Vancouver. Seule, face à la mer, depuis sa chambre sombre, Aurélia Steiner, 18 ans, écrit. Elle évoque une autre Aurélia Steiner, sa mère, morte en couche au camp de concentration d'Auschwitz, après avoir donné naissance à une petite fille qui vivra, cette mère qui se meurt et regarde le grand rectangle blanc de la cour de rassemblement du camp, là même où est pendu un jeune garçon de 18 ans, pour avoir voler de la soupe. C'est le père d'Aurélia. A Vancouver, la jeune fille écoute le cri de la mer qui envahit la ville blanchie par le sel. Les paysages défilent : la plage, les blockhaus, les peupliers, le ciel, les nuages, les quais désertés. Elle dit l'absence, le désir, le chaos, la mort. Elle attend un jeune marin aux cheveux noirs à qui elle va se donner.