Andreï Kontchalovski
Personnalité
Réalisateur, scénariste, producteur... : années 1960-2020
Nationalité : URSS (Union soviétique)
Naissance : 20/08/1937 - URSS (Union soviétique) - Moscou, Russie
Identité
Genre : homme
Naturalisation : Russie
Pseudonyme(s) :
- Andreï Mikhalkov-Kontchalovski
- A. Mikhalkov-Kontchalovski
État civil :
- Andreï Sergueïevitch Mikhalkov
Fonctions : Réalisateur, Scénariste, Dialoguiste, Producteur exécutif, Producteur
Biographie
Formation :
Andrei Mikhalkov-Kontchalovski est issu d'une famille d'intellectuels et d'artistes (son arrière-grand-père est le peintre Vassili Sourikov, son grand-père le peintre Piotr Konchalovski, sa mère la romancière Natalia Kontchalovskaia et son père le poète Serguei Mikhalkov, auteur notamment des paroles de l'Hymne national de l'Union soviétique en 1944, réécrites en 1977, puis celles de l'Hymne national de la Russie, en 2000). Il étudie le piano au conservatoire de Moscou puis opte pour le cinéma en entrant au VGIK (Institut des Hautes Etudes cinématographiques) en 1965 dans la classe de Mikháil Romm. Il tourne un court métrage remarqué (L'Enfant et le Pigeon en 1961) et signe plusieurs scénarios, notamment avec Andrei Tarkovski (Andréi Roublev , 1964).Carrière :
Réalisateur prolifique et à l'œuvre protéiforme, Andrei Kontchalovski est un des artistes emblématiques du nouveau cinéma soviétique des années 1960, avant de poursuivre sa carrière aux Etats-Unis en abordant des genres très divers. Il revient dans son pays après la chute du Communisme.
Son premier long métrage, Le Premier Maître (1965) décrit les tentatives d'un jeune soldat pour éduquer les enfants d'un village paysan. Natalia Arinbassarova reçoit pour ce film la coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine. Kontchalovski poursuit dans une veine réaliste, intimiste et non dogmatique avec Le Bonheur d'Assia (1966), qui évoque la vie dans un kolkhoze avec un grand souci de vérité psychologique et sociale. Le film, jugé peu conforme par la censure, ne sera largement diffusé que quelque vingt ans plus tard. Le cinéaste se tourne alors vers des sujets plus consensuels en adaptant des auteurs classiques : Le Nid des gentilshommes (d'après Tourgueniev, 1969) et Oncle Vania (d'après Tchekhov, 1970) sont empreints d'un certain raffinement technique et romanesque. L'auteur prend plus de risques avec La Romance des amoureux (1974), histoire d'amour contrarié qui conteste en pointillé les conventions de la morale officielle. La consécration vient surtout avec Sibériade (1978), fresque historique à gros budget qui obtient le Prix spécial du Jury à Cannes en 1979. Fort de ce succès, le cinéaste parvient à gagner la France puis les Etats-Unis, où, en contrat avec la société de production Cannon Group, il tourne quasiment un film par an, abordant tous les genres. D'abord Maria's Lovers (1983) avec Nastassja Kinski et Robert Mitchum sur un scénario de Gérard Brach ; puis un film d'action (Runaway Train en 1985 d'après un scénario d'Akira Kurosawa), un drame psychologique (Duo pour une soliste, 1986), une chronique familiale (Le Bayou, 1986), un road-movie (Voyageurs sans permis, produit en 1989 et récompensé par la Coquille d'Or au festival de San Sebastian) et un polar (Tango et Cash, 1989). Cette période américaine désoriente la critique. De retour dans son pays, Andrei Kontchalovski traite à nouveau l'histoire et à la situation de la Russie en réalisant notamment Le Cercle des Intimes (1990), histoire du projectionniste de Staline, Riaba, ma poule (1994), sorte de suite du Bonheur d'Assia, La Maison de fous (2002) sur la guerre en Tchétchénie, Gloss sur le milieu de la Mode, Les Nuits blanches du facteur (2014) ou encore Paradis (2016). En 2019, il tourne Le Péché, évocation réaliste de la vie de Michel-Ange et de la période de la Renaissance. En 2020, Andreï Kontchalovski réalise Chers camarades !, une œuvre au noir sur la répression sanglante d'une grève ouvrière en URSS en 1962. Présenté et primé à la Mostra de Venise, ce film retient l'attention par son format austère en noir et blanc, et son regard sans concession sur l’histoire soviétique. La même année, Kontchalovski signe le documentaire Homo Sperans, où il s’interroge sur la capacité de l’humanité à survivre face à ses propres contradictions techniques et morales, prolongeant sa réflexion sur la modernité débutée dans ses films précédents. Loin de tout académisme, Kontchalovski y conjugue tension dramatique et finesse psychologique, imposant son style singulier entre réalisme cru et lyrisme contenu. Fidèle à son exigence, il ne cesse ainsi de confronter les illusions collectives et les enjeux individuels, poursuivant sa quête d’un cinéma aussi nerveux qu’introspectif, ancré dans le grand récit national et ouvert à la complexité du destin humain.