.Carrière :
Thomas Gilou s’est imposé comme un cinéaste de comédie populaire qui explore avec humour et empathie les fractures sociales et culturelles du Paris multiculturel, créant des œuvres marquantes qui allient déracinement et légèreté.
Thomas Gilou filme le déracinement en choisissant le ton de la comédie. Dans son premier long métrage, Black mic-mac (1985), il pointe un regard sans misérabilisme ni paternalisme sur la communauté noire de Paris. On retrouve dans ce film tout l'univers de ses courts-métrages - humour parfois facile et exploration d'un milieu étranger sans complaisance ni condescendance. En filmant l'univers de la banlieue (Raï, 1994), Thomas Gilou joue toujours la carte de l'humour mais dans un registre beaucoup plus grave. Le propos est généreux mais contesté par la critique qui lui reproche de s'enliser dans les clichés du " film de banlieue ". Quant au public, il préfère encenser, dans le même registre, La Haine (1994) de Mathieu Kassovitz. Thomas Gilou retrouve l'inspiration tout en poursuivant son parcours d'ethnographe drolatique avec La vérité si je mens ! (1996), une peinture caustique du Sentier, quartier juif de Paris. Après ce succès populaire, il confirme son désir de dévoiler un Paris multiculturel et explore cette fois la communauté latino-américaine de la capitale. Chili con carne (1998), réalisé avec moins d'entrain, utilise le thème favori du réalisateur, la confrontation de deux univers qui s'ignorent, mais ce film trahit l'essoufflement du réalisateur. Il reprend en 2000 la suite de son grand succès en réalisant La Vérité si je mens ! 2 avec la même brochette d'acteurs. Après ce second opus couronné de succès commercial, Thomas Gilou tente de renouer avec l’humour d’observation dans La Vérité si je mens ! 3 (2010). Ce troisième volet, plus tardif, traduit une forme de reprise en main prudente du réalisateur, qui revient sur ses terrains connus avec une galerie de personnages élargie. Néanmoins, le film essuie des critiques pointant une répétition des situations et un style devenu un peu désuet face à un cinéma français de plus en plus diversifié. Malgré cela, le public fidèle soutient l’œuvre qui conserve une légèreté bienvenue dans le paysage comique hexagonal. Entretemps, Gilou propose, en 2007, Michou d'Auber, une comédie dramatique mêlant humour et mélancolie, qui explore une facette plus intimiste de ses personnages tout en maintenant un regard empathique sur les différences sociales. Ce film, porté par un ton doux-amer, s'écarte quelque peu de ses comédies plus populaires antérieures, offrant une approche plus subtile mais tout aussi humaine. En 2009, Gilou enchaîne avec Victor, un drame léger centré sur la relation entre un homme solitaire et un chien, mettant en avant des thèmes d’amitié et de rédemption. Ce long métrage, bien que moins ambitieux en termes de portée sociale que ses précédents films, continue de témoigner de son intérêt pour les liens humains sincères et les petits univers porteurs d’émotion. Enfin, en 2020, il revient avec Maison de retraite, une comédie intergénérationnelle qui confronte humour et tendresse dans un environnement plutôt inédit pour lui, celui d’une maison pour personnes âgées. Le film explore avec légèreté et respect les thématiques du vieillissement et des relations humaines au sein de cet espace clos, confirmant le désir de Gilou de mélanger proximité sociale et tonalité humoristique.